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  • L’un des principaux producteurs de bouteilles en plastique organise déjà le recyclage
  • D’autres organisations moins prospères redonnent une seconde vie aux matières plastiques
  • Après l’échec de l’interdiction des sachets plastiques, le recyclage semble être le seul salut.

Par: Adeline Tchouakak

Les opérateurs camerounais semblent avoir compris par anticipation le message du secrétaire général de l’ONU qui appelle les Etats à prendre des mesures pour réduire la production d’emballages plastiques à usage unique et qui invite les consommateurs à refuser les emballages qu’ils ne peuvent pas réutiliser.

A la faveur d’un partenariat signé il y a peu avec Namé Recycling, une société de recyclage du plastique, une campagne de collecte des bouteilles en plastique vient d’être lancée par la société anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC).

« Ce partenariat stipule que nous devons collecter 350 tonnes d’emballages en plastique pour leur compte », explique Diane Djaba, l’une des responsables de Namé Recycling, interviewée par SciDev.Net.

Pour cela, dit-elle, « nous encourageons nos ménages à pratiquer le tri sélectif en séparant les déchets plastiques des autres ordures. Nous avons développé un système pour récompenser les familles en fonction des bouteilles qu’elles vont apporter ».

Quant à Léonard Ellang Engamba, chef du service environnement à la SABC, il précise que « Namé Recycling récupère les bouteilles sur le marché, les trie, les nettoie, les broie et obtient du broyat qui est utilisé par rapport à la demande locale ou externe. »

Selon son récit, ce broyat sert ensuite de matière première pour la fabrication d’autres objets en plastique.

Ce n’est pas la première fois que la SABC engage une telle initiative. En 2012 déjà, elle avait lancé une campagne de collecte des bouteilles en plastique, en partenariat avec Hysacam (Hygiène et salubrité du Cameroun), la société de collecte des ordures ménagères.

“Nous encourageons nos ménages à pratiquer le tri sélectif en séparant les déchets plastiques des autres ordures.”

Diane Djaba – Namé Recycling

Baptisée Plastic Récup, l’opération n’avait cependant connu qu’un succès mitigé : « le projet s’est malheureusement arrêté en cours de chemin, parce qu’il n’avait pas été bien mûri en interne », explique Léonard Ellang Engamba.

Parmi les autres actions de même nature, il y a celle de l’organisation Madiba & Nature, basée dans la ville portuaire de Kribi, située dans le sud du pays.

Cette organisation s’est distinguée ces derniers temps à travers la fabrication de pirogues, de lustres et autres objets à partir de bouteilles en plastique.

Red-Plast et Cœur d’Afrique (dirigé par l’ancien footballeur Roger Milla) sont deux autres organisations qui travaillent dans le domaine de la récupération de matières plastiques, essentiellement pour en faire des pavés.

Gestion des déchets plastiques

Selon Pierre Hélé, le ministre de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded), « le Cameroun produit 6 millions de tonnes de déchets tous les ans, dont 600.000 tonnes de plastique ».

Leader du marché brassicole qui compte quatre grandes entreprises et plusieurs PME, la SABC produit, d’après ses chiffres, quelque 300 millions de bouteilles en plastique par an, servant surtout au conditionnement de boissons gazeuses et de de l’eau minérale.

Aujourd’hui, à en croire le ministre, « nous sommes en train d’élaborer une stratégie de gestion des déchets plastiques qui consiste à retirer 40% des déchets plastiques de la circulation, et recycler 30% ».

Face à la gravité du problème, le gouvernement avait interdit en 2014, à grand renfort de publicité, l’utilisation des emballages plastiques non biodégradables ; en l’occurrence les sachets dont l’épaisseur était supérieure ou égale à 60 microns.

Une mesure qui n’avait malheureusement tenu que le temps de la campagne de sensibilisation, vu que les emballages interdits continuent de circuler…

« La production locale est maîtrisée, mais on s’est retrouvés face au phénomène de la contrebande et à un circuit de commercialisation interne difficile à contrôler », tente de justifier Sidi Baré, délégué régional du Minepded à Douala.

Aujourd’hui, beaucoup d’acteurs croient que la solution ultime à ce fléau réside davantage dans le recyclage que dans l’interdiction, vu qu’une véritable alternative n’existe pas encore aux emballages en plastique.

Source: https://www.scidev.net/afrique-sub-saharienne/pollution/article-de-fond/cameroun-gestion-dechets.html

 

 

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