Professeur Sidafa Camara, directeur général de l’ISAG : « l’ISAG n’est pas seulement une affaire de tam-tam, de balafon, de guitare, mais il y a un fonds culturel ici. »

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Parcours : l’actuel directeur général de l’institut supérieur des arts de Guinée est un professeur des universités en géographie. Il a fait ses études à l’université de Kankan et de Conakry avant d’aller se spécialiser en population et développement au centre démographique des Nations-Unies à Bucarest. Cette formation a abouti à un diplôme d’étude spécialisée. Ce diplôme l’a conduit en thèse à l’université d’Etat de Leningrad aujourd’hui université de Saint Petersburg (Russie) où il a passé cinq ans de préparation de thèse qui s’est terminé en 1987. Depuis cette date il enseigne. Professeur Camara a fait ses débuts à l’université Gamal Abdel Nasser où il a exercé les fonctions de vice-doyen de la faculté des lettres et sciences humaines pendant 11 ans. Il sera par la suite muté à l’université Julius Nyéréré de Kankan comme vice-recteur chargé de la recherche. Sur place, il servira pendant sept ans. Après les sept ans, il se retrouve à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia en tant que doyen de la faculté des sciences sociales de 2008 au 15 janvier 2018. Et depuis le 15 janvier 2018, il assure les fonctions de directeur général de l’institut supérieur des arts de Guinée (ISAG).

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Professeur Sidafa Camara : c’est un institut un peu particulier dans la mesure où la formation que nous faisons ici se fait en cinq ans alors qu’aujourd’hui la plupart des institutions ont adhéré au système LMD (licence, master, doctorat). Nous évoluons avec un très ancien système, le système de DEUG, le système de maîtrise ce qui est caduque. C’est caduque parce qu’après ce système nous sommes revenus à un système de quatre ans c’est-à-dire BAC+  4 ans pour avoir la maitrise et après on a intégré le système LMD avec BAC+ 3 ans pour avoir la licence fondamentale. Parallèlement, on a créé aussi des licences professionnelles de 4 ans surtout dans les branches techniques. Nous sommes également sur la voie de transformer cet ancien système en LMD. On a amorcé les travaux, on compte les achever d’ici fin juillet pour les soumettre à l’approbation pour que désormais au lieu de cinq ans que ce soit quatre ans et que nous intégrions la communauté universitaire mondiale.

Quelle est la situation de vos effectifs à la fois côté étudiants et enseignants ?

Pour tout l’ISAG on a au moins 67 enseignants chercheurs titulaires. Nous avons aussi près de deux mille étudiants de la 1ere à la 5eme année. Mais cela ne veut pas dire que l’enseignement est assuré par les 67 enseignants qui sont ici. On fait recours à des vacations puisque je disais que l’enseignement est très particulier ici. Il y a des professionnels auxquels nous faisons recours qui viennent donner des enseignements sur le plan théorique et pratique. On a aussi recours à des missions d’enseignement qui viennent d’instituts similaires du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Canada, de la France.

Il semble quand même que les ivoiriens ont rompu la relation qui vous liait. Est-ce que c’est vrai ?

Non, ce n’est pas vrai ! En ce moment même, j’ai un de mes enseignants qui est en formation de master à Abidjan.

De nombreux parents pensent qu’envoyer leurs enfants ici est une perte de temps car c’est une école de tam-tam, de musique. Que  leur répondez-vous ?     

Je dis que c’est une méconnaissance. C’est pour cela que je dis vous les médias, vous devez faire comprendre à la population que ce n’est pas seulement une affaire de tam-tam, de balafon, de guitare, mais il y a un fonds culturel ici. La société n’évolue pas sans culture. La culture est la nourriture de la société. Si vous parlez de théâtre, c’est la culture, vous parlez de cinéma, c’est la culture, l’art plastique, c’est la culture. C’est pour cela qu’à un moment donné, le département de la culture avait même réclamé la paternité de cet institut tellement que le soubassement est culturel.

Vous aviez un studio radio ici. Certains des sortants de l’ISAG se retrouvent dans les radios du pays. Mais il y a des personnes qui estiment qu’il y une sorte de conflit entre vous et l’ISIC (institut supérieur de l’information et de la communication) qui est la principale école de formation des journalistes guinéens.

Il n’y a aucun conflit en la matière. La formation est transversale. Il y a des formations qui se passent à l’ISIC et qui se déroulent ici. Il y a des formations ici qui se font en sciences sociales, en lettres. Les premiers enseignants d’ici sont venus pratiquement des lettres. On n’avait pas de spécialistes formés concrètement en la matière. Donc il n’y a pas de conflit en la matière, il y a des domaines transversaux qui peuvent être donnés partout. Ce n’est pas interdit. C’est comme si vous me dites, vous enseignez mathématiques à Gamal, vous enseignez mathématiques à Kankan, à Labé, à Nzérékoré également. Il n’y a pas de conflit.

Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé

                  

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