Pr Mamadou Saliou Diallo, DG de l’ISFAD : « Nous voulons passer à la numérisation. Depuis trois ans, nous travaillons à cela.»

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C’est dans son bureau situé dans l’enceinte de la bibliothèque  de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry que professeur Mamadou Saliou Diallo a reçu l’équipe de votre site. Ici, il présente son institut qui veut migrer vers le numérique, outil incontournable dans un monde en pleine mutation.

Parcours de l’invité: je suis professeur titulaire des universités dans le domaine des sciences du langage. J’ai une thèse d’Etat en sciences du langage. Mais avant, j’ai eu un doctorat d’Etat en sciences du langage. Je suis dans l’enseignement et la recherche. Du point de vue disciplinaire, je suis du groupe  des sciences du langage de l’université de Sonfonia. Mais du point de vue de la gestion des programmes de formation, de la gestion universitaire, je suis dans l’administration universitaire à l’institut supérieur de formation à distance.

A mon retour de l’étranger, j’ai été maître-assistant à la faculté des lettres et sciences humaines. Je m’occupais de la chaire linguistique  à l’époque. Après je suis devenu directeur général adjoint de l’institut supérieur de formation à distance de 2004 à 2008 avant de partir au même poste à l’institut itinérant de prévention contre la drogue et les conduites adductives. Depuis 2013 je suis revenu comme directeur général de l’institut supérieur de formation à distance où je suis en activité actuellement. Nous travaillons avec des spécialistes du numérique, mais aussi des pédagogues pour aider le système à aller vers une nouvelle modalité de formation à distance axée sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

www.laplumeplus.com: une idée tout d’abord sur le contenu et l’organisation de l’institut supérieur de formation à distance

Professeur Mamadou Saliou Diallo : l’institut supérieur de formation à distance fait parti de la conférence des recteurs et directeurs généraux. C’est une institution d’enseignement supérieur public. Il a pour vocation, l’unique d’ailleurs dans le réseau des 17 institutions d’enseignement supérieur public de la formation à distance. L’ISFAD a été créé en 2004 et de cette date à maintenant, nous utilisons des modalités de formation à distance mais axées sur du développement des cours sur support papier avec des rencontres ponctuelles et un encadrement à distance dans un réseau de directions régionales, de centres régionaux. L’institut est organisé en direction générale où il y a un directeur général, deux directeurs généraux adjoints, l’un chargé de la formation et le second chargé de la recherche et un secrétariat général et puis des départements de formation au nombre de trois pour le moment. On passera à un quatrième programme de formation à l’ouverture sur les TIC (technologies de l’information et de la communication). Et dans chaque capitale régionale, il y a un centre régional de formation à distance où vous avez une équipe de trois personnes qui s’occupe de l’enregistrement des étudiants, de leur enrôlement et de leur formation de proximité. En fait la gestion des étudiants se fait de façon décentralisée dans les capitales régionales. Mais tous les contenus et processus se développent au niveau central.

Puisque vous parlez d’étudiants, est-ce qu’il y a aujourd’hui une idée sur leur nombre à travers le territoire national ?

Bon, extrêmement difficile ! Parce qu’il faut comprendre le concept de la formation à distance.  Le modèle de formation à distance, je commence par ça avant de revenir aux chiffres pour comprendre. La formation à distance, il y a des statuts d’étudiants. Premièrement des étudiants actifs et des étudiants passifs. Un étudiant actif c’est celui qui est inscrit et qui suit régulièrement sa formation sans l’interrompre. Un étudiant passif, c’est un étudiant qui se fait enregistrer dans le système et qui fait un module, une année ici parce que le plus souvent les inscriptions se font par an. Donc il fait une année pour une raison ou pour une autre, il abandonne et plus tard il revient. Il reste dans la base de données, mais sans actualisation. C’est au terme de l’année qu’on va vous dire combien d’étudiants sont actifs, mais du point de vue de l’enregistrement nous avons environ deux mille huit cent étudiants dans les différents programmes parmi lesquels naturellement il y a des étudiants passifs. Et puis il y a des personnes qu’on n’a pas comptées dans les deux mille huit cent qui ne se sont pas fait inscrire. Parfois vous avez des gens qui sont inscrits ou qui sont réinscrits mais qui ne suivent pas et des gens qui ne sont pas réinscrits. Dans une publication prochaine, on pourra faire le point lorsqu’on va évaluer ceux qui vont se présenter à l’évaluation parce que nous ne faisons pas partis des institutions qui vont travailler sur le potentiel. Nous préférons chaque année dire voilà les gens qui ont suivi les programmes et nos indicateurs doivent être fixés sur ceux-là.

Qui dit formation, dit aussi contenu. Quelles sont les matières enseignées à ces étudiants ?

Commençons par dire d’abord les programmes. Nous avons trois programmes qu’on déploie actuellement, tous de niveau licence : développement communautaire en six semestres académiques pour obtenir un diplôme de licence, une deuxième licence en droit et la troisième licence en économie-gestion. Ce sont des licences BAC+3. L’année prochaine, on aura une quatrième licence, c’est sera la licence appliquée, une licence professionnelle de technologies de l’information et de la communication pour le secteur de l’éducation pour accompagner la recherche, la formation et les innovations technologiques.  Les matières dépendent des programmes. Comprenez que dans chaque programme vous avez une quarantaine de matières à l’exception du programme qui va commencer l’année prochaine. Les trois existants vous avez quarante matières, mais l’étudiant choisi trente matières parce que le LMD vers la L3, il y a des matières optionnelles. Mais l’offre de formation fait une quarantaine de matières par programmes.

Comment on devient étudiant de l’ISFAD ?

Premièrement, on devient étudiant de l’ISFAD d’abord parce qu’on a le baccalauréat ou équivalent. Deuxièmement, on en a manifesté le besoin et troisièmement on accepte de rentrer dans la formation sans être boursier au plan pécule. Nous avons eu une seule génération de boursiers qui touchait un pécule. Elle est en troisième année. Très vite on a compris que ça ne pouvait pas aller parce qu’en réalité la formation  à distance il faut même contribuer pour y venir parce que les jeunes qui sont arrivés avec la bourse pensaient et souhaitaient qu’il y ait une salle de classe tous les jours avec un emploi de temps. Ils étaient arrivés nombreux, ignorants le modèle de formation, beaucoup sont repartis, il nous est resté une vingtaine. On avait voulu expérimenter, mais on a dit on suspend. Il faut faire la demande, accepter de se former avec l’accompagnement de l’Etat pour les supports avec une petite contribution pour marquer la volonté mais sans toucher à un pécule à la fin du mois. C’est pourquoi vous avez parfois beaucoup de cadres qui viennent s’inscrire parce qu’ils ne peuvent pas abandonner leurs activités professionnelles. Ils souhaitent se former et remplissent les critères académiques d’entrée et ils viennent demander la formation. Vous avez des étudiants aussi qui souhaitent travailler et en même temps apprendre et qui ne peuvent pas avoir tout le temps pour aller s’assoir dans une classe à l’université en régime présidentiel qui viennent aussi s’inscrire. Vous avez une troisième catégorie,  des étudiants intéressés par nos profils de formation par exemple en développement communautaire qui viennent se faire inscrire là. On présente son dossier dans un centre régional de formation à distance. Si on est à Labé, à Tougué, à Koubia, on n’a pas besoin de venir à Conakry, on vient à Labé. On vient à Nzérékoré si on est à Yomou. On vient à Faranah si on est à Kissidougou etc. Je pense qu’à partir de l’année prochaine, on va aussi ouvrir la formation et l’enregistrement numérique par plateforme.

On va parler aussi de l’espace numérique scolaire et universitaire

La formation à distance c’est un dispositif, une modalité de formation où l’enseignant et les enseignés ne sont pas toujours dans le même espace géographique. Ils peuvent l’être accidentellement, ils doivent l’être. Entre les encadreurs pédagogiques et les apprenants il ya un processus de formation qui est mis en place mais il n’y a pas une fusion d’espace géographique. Jusqu’à cette année, on utilise les cours rédigés qu’on envois dans les régions, les étudiants les récupèrent, les lisent et on organise les regroupements dans les centres régionaux pour rencontrer les animateurs de cours pendant une semaine, discuter de leur lecture, recentrer des questions et des réponses.

Maintenant nous voulons passer à la numérisation. Depuis trois ans, nous travaillons à cela. Numériser la formation à distance veut dire quoi ? Ça veut dire passer par des plateformes virtuelles  pour assurer la formation à distance et en ce moment il n’est pas indispensable que l’enseignant rencontre physiquement son apprenant. Il n’est pas indispensable que la formation se déploie dans un territoire comme la Guinée. En ce moment, des étudiants peuvent être au Mexique, d’autres au Canada, s’ils souhaitent s’inscrire, ils s’inscrivent et rentrent dans le processus parce que c’est la voie numérique. Pendant trois ans, nous avons travailler à l’équipement, à la formation des experts en informatique pour mettre en place les plateformes et pour former les enseignants que nous avons au développement de leurs cours sur support numérique. Donc l’espace numérique universitaire scolaire a été créé par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et logé à l’institut supérieur de formation à distance comme composante technique de l’ISFAD mais à la fois à la disposition de l’ensemble du réseau du système de formation et de recherche de l’enseignement supérieur en priorité mais de tout le système parce que ça s’appelle espace numérique universitaire comme premier adjectif et scolaire comme deuxième. Mais pour le moment, nous n’avons pas commencé à travailler avec l’éducation nationale et avec l’enseignement technique mais très bientôt nous allons nous ouvrir en direction de ces départements là.

Donc l’espace numérique participe à la mise en ligne des cours et à la gestion des étudiants et de leurs parcours académiques en ligne et à la formation des pédagogues pour qu’ils puissent convertir leurs cours en papier vers un cours en ligne. Les multimédias donnent énormément de possibilité jusqu’à l’évaluation en ligne pourvu qu’on puisse la faire dans un espace sécurisé pour qu’un BALDE ne vienne pas se faire représenter à la composition par un autre SYLLA parce qu’ils sont capables de faire de la substitution. C’est la seule garantie qu’il faut assurer sinon on peut composer en ligne et l’évaluation peut se corriger, les remises de travaux peuvent se faire dans des casiers électroniques. Tout est possible aujourd’hui avec le numérique mais je le dis à quelqu’un qui ne travaille pas pour une presse en ligne, c’est une redondance de le dire. Je le dis pour vos lecteurs. Vous, vous le savez très bien parce que vous travaillez dans un environnement numérique déjà et vous offrez des services en numérique.

On va se quitter professeur. Il ne nous reste plus qu’à vous remercier de nous avoir reçus chez vous

Merci monsieur Sow ! C’est à moi de vous remercier, remercier votre organe qui dédie l’essentiel de ses travaux à l’éducation. Nous avons besoin que la presse nous aide, qu’elle nous dise ce qui ne va pas pour qu’on puisse le corriger. Nous avons besoin que la presse nous aide à avoir une grande portée dans l’action parce qu’aujourd’hui la formation est incontournable pour pouvoir trouver du travail décent et le garder parce que le trouver par opportunité c’est possible, mais on ne peut pas le garder par opportunité. Si on n’a pas les compétences, on perd du travail qu’on a peut être obtenu par opportunité.

Je vous remercie vous et votre organe de presse !

Merci beaucoup !

Interview réalisée par Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé                                                   

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