La rubrique Talent-jeune de votre site reçoit cette fois-ci Habib Baldé le plus jeune député guinéen. Membre du parti GPT, Guinée Pour Tous qui s’est fondu dans le RPG –parti présidentiel, Baldé participe pleinement aux travaux de l’assemblée nationale et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

www.laplumeplus.com: monsieur Baldé, commençons par votre parcours scolaire et universitaire

Habib Baldé : J’ai commencé mon parcours académiques : maternel, primaire et secondaire dans la cité minière qui est Fria. Après l’obtention du baccalauréat je suis venu à Conakry, l’Etat m’avait orienté dans une institution privée et j’ai choisi l’université Kofi Annan. J’ai fait quatre ans sur place où j’ai obtenu un diplôme en droit des affaires.

Quand vous avez fini les études, qu’est ce que vous êtes devenus ?

 Pratiquement je n’ai pas eu un temps de pause. Dès après 2012 à la fin de mes études, j’ai commencé à militer au sein du parti politique GPT (Guinée Pour Tous) dirigé par le président Kassory Fofana qui est un homme d’une grande ouverture d’esprit qui m’a rapproché, qui a senti en moi que la jeunesse aussi pouvait s’épanouir et occuper des positions dans le débat pour le développement de la nation guinéenne. C’est dans ce sens que j’ai milité dans ce parti. Aux élections législatives de 2013, nous avons voulu matérialiser le slogan utilisé par tout le monde ‘’nous sommes là pour les jeunes et pour les femmes’’. Plus loin aussi nous avons voulu matérialiser au sein de notre formation politique notre vision dénommée ‘’jeunesse, institution et développement. Donc nous avons fait le choix et le président du parti Ibrahima Kassory Fofana m’a fait le second sur la liste nationale. Il a fait de moi le plus jeune candidat aux législatives et en 2014, je suis devenu le plus jeune député à l’assemblée nationale quand il a occupé les fonctions de ministre d’Etat chargé des investissements et du partenariat public privé à la présidence de la république.

On voit que vous êtes entrés en politique très jeune. Qu’est-ce qui vous a motivé à aller vers GPT ?

Depuis ma tendre enfance j’ai aimé faire la politique. Je me suis dit que c’était la voie tracée pour des pays en développement pour pouvoir impacter de façon positive leur développement. Donc il faut être parmi les acteurs qui doivent décider pour que ce pays là puisse changer. Très tôt j’ai eu cette vocation et je me suis battu dans ce sens. Moi je vous dirai que j’ai eu l’opportunité, la grande chance de rencontrer un homme d’Etat qui est le président Kassory Fofana, actuel premier ministre. Il a un esprit très ouvert, il croit en la jeunesse de ce pays, il croit que si ce pays peut se développer ce n’est pas sans la jeunesse. Alors très tôt, il a eu confiance en moi et j’ai compris que ce monsieur pouvait nous orienter vers un lendemain meilleur. J’ai adhéré à son parti, j’ai trouvé que c’est un monsieur qui lie l’acte à la parole. Cela m’a beaucoup marqué. J’ai trouvé aussi que c’est un monsieur qui est très sincère dans ses faits et gestes. Pour moi, c’est cela un homme d’Etat, celui qui incarne des valeurs.

Un jour, il m’a dit, Habib Baldé si tu crois que c’est ma génération qui fera l’affaire de ce pays, tu es entrain de te tromper. Il dit vient adhérer au parti. Si tu estimes que tes idées sont meilleures que les nôtres, on va débattre et comme ça on prend tes idées en compte. Cela aussi m’a beaucoup marqué et du jour au lendemain il me prouvait que cela était possible. On faisait des débats et mes positions primaient sur celles des autres. En ce moment je n’avais que vingt quatre ans.

Pour le futur, peut-on s’attendre à vous voir à la tête d’un parti ?

Pour le moment je me focalise sur ce que je peux apporter au pays.  Je  suis venu en politique apporter le meilleur de moi-même pour le développement de ce pays là. Tant que je peux,  je le ferai inch Allah. L’avenir on le fera parce que pour moi les choses se feront pas à pas. Je me focalise sur mon bilan au parlement, voir comment renouveler mon mandat parlementaire.

Votre point de vue sur la jeunesse guinéenne, une jeunesse qui se sent abandonnée

Il faudrait que  la jeunesse que nous sommes acceptions de nous lancer dans le débat. Il ne sert à rien d’être sur les réseaux sociaux, faire des critiques. Il ne sert à rient d’être autour du thé et dire qu’on ne fait rien pour la jeunesse. Levez-vous, battez-vous ! J’étais comme ces jeunes. L’une des raisons qui m’a amené à me porter candidat aux élections législatives, c’est le fait que pour moi la jeunesse perdait l’espoir de devenir le maillon fort du développement de notre pays. La jeunesse était désespérée, il fallait la mettre en confiance. Je me suis dit que si je devenais député à l’âge de 25 ans, une première pour le pays, peut être que cela pouvait créer un clic dans l’esprit des guinéens. Je me suis dit que cela pouvait redonner de l’espoir pour qu’un jeune Guerzé de Nzérékoré fils d’agriculteur puisse dire que je suis capable de devenir président de la république de Guinée ou directeur d’une société publique. Que le jeune de Mali-Yembéring puisse exprimer les mêmes ambitions que celui de Kankan, Mandiana, Boké ou de Guéckedou. L’autre raison c’était de tuer le complexe d’infériorité de la jeunesse guinéenne, celle qui n’a pas eu la chance d’aller étudier à l’étranger. La connaissance est universelle. Il ne sert à rien de dire que comme moi j’ai étudié en Guinée je ne peux pas réussir. C’est une fatalité.

Est-ce que vous portez la voix de la jeunesse au parlement dans la mesure où vous êtes dans un monde de ‘’vieux’’ ?

Porter la voix de la jeunesse, je peux dire oui ! Dans nos pays, surtout en Guinée, on aime dire que la jeunesse n’a aucune expérience, que la jeunesse est immature, qu’elle ne peut pas occuper de hautes fonctions. Moi je participe à plusieurs travaux,  je suis le rapporteur de l’une des commissions les plus importantes, la commission des lois. Au-delà, je suis le vice-président d’un groupe d’amitié qui lie la Guinée aux parlements japonais, australien, sud-coréen, philippin et tant d’autres pays.  Cela veut dire que tous les textes importants de notre nation se discutent dans cette commission dont je suis le rapporteur. Je représente valablement la jeunesse. Je ne me laisse pas traiter comme quelqu’un qui n’a pas de compétence. Pour moi, le fait qu’on m’a plébiscité au sein de notre groupe parlementaire, c’est parce que j’ai quelque chose à apporter.

Un mot sur la migration clandestine qui coûte la vie à plusieurs jeunes. A votre avis, est-ce que nos politiques ne sont pas en panne ?

J’ai du mal à m’exprimer sur cette question parce que je suis écœuré. C’est des jeunes comme moi que je vois mourir. Aujourd’hui nous sommes à la recherche du bonheur tant souhaité pour aider nos familles, il y a tout cela à gérer. Ce stress est très difficile à consommer. C’est la raison pour laquelle beaucoup de jeunes partent vers la méditerranée. Il est de la responsabilité de nos gouvernants et cela sur le plan continental de prendre conscience et de se battre pour cette jeunesse. Il faut aujourd’hui que les programmes de développement puissent permettre d’employer les jeunes. Si on a le bonheur chez soi, on n’a pas besoin de le chercher ailleurs. Ce problème il n’est pas que guinéen. Au Sénégal, au Malawi, en Ethiopie, en Tanzanie, les problèmes sont les mêmes. Il faut trouver des solutions idoines au niveau de l’union africaine pour que cette migration cesse.

Merci      

C’est à moi de vous remercier !

Entretien réalisé par Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé          

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