Education nationale : un acteur de la société civile dénonce l’amateurisme des responsables

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S’il y a une chose sur laquelle tous les guinéens sont aujourd’hui unanimes c’est bel et bien ‘’la déliquescence du système éducatif’’. Tous les acteurs et observateurs s’accordent que « l’éducation guinéenne est malade » voire « agonisante ». Telle est la raison principale qui a poussé le Président de la République à mettre en place en 2016, une commission nationale de réflexion sur l’éducation.

En effet, cette commission nationale de réflexion sur l’éducation, rappelons-le, était vraiment représentative des différents acteurs de l’éducation (parents d’élèves, syndicats, cadres du ministère, de la primature  et de la présidence de la république, société civile,) et, mieux encore, elle regorgeait de cadres de haut niveau venus du monde scolaire et universitaire (encadreurs, enseignants et enseignants-chercheurs,…).

En plus, la commission en question a adopté une stratégie implicative de l’ensemble des citoyens en leur donnant la possibilité d’amender le rapport provisoire. Ce qui fut fait !

Ainsi, un rapport final de près de 200 pages a été produit tenant en compte les axes suivants : la gouvernance, la qualité, l’accès et le financement. Le but visé était de favoriser l’émergence d’«une école qui aide à l’insertion de ses diplômés, les prépare à être des créateurs d’emplois et de richesses nationales. »

Jusque là, plusieurs recommandations souffrent encore d’application. Pendant ce temps, le nouveau ministre de l’éducation nationale et son cabinet, disons plutôt, ‘’l’ancien nouveau cabinet’’, organisent des soi-disant « travaux préparatoires » de la rentrée scolaire 2018-2019 pour, disent-ils, examiner les problèmes qui minent le système afin de proposer des solutions. Quel paradoxe !

Cela dénote l’amateurisme de nos dirigeants et le manque de volonté manifeste à sortir l’éducation guinéenne de cette léthargie qui n’a que trop duré. Cela est d’ailleurs devenu une tradition dans notre pays : à chaque fois qu’il y a un changement de ministre à la tête d’un département, le nouveau promu fait preuve de « table rase » de toutes les reformes de son prédécesseur en faisant croire que celui-là était sur une mauvaise route ; ou, parfois, en le considérant comme étant le responsable de tous les maux dont souffre le système.

Si tout le monde est unanime que le système éducatif est malade, le diagnostic est déjà fait, le mieux serait d’acheter les produits nécessaires et de passer au traitement avant qu’il ne soit trop tard.  Depuis 2010, on ne fait que constater les problèmes, le malade a maintenant besoin d’un traitement. C’est cela la mission des ministres actuels en charge de l’éducation.

Ces soi-disant « travaux préparatoires » des comités préfectoraux, des comités régionaux et du comité central de pilotage de l’éducation ne sont qu’une stratégie pour les cadres du MENA (Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation) de sortir de l’argent et se le partager comme d’habitude. Au lieu de s’attaquer aux véritables problèmes qui minent le système, ces cadres pensent plutôt à des stratégies d’enrichissement. Et, c’est cela le véritable mal du système.

Nous ne pourrons changer la donne qu’au jour où nous aurons à la tête du département de l’éducation nationale, des cadres intègres, compétents et patriotes. Comme nous l’enseigne le caméléon : « lointain, lointain soit le jour, il arrivera. »

Aboubacar Mandela CAMARA, activiste, défenseur du droit à l’éducation, sociologue/enseignant-chercheur/consultant. Tél. : 628 13 36 09/Email : aboucamus86@yahoo.fr

 

 

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