Oularé Amara proviseur du complexe scolaire privé Cheik Abdoul KABA (CAK) : « Certains parents… n’acceptent pas que leurs enfants échouent. Quand c’est le cas, ils retirent leurs dossiers pour une autre école. »

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Dans cet entretien, le proviseur du complexe scolaire Cheik Abdoul KABA explique comment son école est devenue une référence à Tombolia, un des quartiers de la haute banlieue de Conakry.

La Plume Plus: Parlez-nous de l’historique de votre établissement
Amara Oularé : Le complexe scolaire Cheik Abdoul KABA situé à Tombolia Mangué-Boungni a commencé à fonctionner en 2008 avec 14 groupes pédagogiques dont 6 au niveau du primaire et 8 au secondaire. Nous avions 22 enseignants encadrés par trois membres de direction pour un effectif de 325 élèves.
Aujourd’hui, cet effectif a évolué de façon exponentielle et il est de 3.950 élèves dont1006 filles entretenus par 85 enseignants dont 9 encadreurs.
Cette évolution est liée au travail que nous somme entrain de faire dans la zone de Tombolia.
On a créé une particularité parce qu’on a mis en place un système dont je me réserve de révéler.
Comment fonctionne votre établissement ?
Cheik Abdoul KABA fonctionne de façon normale. D’abord, nous recrutons tous les élèves que nous recevons. Après un mois d’étude, nous procédons à un test, ce test nous permet de diviser les enfants par niveau, de connaître ceux qui doivent faire les premières, les deuxièmes ou troisièmes salles selon les moyennes imposées dans ces classes et proposer aux parents des élèves qui n’ont pas de bonnes notes tellse que 6,5 ou 4 de faire des rétrogradations.  Il arrive des fois même que certains parents n’acceptent pas, ils prennent leurs enfants pour les envoyer ailleurs. Nous n’encadrons que ceux qui acceptent et nous procédons à des évaluations mensuelles dont les résultats sont publiés le 10 de chaque mois.
Quel bilan tirez-vous de l’année écoulée ?
Le bilan est très positif, positif par rapport aux résultats obtenus lors des résultats des examens nationaux. Chacun de nous sait ce qui a caractérisé les examens de l’année dernière en termes de rigueur avec la décision concernant les notes de cours, la formation des délégués… nous avons eu de bons pourcentages avec 66% de réussite. Sur 110 candidats en SM (sciences mathématiques), on a eu 107 admis soit 96% et le 17éme de la république est venu de notre école, en SE (sciences expérimentales) sur 117 candidats,  on a eu 42 admis soit 33%, en SS (sciences sociales), sur 181 candidats, on a eu 161 admis soit 88%. Au BEPC, sur 237 candidats, on a eu 161 admis soit 67%.
En ce qui concerne les résultats chez les professes, sur 38 enseignants inspectés par l’inspection générale de l’éducation, l’inspection régionale de l’éducation et la direction communale de l’éducation, seulement 6 n’ont pas répondu à nos attentes. Donc, d’une manière générale, le bilan est satisfaisant.

Je suis amené à vous demander le secret de votre réussite
D’abord qui dit meilleurs élèves parle de meilleurs enseignants. Ici à CAK, on s’intéresse beaucoup au recrutement des enseignants de qualités  ayant au moins une expérience de cinq ans au moins. Nous faisons des auto-inspections dans les classes, nous remercions les élèves qui ne répondent pas aux  critères édités par la législation scolaire.
Nous  n’installons pas les élèves qui ne sont pas admis pour la 7éme année et la 11éme année.
Nous faisons échouer les élèves qui n’ont  pas la moyenne au niveau des classes intermédiaires en leur faisant reprendre la classe, nous veillons sur la ponctualité et la régularité des enfants.  Après deux jours d’absence d’un élève, les éducateurs appellent ses parents pour des explications. Ceux qui viennent en retard, nous retirons leurs carnets de correspondances en mentionnant l’absence  dedans et les parents signeront. Après trois absences, on convoque les parents.
Il ya une communication permanente entre les parents et nous.
Nous organisons des événements sportifs et culturels de haut niveau en faisant venir neuf à dix artistes. Le fondateur assure le financement.
A la fin de chaque mois, les parents sont informés des résultats de leurs enfants et nous avons des salles de classes qui répondent aux normes.
Il  n’ya pas de succès sans difficultés, quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?
Au niveau des difficultés, nous ne sommes pas dotés de manuels scolaire par l’État,
nous n’avons jamais bénéficié d’une formation ou d’un séminaire de la part de l’État afin de nous perfectionner, l’État n’a jamais subventionné notre école, c’est le fondateur qui finance tout.
Certains parents, une fois qu’ils installent leurs enfants, ils pensent que c’est fini. Ils ne viennent plus et il ya d’autres qui n’acceptent pas que leurs enfants échouent. Quand ces derniers échouent, ils retirent leurs dossiers pour une autre école.  Donc il ya un tourisme scolaire qu’on observe au niveau de ces parents.

Interview réalisée par Moussa Kaba

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