Le spectre d’une année blanche hante les élèves guinéens alors que la grève des enseignants dure depuis un mois. Comment intervient une année blanche et qui la déclare ? Elément de réponse dans cet article.

Il est important de signaler dès le début que contrairement à ce qui se dit, l’UNESCO, organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture n’est pas responsable d’une année blanche. Cela revient au gouvernement du pays concerné.

C’est quoi une année blanche ?

A travers des recherches, voici les résultats disponibles. Une année est dite blanche ou invalidée lorsqu’elle ne répond plus aux principaux critères internationaux fixés par l’Unesco. Quelques-unes de ces normes sont, entre autre, l’accréditation ou la durée. Dans un pays, si le volume des cours n’atteint pas les 25 semaines requises par l’Unesco, une année blanche s’impose. Néanmoins, il convient de noter que la décision de rendre une année blanche ou invalidée est un acte souverain. L’Unesco ne peut obliger un gouvernement à entériner cette décision.

D’autres Etats comme le Niger, le Cameroun ou encore le Gabon ont connu des périodes scolaires difficiles en 2017. Face aux multiples rumeurs qui faisaient état de la volonté de l’organisation onusienne de décréter des années blanches, les autorités sont sorties de leur mutisme. Vincenzo Fazzino, représentant de l’UNESCO au Gabon en rencontrant 5 ministres a déclaré ce qui suit : « Cela revient au gouvernement de voir si les conditions sont remplies pour qu’une année blanche soit décrétée ».

Monsieur Fazzino a rappelé qu’outre le Gabon, le phénomène avait touché d’autres pays de la région : « Rien qu’en Afrique centrale, récemment au Cameroun à cause de la crise dans l’Est du pays, le Congo et d’autres pays ont connu des risques, des dangers d’année blanche. Des organisations comme l’UNESCO ont aidé les gouvernements dans l’identification des problèmes qui mènent à des grèves et des mécontentements des acteurs sociaux ».

A Conakry, nos tentatives de joindre le bureau de la commission nationale guinéenne pour l’UNESCO sont restées sans suite.

Les 25 semaines de cours équivalent à six mois, une semaine. A ce stade, si on comptabilise le temps perdu par les élèves guinéens, il est de l’ordre de 7 semaines (la grève de novembre et celle en cours depuis le 12 février).  La rentrée scolaire ayant eu lieu le 15 septembre 2017, ils ont totalisé 17 semaines de cours. Pour atteindre les 25, il reste 8 semaines. Si gouvernement et syndicat arrivaient à trouver un terrain d’entente pour permettre la reprise des cours le 19 mars, les 8 semaines qui restent seront bouclées le 14 mai prochain. Si la crise perdure, le pire n’est pas à craindre, mais pour l’instant, on n’en est pas là.

Mamadou Samba Sow

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