Bakary Kamara directeur communal de l’éducation de Ratoma « Il n’y a pas de loi en Guinée concernant le voile…Nous aux examens, nous voulons que la candidate s’identifie. »

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Bakary Kamara directeur communal de l'éducation de Ratoma
Bakary Kamara directeur communal de l’éducation de Ratoma

Dans cette interview, le directeur communal de l’éducation de Ratoma passe en revue plusieurs questions dont celles liées aux examens et aux infrastructures.

La Plume Plus : tout d’abord, faites-nous un bref aperçu sur votre parcours

Bakary Kamara : je n’aime pas beaucoup parler de moi, mais pour vous satisfaire, je suis un pur produit de l’école guinéenne. J’ai fais l’école primaire à Kintigna dans la préfecture de Siguiri. Après j’ai fait le collège technique de Siguiri. Ensuite, l’école normale d’instruction de Dabadou. C’est à l’issu de ma formation à Dabadou que j’ai commencé à enseigner, d’abord au primaire pendant 5 ans. Après 5 ans de service, je fus nommé directeur d’école, après chef section pédagogique adjoint à la direction préfectorale de l’éducation de Conakry 2 à l’époque. Après je suis revenu encore, prendre la direction de certaines écoles notamment Koloma et Ratoma-Konimodou. De Ratoma-Konimodou, j’ai été nommé chef section pédagogique de l’élémentaire à la DCE de Ratoma. A la suite de la restructuration, j’ai été nommé chef section pédagogique de la même direction. En janvier 2017, j’ai bénéficié de la confiance de son excellence monsieur le ministre de l’enseignement pré-universitaire qui m’a nommé directeur communal de l’éducation par intérim de Ratoma après le départ de monsieur Ibrahima Fofana Kalva à la retraite.

Comment se présente aujourd’hui la DCE de Ratoma ?  

En ce qui concerne la structure déconcentrée, la direction communale de l’éducation de Ratoma a cinq sections : il y a la section pédagogique subdivisée en quatre cellules : la cellule inspection pédagogique qui s’occupe du contrôle pédagogique, des inspections des maitres en situation de classes, des chefs d’établissements, vous avez la cellule formation continue, il y a la cellule examens et transferts, il y a également un chargé des sports. Vous avez aussi la section planification statistiques et développement. La troisième section, c’est la section éducation non-formelle. Vous avez également, la section gestion des ressources. Une cellule s’occupe des ressources humaines, une autre s’occupe de la gestion des ressources matérielles. La cinquième section, c’est le secrétariat. Toutes ces sections travaillent en étroite collaboration.

Il y a en outre les délégations scolaires. Ce sont des structures de proximité des écoles. Au niveau de la commune nous en avons 16 : vous avez les D.E.S de Hamdallaye, Taouyah, Ratoma-dispensaire, Kipé, Kaporo, Lambandji, Kobaya, Yattaya, Sonfonia, Bantounka, Wanindara, Simbaya-gare, Koloma1, Koloma2, Dar-Es-Salam et Enco5. Dans chaque délégation scolaire, vous pouvez retrouver 30 à 40 écoles. A la tête de chaque délégation scolaire, vous avez un DES (délégué scolaire de l’enseignement élémentaire)  nommé par le ministre. Ce sont des cadres formés à l’ISSEG (institut supérieur des sciences de l’éducation de Guinée) et qui ont des compétences sur le plan de l’encadrement des chefs d’établissements et des maitres en situation de classes.

Devanture de la DCE

Pour ce qui est des effectifs, combien de personnes vous avez à la DCE ?

Nous avons un peu plus de 50 personnes.

Ratoma compte combien d’écoles publiques et privées ?

Nous avons 65 écoles publiques et près de 700 établissements privés sinon plus. Nous sommes fières d’abriter les plus belles écoles privées de la capitale.

Mais certaines de vos écoles publiques sont dégradées, c’est le cas du collège de Ratoma menacé par la mer et le lycée de Sonfonia

Il y a de très belles écoles publiques aussi. Si vous prenez les blocs que nous appelons communément AFRICOF, ce sont de belles infrastructures. Mais c’est l’entretien qui pose problème. Mais le gouvernement est entrain de fournir des efforts pour la rénovation de ces écoles. Le lycée de Kipé a été rénové, l’école primaire de Simbaya 2 aussi, le lycée de Lambandji a été rénové une fois. Maintenant les établissements qui sont dans le portefeuille de rénovation du département sont : le lycée de Sonfonia, l’école primaire de Ratoma-Kolimodou, l’école primaire de Ratoma-centre.

Est-ce qu’il y a une date pour le début des travaux ?

Je pense que ces écoles là seront rénovées avant la prochaine rentrée. Le département est entrain de prendre toutes les dispositions surtout avec la volonté exprimée par le nouveau ministre de l’enseignement pré-universitaire qui a posé beaucoup d’actes depuis sa nomination en février.

Mais parfois quand les bailleurs veulent construire des infrastructures, le problème de domaine se pose. Est-ce que c’est le cas à Ratoma ?

Nous avons enregistrés deux cas. Le premier c’est à Kiroty. Là le site reste encore litigieux. Le deuxième cas c’est à Kobaya. Mais nous avons réussi à récupérer le site et l’entrepreneur est entrain de réaliser les travaux maintenant là. Nous sommes entrain d’y construire  une école financée par le budget national. Nous avons en plus de ces deux sites, six autres qui sont sécurisés grâce aux communautés avec l’appui de la mairie. Nous espérons que dans sous peu de temps ces sites vont bénéficier d’infrastructures au bénéfice des communautés. Les sites en question sont situés surtout à Yattaya-centre et plateau ainsi qu’à Sonfonia.

Par rapport aux examens où en sommes-nous pour les préparatifs à Ratoma ?

Nous pouvons dire que les préparatifs sont à plus de 90%. Les centres d’examens sont identifiés, les listes des candidats sont prêtes, les candidats sont presque tous photographiés. Le département nous a suffisamment dotés en matériel informatique. Nous attendons le jour J pour mettre en œuvre ce dispositif.

Pour l’entrée en 7eme année, nous avons 58 centres, le BEPC, il y a 45 centres et au bac nous avons 39. Au total, nous avons pour tous les examens nationaux 45 mille 307 candidats. Entrée en 7eme année : ils sont 18 mille 295 candidats, 13 mille 325 pour le BEPC et au bac 13 mille 687 candidats tous profils confondus.

Souvent, les filles voilées rencontrent des difficultés lors des examens. Dans certains centres, elles sont renvoyées, dans d’autres, elles sont acceptées. On a l’impression que tout es fonction des humeurs des responsables. Que dit la loi dans ce sens ?  

Il n’y a pas de loi en Guinée concernant le voile ou bien vous en connaissez ? Nous aux examens, nous voulons que la candidate s’identifie. On n’a pas interdit le voile, mais, le voile qui cache l’identité de la candidate, on ne peut pas l’admettre.  Il faut que le ou la candidate soit identifiée et on est identifié d’abord par le visage. Il faut qu’on sache, si la photo  qui est sur la carte et celle sur la fiche correspondent à la candidate que nous avons devant nous. Tout cela entre dans le cadre de la moralisation des examens pour éviter la substitution. Donc si un candidat refuse de se faire identifier, c’est qu’il est venu frauder. Nous faisons la sensibilisation, nous sommes derrière les textes.

Certains candidats aussi se retrouvent à la dernière minute sans PV

C’est un passé lointain. L’élaboration des listes des candidats commence pendant les vacances.  Dès après la proclamation des résultats, on remonte la liste des élèves qui passent en 6eme, de la 9e à la 10e et ceux qui passent de la 12e à la terminale.  Ça c’est un premier jet, appelé la liste des promus. A cette liste vient s’ajouter la liste des redoublants, ceux qui ont échoué aux différents examens. La liste des promus plus la liste des redoublants constituent la liste des candidats. Cette liste là est confectionnée par l’école. Les élèves viennent vérifier s’il n’y a pas d’erreurs. S’il y en a, elles sont corrigées par l’école qui envoie la liste à la DCE qui la corrige et la retourne. Cela se fait une fois, deux fois, trois fois jusqu’à la liste définitive avec les codes. Donc si un candidat est omis cela veut dire qu’il ne vient pas à l’école. C’est un candidat qui a accumulé les 25% d’absence.

Il ne nous reste plus qu’à vous dire merci

Moi aussi je vous dis merci. Nous restons à votre entière disposition pour que tous les partenaires impliqués dans l’organisation des examens soient au même niveau d’information. J’espère vous retrouver dans les jours à venir pour vous donner d’autres informations relatives toujours à l’organisation des examens de fin d’année.

Propos recueillis par Siba Toupouvogui et Mamadou Samba Sow

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