L’ouvrage de 154 passages édité par la maison Elohim (créée en 2016 à Conakry) est l’œuvre du jeune Elhadj Ousmane Baldé. Il a été présenté au public à la bibliothèque américaine de l’université de Sonfonia dans la haute banlieue de Conakry.

Le monde littéraire, la famille et des amis de l’auteur ont répondu massivement présent à l’invitation. Le livre préfacé par Souley Tianguêl traite des maux qui assaillent la société guinéenne.

Elhadj Ousmane Baldé précise que le document compte 33 poèmes avec des  thèmes variés portant entre autres sur l’éducation, la femme, la traite de l’enfant, l’environnement…

C’est un regard critique sur la Guinée, de la part d’un poète, d’un sociologue assure t-il.

Le premier mal de la Guinée, c’est la politique. Pour lui, la politique est mal faite par les acteurs ce qui l’a amené à consacrer un poème à ce sujet intitulé ‘’pourquoi je te déteste politique ?’’ Dans un passage, il écrit « tu as un caillou à la place du cœur et une sottise pour attiser la terreur. »  Cette partie s’adresse directement aux politiciens que l’auteur accuse d’instrumentaliser les ethnies pour des fins électorales.

En ce concerne l’éducation, Elhadj Ousmane Baldé qui est à son deuxième ouvrage regrette le sort réservé à l’éducation. Pour lui, la première erreur vient des familles qui considèrent l’école comme un lieu d’asile pour leurs enfants. Dès que le petit sait marcher et parler, on dit de l’envoyer à l’école, une manière de se débarrasser de lui alors qu’il n’a reçu aucune base. Il va plus loin en suggérant de réviser les programmes scolaires et universitaires. Il ne comprend pas pourquoi un jeune guinéen passe son temps à étudier l’histoire des Etats-Unis alors qu’il ignore celle de son pays. Racontant une anecdote, Ousmane a dit avoir interrogé ses élèves sur l’identité de Hadja Mafory Bangoura, une héroïne guinéenne. personne n’avait d’idée sur elle regrette notre interlocuteur. A Dubréka, il a demandé à un autre s’il connait Mbalia, une autre brave femme, la réponse était tout simplement négative.

Ousmane Baldé a invité les guinéens à s’inspirer du Japon qui malgré ses avancées technologiques arrive à protéger ses valeurs culturelles.

Il n’a pas manqué de critiquer certaines considérations culturelles qui sapent l’évolution de la femme. Errance poétique ne fait pas de cadeaux aux promoteurs des mariages précoces. L’auteur dénonce surtout le fait de se baser sur la religion pour justifier certaines pratiques qui n’ont pourtant pas de soubassement religieux.

Yamoussa Sidibé, journaliste, ancien directeur général de la radiodiffusion télévision guinéenne, lui-même auteur a félicité l’auteur pour son travail remarquable. Alors qu’il se prépare à sortir deux livres en septembre dont l’un porte sur son passage à la RTG, monsieur Sidibé a exhorté la maison d’édition Elohim à poser plus d’actes pour avoir une visibilité. Pour lui, il y a lieu d’aider les jeunes à publier leurs manuscrits.  Errance poétique, est vendu à 50.000 francs guinéens.

Errance poétique est le 5eme ouvrages édités par la Maison Elohim.

Mamadou Samba Sow

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