Grève du SLECG: les enseignants contractuels entre espoir et crainte

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Pour faire face à la grève qui secoue les écoles, le ministère guinéen de l’éducation nationale et de l’alphabétisation a recruté et déployé dans les établissements publics élémentaires et secondaires de la capitale des diplômés des ENI, écoles normales des instituteurs et de l’ISSEG, institut supérieur des sciences de l’éducation de Guinée. Mais ces jeunes connaissent une véritable traversée du désert.

Ces jeunes spécialistes de l’enseignement sont traités de tous les noms d’oiseaux par les enseignants grévistes. Ces derniers mettent en cause le niveau des contractuels et incitent les élèves à se soulever contre eux. Naby Moussa Sylla de la 10eme année au collège Almamy Samory Touré témoigne « Nos professeurs titulaires nous ont boudé et ils sont là entrain de saboter ceux qui viennent nous enseigner en nous disant que les contractuels ne connaissent rien. Ils soutiennent que l’Etat les a recrutés uniquement pour saboter la grève. »

Ces sortants des ENI et de l’ISSEG sont eux-mêmes inquiets car ils sont traités comme de simples assistants dans la plupart des écoles à en croire un professeur d’histoire au lycée d’excellence Alpha Condé qui a souhaité garder l’anonymat « Depuis qu’on nous a envoyé ici, je n’ai jamais enseigné. On  ne nous a même pas donné l’emploi du temps. On  nous a tout simplement dit de nous mettre en rapport avec les titulaires et recopier leurs emplois du temps. Ces professeurs ne nous donnent pas la possibilité d’avoir quelques classes ou de passer au tableau ».

Une dame rencontrée à la DCE, direction communale de l’éducation de Matoto, nous a confié son calvaire: « je quitte Dapompa pour le collège Gbessia. Je viens quatre jours dans la semaine et j’ai appris que le gouvernement veut se servir de nous pour saboter la grève et affaiblir le syndicat. En plus de tout cela, à chaque déplacement, il faut payer le transport, payer le manger alors que nous avons abandonnés les activités que nous menions pour subvenir à nos besoins ».

Autre difficultés, c’est le déploiement de ces enseignants. Certains ont postulé pour le secondaire et ont été envoyés à l’élémentaire. Interrogé sur la situation, Younoussa Sacko DRH, directeur des ressources humaines de l’inspection régionale de l’éducation de Conakry rassure : « nous sommes entrain de corriger ces erreurs. On attend les listes de ces cas.

Selon une source très proche du ministère de l’éducation, le budget qui sera voté prendra en compte tous les enseignants contractuels officiellement recrutés.

Kaba Moussa 625254649/655854515/664729832

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