l’état des infrastructures scolaires tant bien en milieu urbain que rural est de nos jours très ahurissant et déplorable. Nos écoles reflètent l’image de sites préhistoriques à l’abandon depuis belle lurette. Que faut-il faire afin de les rendre attrayantes et commodes ? Telle est la question qui me taraude l’esprit depuis un bon moment !

Ce n’est qu’une tautologie de souligner que l’éducation ne représente pas, pour le moment, une priorité quelconque aux yeux de nos gouvernants. A voir certains établissements scolaires ou bâtiments administratifs, on a juste envie de pleurer ou de vomir. En guise d’illustration, nous pouvons citer : le lycée 2 octobre à Kaloum, les établissements Africof un peu partout à Conakry ainsi que d’autres écoles surtout publiques ; le lycée 28 Septembre de Kindia, la Direction Préfectorale de l’Education de Macenta, les lycées Général Lansana CONTE, Hoggo M’Bouro et Wouro à Labé, le lycée-Collège Général Lansana CONTE de N’Zérékoré, le lycée Elhadj Oumar TALL de Dinguiraye, le collège Dounet dans Mamou ou encore le collège Niger de Faranah.

Face à cet état de fait, il revient aux populations locales de prendre leur destin en main. Car, si on n’a pas quelqu’un pour laver son dos, on peut au moins s’occuper de son ventre en attendant.

Une forte mobilisation communautaire avec l’aide des ressortissants de toutes les catégories socioprofessionnelles (commerçants, ouvriers, fonctionnaires,…) est plus que nécessaire pour qualifier l’éducation nationale en commençant par la rénovation ou la construction ainsi que l’équipement des établissements scolaires dignes de nom.

Au lieu de se lamenter, jeter l’anathème sur les autres, les populations locales devraient agir car, nous apprend-on, le véritable développement doit venir de la base. Et, comme nous le savons tous, la pierre angulaire de tout développement radieux reste et demeure : l’éducation.

C’est le cas par exemple de ce digne fils ressortissant du District de Dantillya (Faranah) qui y a construit une école Franco-arabe, une école primaire et un collège, les écoles primaires de Dar-Es-Salam dans Bantignel et Donghol Touma (Pita) en sont également illustratives.

Pour y arriver plus facilement, les recommandations ci-après peuvent être utiles :

  • les organisations communautaires locales doivent inscrire dans leurs plans d’action un volet éducation ;
  • les responsables des communes rurales doivent également faire une prise de conscience quant à la place qu’occupe l’éducation dans le cadre du développement ;
  • les Sous-préfets et autres agents de l’Etat doivent sensibiliser et mobiliser les populations locales en faveur de l’éducation ; eux-mêmes, ils doivent en faire une priorité ;
  • les ressortissants de ces localités doivent se constituer en organisations formelles afin de pouvoir lever des fonds auprès des institutions internationales et autres partenaires techniques et financiers en faveur du développement de leurs localités en général, de l’éducation en particulier ;
  • le gouvernement doit, à travers une ligne budgétaire dédiée à cet effet, accompagner les organisations communautaires dans leurs programmes de développement y compris dans le secteur de l’éducation ;
  • les ressortissants ayant des moyens financiers et matériels, doivent penser à l’avenir de leurs localités en y construisant des écoles adéquates ;
  • les jeunes diplômés, originaires de ces localités doivent aussi penser à y aller dispenser des cours suivant des mesures d’accompagnement définies à cet effet soit par le gouvernement, soit les communautés.

Somme toute, aucun pays ne peut se développer sans l’implication réelle de ses citoyens et, la voie la plus sûre pour un développement radieux est, sans aucun doute, l’éducation. Le gouvernement, surtout quant il est moribond, ne peut jamais tout faire ; même si, rappelons-le, cela relève de son rôle régalien.

Retenons, in fine, cette célèbre affirmation de Blaise Pascal TALLA : « l’éducation est la clef du développement et le seul vrai remède contre la pauvreté. »

Aboubacar Mandela CAMARA, sociologue/enseignant-chercheur/consultant, activiste-défenseur du droit à l’éducation. Tél. : +224 628 13 36 09 Email : aboucamus86@yahoo.fr 

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