Eolienne : à la découverte de l’invention du jeunes Mamadou Yèbhè Bah

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Les guinéens utilisent l’énergie hydroélectrique, le thermique et parfois le solaire pour leurs besoins. L’éolienne ne fait pas ou ne faisait pas partie du quotidien de la population. Pourtant, la donne commence peu à peu à changer avec Mamadou Yèbhè Bah.

EOL-Guinée, première unité de montage d’éolienne de Guinée est installée à mi-chemin entre Kobaya et Fouulamadina dans la commune de Ratoma, dans la banlieue de la capitale. Lorsqu’on y arrive, on ne se rend pas compte tout de suite que l’endroit sert à fabriquer de tels outils.  L’atelier est tenu par Mamadou Yèbhè Bah diplômé en environnement à l’Institut Supérieur Agronomique et Vétérinaire Valéry Giscard d’Estaing de Faranah et Boubacar Diallo menuisier ébéniste sorti du centre de formation professionnelle de Labé. Au-delà du travail, les deux sont liés par la famille. Leur recherche sur internet, les a amenés à s’intéresser à ce secteur qu’ils trouvent capital. Leur cible : la population, confrontée à des délestages ou parfois à l’inexistence d’un réseau électrique surtout à l’intérieur du pays.

Mamadou, le chef d’EOL-Guinée conçoit le bobinage, les branchements étoilés et triangulaires. La première éolienne fabriquée par le groupe avait une puissance de 100 watts. Elle est dotée de batteries et tourne lorsque la vitesse du vent atteint les deux mètres par seconde. Chaque cinq ans, le client doit cependant changer les pâles explique le jeune.

Les pâles à l’origine de la production de l’énergie sont l’œuvre de Boubacar Diallo, le menuisier.

A ce jour, EOL-Guinée ne fait des éoliennes qu’à la demande du client. L’équipe a produit une quinzaine vendue en Guinée. Certains des produits ont trouvé preneurs sur le continent. Les jeunes guinéens ont réussi à écouler deux au Cameroun, un au Togo et deux à Madagascar.

Si Mamadou est connu à l’étranger c’est parce qu’il forme d’autres jeunes sur le continent. Inconnue d’une bonne partie des guinéens, EOL-Guinée utilise les réseaux sociaux pour attirer la clientèle.

Pour le coût, l’éolienne de 400 watts est vendue à cinq millions de francs guinéens et celle de 1500 watts à quatorze millions.

Pour les initiateurs d’EOL-Guinée, les autorités guinéennes devraient s’intéresser à l’énergie éolienne très rentable et non polluante.

La Guinée, selon les données du ministère de l’énergie a un potentiel éolien dont la moyenne de la vitesse annuelle du vent varie entre 2 et 4m/s.

Alseny Sow, directeur général de SOLEC-Energy apprécie le travail abattu par EOL-Guinée, mais note que l’aide de l’Etat est primordiale pour perfectionner davantage l’éolienne made in Guinea. Il précise qu’à côté de la consommation domestique, il faut penser à l’alimentation entière des villes. Mais pour cela, des gros moyens s’imposent d’où son appel au gouvernement d’investir ou de favoriser l’investissement dans le secteur de l’énergie éolienne. Les montagnes du Fouta-Djallon et le littoral avec les îles de Loos aux larges de Conakry peuvent recevoir de grands champs d’éoliennes, assure notre interlocuteur.

A ce jour, la Guinée n’a pu mettre en valeur que 2% de ses 6000MW de réserve hydroélectrique. Depuis 2010, plusieurs millions de dollars américains ont été engloutis dans l’achat de groupes thermiques et la construction du barrage de Kaléta. Mais, la pénurie d’électricité continue comme pour dire que diversifier les sources devient nécessaire selon plusieurs observateurs.

Mamadou Samba Sow

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