Elhadj Nfaly Mara fondateur de l’université Roi Mohamed 6 : « Nos étudiants profitent pleinement du partenariat avec les universités marocaines. »

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Il est rare, très rare même que le fondateur de l’université Roi Mohamed 6 de Conakry s’exprime sur un média. C’est lui-même qui le dit. Pourtant, Elhadj Nfaly Mara a bien voulu accorder une interview au premier portail de l’école guinéenne sur le web. Dans cette exclusivité, il donne dans un langage court, mais précis, les détails liés à son institution d’enseignement.

Laplumeplus.com : présentez à nos lecteurs l’université Roi Mohamed 6

Elhadj Nfaly Mara : l’université Roi Mohamed 6 est une institution d’enseignement privée située dans la commune de Matoto plus précisément dans le quartier Simbaya 2. Elle existe depuis octobre 2007. De cette date à maintenant, nous avons formés beaucoup d’étudiants guinéens avec assez de filières. Nous avons deux facultés et cinq départements. Il y a la faculté des sciences économiques et NTIC (nouvelles technologies de l’information et de  la communication) et aussi la faculté de droit et de sciences politiques. Par rapport aux départements, vous avez : le tertiaire minier c’est-à-dire les facultés  de droit minier, économie minière et exploitation minière. Vous avez les départements de génie : le génie civil, génie électrique, génie informatique. Vous avez également le département de mines : génie minier, l’hydro-géotechnique, l’exploitation minière, le département géologie appliquée. Vous avez le département anglais et enfin le département arabe.

Comment se présentent les effectifs de votre université ?

Le personnel permanent de l’université est de l’ordre de 100 personnes et plusieurs vacataires. Nous avons actuellement près de 3000 étudiants tous niveaux confondus.

Université Roi Mohamed 6 de Conakry

Nous apprenons qu’avant, votre université portait le nom de Titi Camara, après, vous lui avez donnez celui du roi du Maroc. Qu’est-ce qui explique ce changement ?       

C’est vrai, au départ c’était l’université Titi Camara. Historiquement, nous avons commencés avec le groupe scolaire Titi Camara de la maternelle au lycée. C’est en 2007 que l’université Titi Camara a été créée. Nous avons également créé un institut professionnel à Kamsar qui portait le nom Roi Mohamed 6. Nous avons délocalisés une partie de l’université Titi Camara à Kamsar. A partir de 2012, nous avons eu un partenariat avec des universités marocaines à savoir l’institut des mines de Marrakech, l’école supérieure des mines de Rabat, l’université Hassane 1er de Settat, la polyclinique de Rabat. Mais la condition sine qua non était qu’on essaie de choisir entre Roi Mohamed 6 pour l’institut ou si on devait évoluer avec l’université qu’on opte pour l’université Roi Mohamed 6. Ils ont dit qu’il n’était pas possible de confondre le nom de leur souverain au nom d’un footballeur. Nous avons fait la requête auprès du ministère de l’enseignement supérieur et elle a été agréée par le ministre. Nous avons bénéficié d’une modification de nom. De Titi, nous sommes venus à Roi Mohamed 6.

Est-ce que cette collaboration profite à vos étudiants ? Peuvent-ils poursuivre leurs formations au Maroc ?

Depuis cet accord, chaque année, au moins il y a une dizaine d’étudiants qui bénéficie d’une formation pratique d’un à deux mois et demi. Ils vont dans les chantiers, ils sont dans les campus de ces grandes universités. Nos étudiants profitent pleinement du partenariat avec les universités marocaines. Tout ce que les parents font c’est de nous envoyer le passeport. Généralement, nous contribuons même à l’élaboration de ces passeports. Les enfants sont logés à la charge de nos partenaires et les autres frais sont partagés.

On nous apprend aussi que le département mines est celui que vous aimez le plus. Si oui pourquoi une telle préférence ?

J’aime tous les départements. Moi je suis comptable de profession. A l’université, j’ai fais l’économie, la filière comptabilité-gestion. Toutes les filières ont été créées sur mon initiative. Je ne peux pas préférer une option par rapport à une autre. En ce qui concerne les filières de droit à savoir : droit minier, économie minière et administration minière, je précise que j’ai travaillé dans une société minière qui est la CBK (compagnie des bauxites de Kindia) c’est à travers cette entreprise là que  j’ai vu qu’il y avait beaucoup d’insuffisance au niveau de nos sociétés minières dans le cadre surtout des négociations. C’est pourquoi nous avons créés le droit minier. Nos contrats étaient négociés en dehors du pays et à l’insu des guinéens. Il fallait recruter des cabinets étrangers et aussi au niveau de l’évaluation même de ces contrats, c’est toujours les étrangers qui venaient faire l’évaluation en lieu et place des guinéens. C’est ce qui m’a motivé à créer l’économie minière. Pour l’administration minière, vous savez quand vous allez dans ces sociétés là, si vous partez à la comptabilité, vous n’avez que des comptables purs et durs classiques. Si c’est des juristes, vous n’avez que des juristes classiques. Donc, il faut vraiment que les gens apprennent  ces différentes options au niveau de ces trois filières. Le juriste doit apprendre tout ce qui est droit. En plus de cela, il apprend aussi les cours sur les mines pour lui permettre de faire une appréciation quand il y a une négociation. C’est pourquoi la formation dure quatre ans.

Est-ce que c’est vrai que les départements : droit minier, économie minière et administration minière n’ont pas d’étudiants en première année cette fois-ci ? Et si c’est le cas, est-ce que ces filières ne risquent pas de disparaitre ?

Premièrement, vous-même vous savez que l’année dernière, l’Etat n’a pas orienté. Tous les bacheliers ont été orientés dans les universités publiques.  Deuxièmement, les non-orientés de l’année dernière ont été récupérés par les mêmes universités publiques qui se sont transformées en privées à l’interne. Elles ont cassé les coûts, ont récupéré ces gens avec un coût très bas. Dans certains endroits même, les étudiants payaient entre 700.000 et 1.000.000 de francs guinéens. Nous, on ne peut pas se le permettre parce que nous avons des professeurs que nous devons payer, les installations, les équipements…nous, nous étions à deux millions et eux, ils ont cassé le prix pour se retrouver à 700.000 francs. Faute de moyens avec les parents, les enfants étaient obligés d’aller vers ces universités publiques. Ce n’est pas parce que ces options ont des difficultés. Toutes les universités privées ont été victimes de cette pratique. Il y a eu 5000 non-orientés et le public les a récupérés en formation payante avec des forfaits qui ne disent pas leurs noms.

Monsieur le fondateur, il semble que vous avez d’autres projets comme la construction d’une université à Labé et une école à  Kissidougou. Vous confirmez cela ?

Nous sommes entrain d’étudier, de voir la faisabilité de cela. Nous sommes en phase d’étude. Vous savez, un projet comprend les phases d’études et de faisabilité, après on le réalise. C’est-à-dire si vous venez quelque part, vous voulez implanter une filière, vous allez voir par rapport à la zone en question, que-est-ce qui marche et quelle est l’université qui est à côté qui peut vous permettre de  développer des filières à travers les enseignants qui s’y trouvent même si ces filières n’existent pas dans l’université voisine.

Avant qu’on ne se quitte, une inquiétude exprimée par quelques étudiants. Ils affirment qu’ils sont exclus de l’organisation des prochaines festivités de fin de cycle. Est-ce que vous pouvez les rassurer ?

Je crois qu’il n’y a jamais eu de difficultés entre les étudiants et l’encadrement. En tout cas je n’ai vraiment pas d’idée. Et moi je suis le fondateur, les encadreurs restent toujours les maîtres à bord. On a tous été des étudiants, on ne peut jamais prendre le dessus. Au moment de la révolution, quand nous avons eu le bac, il y avait ce qu’on appelait le conseil d’administration le CA. Et le CA était politique. Un membre de cette structure pouvait trouver un professeur en classe et faire sortir un étudiant, ou bien il arrête les cours s’il a des informations à donner. La politique était à tous les niveaux. Au niveau de l’armée aussi, il y avait le comité militaire. Là aussi, un sous-officier pouvait arrêter un officier supérieur. Mais ça c’était au temps de la révolution. En ce moment c’était le socialisme.

C’est vrai que dans les commissions on peut mettre les étudiants, mais les commissions ne peuvent pas être dirigées par eux. Surtout que l’essentielles des charges sont supportées par la fondation.

Interview réalisée par Mamadou Falilou Doumbouya étudiant en L 4 droit minier université Roi Mohamed 6, Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé

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