Journée internationale de la jeunesse : tout le mois d’août sera consacré à la couche juvénile selon le ministre Mouctar Diallo

La journée internationale de la jeunesse est célébrée chaque 12 août. Cette année, le thème retenu sur le plan international est: « Espace sécurisé pour les jeunes ».

A Conakry, c’est la maison des jeunes de Nongo qui a servi de cadre à la cérémonie. La plateforme « voix du peuple » a organisé à cet effet une conférence portant sur « jeunesse, dividende démographique et entrepreneuriat ».  C’est devant un parterre de jeunes et de représentants de la société civile que la conférence s’est tenue.
Prévue à 9h, elle n’a démarré qu’à 11h 30 minutes. Les organisateurs ont d’abord invité les participants à se lever et à chanter  l’hymne national.
Après cet exercice, le coordinateur de la plateforme « voix du peuple » Fodé Karamo Kaba a interpellé la communauté internationale sur les problèmes de la jeunesse: « nous jeunes, nous avons besoin de plus d’espaces sécurisés pour pouvoir nous réunir, nous engager dans des activités et veiller sur nos intérêts, participer au processus de prise de décisions. Nous avons besoin d’espaces civiques pour nous engager dans la bonne gouvernance, avoir des espaces publics pour participer à des activités de loisir, de sport, des espaces numériques pour pouvoir interagir avec le monde et pouvoir s’exprimer librement. »  Il a ajouté que quand les jeunes disposent d’espaces sûrs, ils vont contribuer efficacement au développement du pays, à la cohésion et à la paix.

Fodé Karamo Kaba, coordinateur de la Voix du peuple

Par ailleurs, le coordinateur a exhorté le gouvernement à mettre cette journée à profit pour s’interroger sur les problèmes de la jeunesse. Il a conclu en disant que « notre Guinée ne sera que ce que nous voulons qu’elle soit. »

Le ministère de la jeunesse Mouctar Diallo lui même venu en retard ne tiendra pas de discours, mais il s’est adressé à la jeunesse en quelques mots. L’ancien député a demandé aux jeunes de travailler en synergie en faisant des propositions pertinentes. Pour ce qui est de la célébration de cette journée, il a précisé qu’elle sera étendue sur tout le mois d’août avec assez d’activités qui impliqueront la couche juvénile a-t-il martelé. La journée internationale de la jeunesse sera suivie par l’organisation de la journée nationale de la jeunesse guinéenne qui s’étendra sur une semaine.

Le ministre de la jeunesse a insisté sur le fait que le choix du thème de cette année nous amène à travailler sur le concept des maisons de jeunes en Guinée.
Mamadou Falilou Doumbouya

CERE : lancement du 1er programme de doctorat en science de l’environnement

Le centre d’étude et de recherche en environnement de l’université Gamal Abdel Nasser vient de se doter d’un programme de doctorat dans le domaine de l’environnement. L’annonce de la nouvelle a eu lieu ce samedi devant plusieurs étudiants et enseignants chercheurs.

Dr Alpha Issiaga Diallo, un des enseignants du CERE a tout d’abord précisé que c’est le 18 novembre 2012 que le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a autorisé ce centre à créer un programme de doctorat. Concernant les thématiques qui seront vues par les étudiants, il a fait savoir qu’elles tournent autour de :

L’aménagement du territoire incluant la planification urbaine, la gestion des bassins versants et des ressources en eau, le développement régional et local, la dynamique des écosystèmes et des entrepôts systèmes. Le deuxième axe porte sur la biodiversité, la gestion durable des ressources et les enjeux climatiques. Le troisième champ est consacré à l’éducation relative à l’environnement et à l’écocitoyenneté et le quatrième est consacré aux évaluations environnementales.

Sur les véritables raisons qui ont conduit le centre d’étude et de recherche en environnement à ouvrir un tel programme, Dr Diallo indique qu’il s’agit pour le CERE de partager avec la communauté universitaire guinéenne et internationale de sa modeste expérience en matière de formation et de recherche en environnement.

Notre interlocuteur a ajouté que le cheminement académique comporte 90 crédits soit 30 crédits de cours théoriques et 60 crédits de thèse.  Le CERE lui-même a été créé en 1993 lorsque les autorités guinéennes ont senti la nécessité de prendre à bras le corps les questions liées aux menaces qui pèsent sur l’écosystème.

De son côté, Dr Celly Camara, représentant du ministre de l’enseignement supérieur fonde beaucoup d’espoir sur cette première promotion « l’excellence du doctorat interdisciplinaire en science de l’environnement du CERE est la condition sine qua non de notre ambition pour l’édification en Guinée d’une société qui fait du savoir le moteur de son progrès. Le devenir de nos dits doctorants tous des enseignants chercheurs est quand à lui une illustration de la diffusion de la science au sein de notre société. Le recrutement de ces jeunes chercheurs est en parfaite harmonie avec le programme de formation des formateurs de l’enseignement supérieur de notre pays…notre société doit s’appuyer sur vous pour former une communauté scientifique d’excellence.»

Dr Celly Camara

Conscients de ce qui les attend, les futurs doctorants se sont succédé tour à tour pour présenter leurs projets de thèse. Ils sont tous axés sur la recherche de solutions en vue de protéger durablement notre environnement. Les programmes s’articulent comme suit :

Effet des déchets des équipements informatiques sur l’environnement en Guinée,

Elaboration d’une approche managériale de la gestion durable des déchets solides de Conakry,

Etude comparative de la prise en compte des impacts socioéconomiques de l’exploitation de la bauxite de Katougouma et Tinguilinta (Boké) ou encore l’impact du changement climatique sur le littoral guinéen (Kaback, Tabounsou).

Parlant du CERE, Dr Abdoul Baldé, vice-recteur chargé des études a magnifié le travail fait par les responsables et encadreurs du centre : « le CERE est appelé depuis longtemps le pôle d’excellence de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry. La qualité de ses enseignements, des résultats de recherches, des autres prestations de services, la qualité surtout de son master en science de l’environnement font de lui une convoitise nationale et internationale. Tous ceux qui ont besoin de coups de maître en environnement dans notre pays et dans la sous-région, viennent boire à la source ou se ressourcer ici au CERE. »

Dr Baldé UGANC

Professeur Sékou Moussa Keïta, directeur général du CERE lui a emboité le pas « le CERE a été créé en 1993 à des moments très difficiles où on parlait très peu de l’environnement dans ce pays. C’est compte tenu de cette volonté que le Canada a approché la Guinée et heureusement ce document est tombé dans des mains solides, celles de notre frère, notre ami, notre compagnon, professeur Ibrahima Boiro. Cet homme qui a déblayé le chemin sur lequel nous marchons galamment aujourd’hui a eu beaucoup de difficultés. L’agence canadienne de développement international ainsi que l’UCAM ont pris un programme conjointement avec les autorités guinéennes de faire du CERE non seulement un centre d’excellence mais un centre perpétuel.»

Professeur Sékou Moussa Keïta, directeur général du CERE

La cérémonie a également connu la remise de diplômes aux étudiants en master des sciences de l’environnement. Mariama Oulara, porte-parole des récipiendaires a rendu hommage aux formateurs « la présente cérémonie est le couronnement de deux ans de formation postuniversitaire en science de l’environnement. Durant notre parcours académique nous avons été impressionnés par la qualité de l’enseignement, des activités de recherche et la disponibilité du corps professoral dans l’encadrement des mémoires et des essais. »

Les étudiants en master de l’environnement du CERE

Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé

Fraude aux examens : Aboubacar Mandela répond à Casimir Diaora

Il n’y a pas de potion magique pour la qualification du système éducatif guinéen. Comme l’a dit un économiste : « l’homme est au début, au centre et à la fin de tout développement. » Et, nous le savons tous que le développement passe nécessairement par une « éducation de qualité pour tous ». Mais, ce défi ne peut être surmonté que par des cadres compétents, intègres et patriotes. Pourquoi la Guinée ne parvient-elle pas à refonder son système éducatif ? En effet, depuis 2015, mes amis et moi, nous nous sommes engagés à contribuer à la qualification du système éducatif guinéen car, nous sommes persuadés que sans une éducation de qualité, la Guinée ne pourrait jamais aspirer à un développement quelconque. C’est ainsi que nous avons fondé l’ONG Save My School qui œuvre, depuis lors, dans l’éducation, la formation et la sensibilisation. Nous avons à notre actif plusieurs ateliers de formation, des conférences sur l’éducation, des séries de sensibilisation notamment par voie de presse et, bien entendu, le projet d’enquête sur le déroulement du Baccalauréat Unique session 2017 dans la zone de Conakry. En toute honnêteté, si le Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A), devenu MENA, avait tenu compte du rapport fourni par Save My School en 2017, nous n’aurions jamais connu les examens scandaleux de 2018 ou, tout au moins, nous aurions minimisé la fraude à ciel ouvert à laquelle nous avons assisté cette année. Je me fais le devoir de reprendre ici, en substance, les résultats et les recommandations qui avaient été faits à l’époque :

  • Les anomalies relevées

En dépit des multiples reformes entreprises et de la mise en garde faite par le MEPU-A, les vieilles pratiques qui gangrènent le système éducatif guinéen ont resurgi cette année encore en affectant le bon déroulement du baccalauréat unique 2017. Nos enquêteurs ont, à ce titre, noté plusieurs types d’anomalies dans la zone de Conakry. Nous pouvons ainsi noter :

-Fuite des épreuves : Selon le témoignage de certains candidats et surveillants interrogés, il ya bel et bien eu ‘’fuite d’épreuves’’ dès la veille du premier jour du Bac; notamment, les sujets d’économie et d’anglais de l’option ‘’Sciences Mathématiques’’ ainsi que ceux de Géographie et d’histoire de l’option ‘’Sciences Sociales’’. Selon nos sources, cette fuite d’épreuves est orchestrée par « un vaste réseau » de mafia instauré dans le système éducatif et fortement enraciné. En plus, les révisions nocturnes, interdites au départ, ont été tenues dans certaines écoles de la ville de Conakry par les démembrements dudit réseau et même par les enseignants des établissements. D’autres attroupements nocturnes ont également eu lieu, à cet effet, dans des quartiers comme Sangoyah où les forces de sécurités sont intervenues dans la nuit du dimanche. Celles-ci, n’ont pu mettre main que sur quelques élèves qui furent relâchés très tôt le matin. Les ténors, quant à eux, avaient déjà pris la tangente suite aux alertes données par leurs responsables. Nous avons, nous-mêmes, reçus des sujets bien avant qu’ils ne soient lancés. Ce qui dénote aussi, l’existence d’une autre forme de fuite d’épreuve au cours de la journée ; orchestrée, cette fois-ci, par les surveillants vers l’extérieur. Tout cela, de l’avis d’un de nos enquêtés, est l’œuvre du réseau mafieux instauré depuis des lustres au sein de l’éducation qui « est aussi puissant qu’un réseau de cocaïne » nous a-t-on rapporté. Celui-ci s’implique même dans le choix des surveillants et des correcteurs moyennant une commission sur les primes de surveillance et de correction.

-Facilitation de la Communication « Délégués gentils » et « surveillants abordables » ; telles sont les expressions qui revenaient constamment dans la bouche des candidats interrogés. Les raisons sont connues : certains délégués demandaient expressément aux surveillants de « faciliter la communication aux enfants » ; dans certains endroits, les surveillants surveillaient le délégué au lieu de surveiller les candidats. Ce qui justifie, en grande partie, l’usage remarqué des téléphones tant bien par les surveillants que par les candidats. Chose qui leur permettait même d’être en contact avec l’extérieur du centre à travers les réseaux sociaux. Par ailleurs, sous demande des délégués, on rallongeait le temps des épreuves surtout vers la fin de la journée pour permettre aux candidats de bien communiquer « sous condition qu’ils ne fassent pas du bruit ». Sans oublier que certains surveillants, spécialistes de certaines matières, les traitaient eux-mêmes pour les candidats. Là où cette communication semble ne pas être facilitée (EP du centre/Kaloum), les surveillants ont été pris en otage, séquestrés par les candidats, déterminés à en finir avec eux. Dans le quartier Dabondy, un surveillant a été suivi et fortement bastonné par un candidat à tel point qu’il fut conduit au CHU Donka.

-Introduction de sujets traités dans les centres avec la complicité des agents de sécurité postés à la rentrée, des vendeuses, des surveillants et les chefs de centre ainsi que le laxisme des délégués, les groupes d’individus qui s’attroupaient au tour des centres, réussissaient à infiltrer des traités de sujets dans les salles de classe. Ce qui provoquait des mouvements de va-et-vient intempestifs dans les centres. Il est à signaler que les agents de sécurité étaient inégalement répartis dans les différents centres : tantôt on y voyait un, tantôt deux agents au niveau de certains centres. Dans tous les cas, les agents de sécurité comme les délégués faisaient preuve de laxisme, de laisser-faire. Notons que nous avons tenue compte uniquement des anomalies majeures et générales susceptibles d’entacher la crédibilité du baccalauréat 2017. Des cas mineurs tels le retard du lancement des épreuves dans certains centres, les discutions parfois houleuses entre les surveillants et les tentatives d’escalade des cours d’écoles et tant d’autres, n’ont pas fait l’objet d’analyse profonde. Nous avions également eu vent des cas de substitution de certains candidats normaux par d’autres personnes qui composeraient pour eux. Il en est de même pour le cas de versement d’argent à des surveillants par des responsables d’écoles privées. Néanmoins, ces derniers cas, comme les autres, font partie des vieilles pratiques qui gangrènent le système éducatif guinéen.

B- Recommandations : Pour pallier ou tout au moins, atténuer les anomalies compromettantes pour le système éducatif en général et, les examens nationaux en particulier, nous faisons les recommandations ci-après :

Ø Ouverture d’une enquête imminente pour situer les responsabilités Ø

-Création d’une force spéciale de sécurisation des examens

Ø Mise en place d’une commission spéciale indépendante d’observation des examens nationaux

Ø Appui institutionnel, technique et financier de la part du MEPU-EC et des partenaires au développement à l’endroit des ONG œuvrant dans le secteur éducatif

Ø Choix rigoureux des enseignants de l’élémentaire pour la surveillance du bac

Ø Renforcement de la rigueur et application stricte de la loi en cas de défaillance

Ø Augmentation significative des primes de surveillance des examens pour tous les acteurs impliqués

Ø Application rigoureuse des décisions interdisant les révisions nocturnes

Ø Choix des cadres compétents et intègres pour la gestion des examens

Ø Implication des médias dans le processus de crédibilisation des examens.

Principalement, ce sont les mêmes anomalies qui ont été détectées cette année encore par l’Observatoire Citoyen du Système Educatif Guinéen (OCSEG) et ses ONG partenaires. La nouveauté c’est la création de groupes Messenger et de Whatsapp par les écoles et autres acteurs de la fraude afin de faciliter la communication ainsi que la mauvaise préparation des examens session 2018. L’une des particularités de l’OCSEG résidait dans sa démarche qui consistait aussi à alerter le MENA par l’intermédiaire de son Secrétaire Général, Casimir DIAORA. Malheureusement, cette collaboration a été interrompue car, ce dernier nous a ouvertement demandé de ne pas déballer les résultats de nos enquêtes à la presse. En contrepartie, il nous a promis de l’argent et une collaboration future dont nous ignorons la nature. En guise de rappel, c’est à lui (Casimir DIAORA, Secrétaire Général du MENA) que Save My School avait remis son rapport en 2017 dans l’intention qu’il le transmettrait au ministre de l’époque, Ibrahima Khalil KONATE alias K2. Hélas ! Ce dernier, peu avant son départ du gouvernement, a indiqué qu’il n’a jamais vu le rapport en question. Ce qui revient à dire, très logiquement, que le problème principal auquel le système éducatif guinéen est confronté est celui lié aux hommes ; des cadres compétents, intègres et patriotes. Tant que ce problème majeur n’est pas résolu, le niveau de l’éducation en Guinée baisserait d’année en année. En attendant une audience prochaine avec le nouveau Ministre du MENA, Mory SANGARE, je me fais le devoir de rappeler ici, les recommandations de l’OCSEG suite à l’enquête que nous avons mené cette année sur l’ensemble du territoire national tout au long des trois examens (CEE, BEPC, Bac Unique) :

Ø Reprise de tous les examens de la session 2018 (CEE, BEPC, Bac Unique) ;

Ø Renforcer la sécurité dans les centres (3 voire 4 agents par centre) en fonction des centre et des niveaux ;

Ø Création et formation d’une unité spéciale de sécurisation des Examens ;

Ø Repérer et sanctionner les cadres du Ministère, les surveillants et délégués corrompus ;

Ø Ouverture d’une enquête sur la gestion des fonds alloués à l’organisation des examens et des cas de fuite de certaines épreuves ;

Ø Interdire les attroupements au tour des centres ;

Ø Respect strict de la rotation des surveillants (surveillance du primaire assurée par les enseignants du secondaire et vice-versa) ;

Ø Prendre toutes les dispositions nécessaires en matière logistique (cahiers de brouillon)

Ø Appui logistique et financier de l’OCSEG par le MENA et les PTF ;

Ø Accréditer l’Observatoire Citoyen du Système Educatif Guinéen (OCSEG) et les OSC évoluant dans le domaine de l’Education afin de mieux faire le travail pour des Examens Sains et Crédibles ;

Ø L’implication de l’Observatoire Citoyen du Système Educatif Guinéen (OCSEG) et les OSC évoluant dans le domaine de l’éduction dans le processus des examens en particulier, la lutte contre la corruption en milieu scolaire en général.

Ø Améliorer et payer à temps les primes des surveillants et des délégués ;

Ø Couper la connexion internet pendant les heures d’épreuves.

En somme, nous (organisations de la société civile) n’accepterons jamais de collaborer avec des cadres véreux ou de nous taire sur les problèmes qui gangrènent l’éducation guinéenne même au prix de tout l’argent du monde. Le MENA doit être bien assaini pour le débarrasser de ces cadres sans scrupule, corrompus jusqu’à la moelle. C’est ainsi qu’on pourrait aspirer à une refondation du système éducatif, gage de tout progrès.

Serons-nous entendus par les plus hautes autorités ? Wait and see !

Aboubacar Mandela CAMARA Sociologue/Enseignant-Chercheur Président de l’OCSEG Coordinateur de Save My School

Professeur Sékou Moussa Keïta coordinateur du Campus Senghor de Guinée : « le candidat pourra avoir une ouverture sur d’autres emplois. Je crois qu’il pourra ainsi avoir la chance de candidater pour diverses entreprises»

La Guinée connait depuis un certain temps une ouverture sur le monde dans le domaine de l’éducation. L’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC) s’apprête à ouvrir le Campus Senghor en son sein. Il sera directement rattaché à l’Université Senghor d’Alexandrie (Egypte). Le coordinateur national explique à laplumeplus.com comment cette nouvelle école fonctionnera.

www.laplumeplus.com : Alors cette fois-ci nous évoquons avec vous l’ouverture prochaine à Conakry de Campus Senghor en Guinée une branche de l’Université Senghor. Expliquez à nos lecteurs qu’est-ce que c’est.

 Pr. Sékou Moussa Keïta : je commencerai par vous remercier pour cette opportunité de visibilité et vous dire qu’il y a en Egypte, plus particulière à Alexandrie, une école qu’on appelle Université Senghor d’Alexandrie qui a, avec la force des choses, réussi à ouvrir des campus dans différents pays. Alors c’est la raison pour laquelle nous avons reçu le 3 avril 2017, Monsieur le recteur de cette université, Professeur Terry VERDEL qui était accompagné de son Excellence Monsieur Soriba CAMARA Ambassadeur de Guinée en Egypte ainsi que de Monsieur Jean-Dominique ASSIE qui est le Directeur de la Décentralisation des Campus Senghor et des Partenariats. Depuis 2013, l’Université Senghor délocalise un ensemble de formations professionnelles diplômantes sur le terrain, dans 10 pays dont 8 sur le continent africain, au sein desquels le campus Senghor Guinée est le dernier né.

Le lendemain, il était question de choisir un coordinateur et Monsieur le Recteur Dr. Doussou Lanciné TRAORE a placé sa confiance en ma personne pour me proposer à ce poste. Ce que j’ai accepté après avoir consulté mes collègues de service. Les missionnaires ont précisé que c’est un campus de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry et non du Centre d’Etude et de Recherche en Environnement (CERE). On m’a fait savoir que je ne suis que le coordinateur mais les activités sont pilotées par le Rectorat qui doit ainsi prendre toutes les dispositions pour le bon déroulement du processus. Mon travail était ainsi de vulgariser la promotion, de suivre le dépôt des candidatures, d’évaluer les dossiers tout prenant des contacts pour la recherche de cadres pouvant accepter d’intervenir dans les programmes comme enseignants. Une fois que cela a été accepté, j’ai demandé à Monsieur le Recteur un accompagnement. Trois professeurs ont été désignés pour cette fin, mais pratiquement, il n’y a qu’un seul qui s’est mis à l’œuvre et avec qui j’ai donc travaillé.

J’ai fait des lettres pour les Ministères et certains services et entreprises pour l’annonce du Campus. Quelques affiches (conçues à Alexandrie) ont été imprimées et diffusées. L’ouverture d’un Master étaient subordonnée au remplissage de la condition suivante: avoir au moins 17 et au plus 25 candidats. Au-delà, la capacité serait difficile à gérer, en deçà les frais de scolarité ne permettront pas de faire la gestion financière de l’institution. Quand nous avons fait l’appel à candidature pour le premier projet, il y a eu environ vingt deux candidats. Mais malheureusement, seuls cinq (5) qui avaient payé au moins le tiers exigé à l’inscription.

Cela veut dire qu’on ne pouvait pas ouvrir en septembre. On a reporté au mois de février (2018) et le nombre n’avait pas significativement évolué. Finalement il a été dit de faire d’amples diffusions pour qu’on réussisse à ouvrir au mois de septembre 2018. Face book a été mise à contribution et les résultats ont été concluants.

De nos jours environ cinquante candidats sont enregistrés parmi lesquels environ vingt (20) ont acquitté au moins le tiers des frais. L’assurance de l’ouverture est faite et cela continuera certainement au courant de ce mois d’août.

Toutes les dispositions sont mises en œuvre pour l’ouverture au mois de septembre. Il s’agit maintenant de finaliser le choix des enseignants chercheurs au niveau national. J’avais fais un travail avec certains professeurs guinéens qui ont accepté de nous rejoindre. Il y avait quelques précisions à fournir pour une meilleure compréhension. Ce qui est fait et nous attendons leur avis définitif. Le choix au niveau sous-régional et international est déjà achevé.

Le rectorat est sur pieds d’œuvre pour la préparation d’une salle appropriée et le rassemblement de la logistique : projecteur, tableaux (noir et blanc), ordinateurs, tables et chaises etc. Tout devrait être prêt fin septembre car les cours démarrent dès la première semaine du mois d’octobre 2018.

 Justement quels sont les programmes qui seront enseignés ?

Il était question, au départ, de l’ouverture de deux Masters. A l’époque les deux Masters programmés étaient : 1) Master 2 en Management de Projets Internationaux et ii) le Master 2 Master 2 Pilotage et Evaluation des Politiques Publiques que nous avons malheureusement dû mettre en standby parce qu’il n’y a qu’environ quatorze candidats et pas plus de trois qui ont réglé les frais de scolarité.

 Les cours programmés dans le cadre du Master 2 en Management de Projets Internationaux sont :

  • conception et gestion des projets ;
  • planification et contrôle opérationnel de projets ;
  • marketing de projets ;
  • comptabilité et gestion financière de projets ;
  • stratégie de négociation et de gestion de l’aide internationale ;
  • gestion des projets internationaux ;
  • méthodologie ;
  • management des équipes de projets ;
  • culture de développement ;
  • suivi et évaluation des projets.

A combien est évalué le coût de la formation ?

 Le coût est estimé à environ deux mille quatre cent euros (2400€) et le payement peut se faire en une, deux ou en trois tranches dépendamment de la disponibilité et/ou de la volonté du candidat. A l’inscription il faut payer au moins le tiers, ce qui correspondant de nos jours à huit millions de francs guinéens (8 000.000 GNF). Les autres payements suivront mais dans des délais de rigueur.

Les diplômes qui seront délivrés sont-ils guinéens ou bien ils seront faits par l’Université Senghor ?

Les diplômes seront émis seulement par l’Université d’Alexandrie. On pourra arriver à un moment donné à la co-diplômation ou bien à la reconnaissance du diplôme, mais pour le départ il est établit que ce sera un diplôme de l’Université Senghor d’Alexandrie.

Qu’est ce qu’on peut gagner en suivant des cours au sein du Campus Senghor en Guinée ?

D’abord le diplôme est reconnu par le CAMES. Il est en plus reconnu au Canada, en Franceen Hongrie et dans presque tous les pays de la francophonie. Cela est un grand avantage. Ensuite, les cours sont donnés par des experts guinéens, de la sous-région et d’autres. Tous ceci donnent une capacité d’apprentissage qui est très solide. Comme la supervision se fait par l’Université Senghor d’Alexandrie avec son expérience, le candidat pourra avoir une ouverture sur d’autres emplois parce qu’il peut être dans le bastion d’étudiants finissants de Senghor. Une puissante association des anciens de cette école est mise en place (Alumni de Senghor). Je crois qu’il pourra avoir la chance de candidater pour diverses entreprises surtout en ce qui concerne ce premier Programme qu’est le Master 2 en Management de Projets Internationaux.

Comment vont se dérouler les cours ?

Ils ont pensé que ce sont des cadres qui seront occupés à d’autres choses dans l’administration, dans leurs différents services. Ainsi, pour ne pas cautionner une perte d’emploi, il a été proposé et accepté de donner les cours dans l’après midi. A partir de 16h jusque tout au plus 19h. Aucun cours ne se fera avant midi. Plusieurs candidats ont apprécié ce calendrier qui leur permettrait de travailler en même temps suivre les cours.

Merci de nous avoir reçus

C’est à moi de vous remercier!

Interview réalisée par Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé

Contactez :

L’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry (Guinée) :

L’Université Senghor à Alexandrie (Égypte) :

Elhadj Mohamed Diouma Bah fondateur des établissements Bah-Kann « Notre objectif c’est de préparer nos enfants à la rude épreuve de la compétition dans un monde où les frontières sont entrain de disparaître. »

Le fondateur de l’IUHEG, institut universitaire des hautes études de Guinée se lance dans l’enseignement pré-universitaire. Elhadj Diouma dit le pourquoi dans cette interview qu’il a accordé à votre site.

www.laplumeplus.com: pour commencer pourquoi le nom Bah-Kann ?

Elhadj Djouma Bah : effectivement, nous venons de lancer les écoles Bah-Kann qui vont s’occuper de l’enseignement général de la maternelle au lycée. Le choix du nom Bah-Kann vient d’une longue amitié entre moi-même et mon collaborateur Monsieur Kann que j’ai connu au Japon en 1989. Et depuis nous avons une amitié qui va au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer. Nos familles vivent ensemble, nous travaillons ensemble. Tout ce que nous avons entrepris ensemble, nous le continuons ensemble jusqu’à nos jours. Pour le symbole de cette amitié, nous avons décidés de donner nos  noms de famille Bah-Kann à l’école. Cela pour perpétuer cette amitié à travers l’éducation, la formation pour que ce nom reste vivant à travers les générations à venir.

Donc c’est un établissement du pré-universitaire?

Exactement c’est l’enseignement général. C’est le pré-universitaire avec comme spécificité l’enseignement bilingue de la maternelle jusqu’au lycée. Les enfants vont travailler en français et en anglais quotidiennement.

Aujourd’hui les écoles privées ne manquent pas même avec le français et l’anglais. Qu’est-ce que votre école aura comme particularité ?

Les écoles Bah-Kann se veulent une école d’excellence où la culture du travail, l’amour de l’école, de la formation vont être les principaux facteurs pour les enfants. Notre objectif c’est de préparer nos enfants à la rude épreuve de la compétition dans un monde où les frontières sont entrain de disparaitre. Effectivement dans l’environnement de l’enseignement privé en général, notre école va trouver sa place à travers la qualité, la rigueur et l’excellence que nous allons imprimer au niveau de notre école.

La rentrée c’est en septembre, où en sommes-nous pour le recrutement des élèves et enseignants ?

L’école dans le cadre du processus de lancement de son programme a déjà mis en place des équipes pédagogiques qui ont en charge de recruter les enseignants et nous avons une équipe administrative qui est chargée du recrutement des élèves. Au niveau des enseignants, nous venons de procéder à une première évaluation des demandes de professeurs que nous avons reçus et ces demandes ont été passées au peigne fin. Ils ont passé un teste écrit et donc un lot a été retenu. Il y aura un deuxième teste pour voir les enseignants que nous allons sélectionner dans les différentes matières.  Au niveau du recrutement des élèves, nous avons passés des communiqués et les gens répondent tant bien que mal. Nous avons une équipe administrative qui travaille tous les jours de 8h à 17h au niveau du 1er étage.

Est-ce que vos coûts sont abordables pour les parents ?

Oui nous avons essayés de faire une étude comparative au niveau du marché. C’est vrai que notre école est de qualité tant au niveau du corps professoral qu’au niveau de l’immobilier et autres, cependant nous allons essayer de tenir compte de la situation des parents pour faire en sorte que la scolarité soit abordable.

Vous êtes aussi fondateur d’une université. Est-ce que le fait de se lancer dans le pré-universitaire n’explique pas en quelque sorte une certaine peur par rapport à la menace qui pèse sur l’enseignement supérieur privé ?

Non, vous faites une fausse analyse d’autant plus que la plupart des fondateurs d’universités privées ont commencé par l’enseignement général avant de créer ces universités. Nous, nous avons commencés par l’université et aujourd’hui que nous repartions vers l’enseignement général, cela n’a rien de grave. C’est tout à fait normal parce que c’est un cycle. Quand vous êtes à l’université, vous voyez le niveau des enfants, vous vous rendez compte que vous devez aller travailler à la base pour pouvoir améliorer systématiquement la qualité et la compétence de nos élèves pour qu’ils puissent arriver à l’université avec un niveau, un bagage intellectuel acceptable, capable de leur permettre de faire des apprentissages normaux.

Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé

Qualification du système éducatif guinéen : un défi majeur pour nos autorités

L’objectif de ce travail est de passer en revue les défis majeurs du système éducatif national. L’essentiel des statistiques utilisés dans cette analyse proviennent essentiellement du rapport d’Etat sur le système éducatif national en mai 2018. D’autres données recueillies au sein des Ministères de l’Education Nationale et du Plan ont été également utilisées pour les besoins de comparaison.

D’entrée de jeu, il faut rappeler que le système éducatif guinéen est malade. Les maux qui le gangrènent sont aujourd’hui innombrables et concourent tous à sa détérioration progressive et profonde. Pourtant, Blaise Pascal Talla, célèbre journaliste de Jeune Afrique affirmait que « l’éducation est la clef du développement et le seul vrai remède contre la pauvreté ». Dans la même lancée, un autre penseur affirme « Tant vaut l’école, tant vaut la nation ».

Ces citations relancent à notre entendement le débat sur le système éducatif guinéen qui de nos jours demeure relégué au dernier plan par nos autorités. La preuve est que le taux d’alphabétisation se situe en moyenne autour de 40%. Ceci laisse entendre que le défi d’améliorer le système éducatif devrait être une préoccupation majeure de pouvoirs publics.

Toutefois, il convient de souligner une quasi-inexistence et∕ ou absence notoire de l’Etat guinéen au niveau du préscolaire. De nos jours peu d’écoles maternelles privées jouent pleinement leur rôle. Malgré les efforts fournis par ces écoles privées, bon nombre d’élèves arrivent à l’élémentaire avec un faible niveau. Ce n’est pas pour rien si les élèves d’aujourd’hui ont du mal à lire, écrire et compter en français.

Nonobstant, l’offre scolaire reste concentrée principalement dans 3 régions du pays que sont : Conakry 46%, Kindia 15% et N’Zérékoré 14%, soit un total de 75%. Ce qui veut dire que les autres régions du pays se partagent les 25% restants. Cette situation est à notre sens non seulement déplorable mais aussi et surtout inacceptable. 71% des écoles primaires sont situées en milieu rural contre 35 % d’établissement du secondaire. Ce qui constitue une source potentielle d’abandon des enfants en milieu rural à la fin de leur cycle primaire car, ils parcourent des kilomètres pour suivre les cours.

S’agissant de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, l’action de l’Etat reste et demeure encore très faible dans cet autre secteur. 80% des programmes enseignés ne sont pas en adéquation avec les besoins des entreprises. C’est ce qui d’ailleurs, explique le manque d’opportunités de stage et de formation continue des enseignants, de partenariat avec des entreprises…

Concernant le supérieur 61% des diplômés de l’enseignement supérieur contre 39% de ceux de l’enseignement technique et professionnel ne trouvent pas d’emploi. Cette situation s’explique en grande partie par l’insuffisance des ressources financières allouées au système éducatif.

De plus, la décision de nos autorités d’entrer dans le système LMD sans qu’aucune étude ne soit effectuée au préalable sur les tenants et aboutissants d’une telle mesure pose de nos jours problème. Force est de reconnaitre que dans ce système, centré essentiellement autour de la recherche, l’accès à la documentation de qualité est un défi majeur de la plupart de nos universités publiques et privées. C’est ce qui d’ailleurs complique la tâche des étudiants sur les travaux d’exposés mais aussi celles des profs pour les recherches. De plus, les livres coûtent très chers aux yeux des étudiants et enseignants.

Ce sujet reste entier et mérite d’être débattu par tous les guinéens. Notre rôle en notre qualité d’Economiste, enseignant chercheur est de faire un exposé succinct de la situation et, suivant notre niveau d’information afin, d’éclairer la lanterne des décideurs politiques et l’opinion publique sur les véritables enjeux des réformes à entreprendre dans ce secteur délaissé.

Pour remédier aux maux dont souffre notre système éducatif, nous proposons comme tout autre citoyen soucieux de l’avenir de notre pays, les solutions suivantes : i) réviser les textes régissant le système éducatif guinéen; ii) mettre en place un dispositif d’éducation gratuite et obligatoire pour les enfants de 4 à 18 ans ; iii) réduire progressivement la dualité existante sur l’offre scolaire ; iv) procéder à la formation des formateurs en vue de mettre fin à la corruption en milieu scolaire et universitaire ; v) Multiplier les centres de formation technique et professionnel ; vi) réserver à l’Etat le monopole de certaines formations (mines, environnement, Ingénierie, santé…) ; vii) renforcer la législation de l’enseignement privé en vue de diminuer systématiquement le nombre d’Universités privées en Guinée ; viii) mettre en place des bibliothèques et centres de lecture multiformes ; ix) créer un cadre national de certification et de valorisation des diplômes ; x) améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants ; xi) augmenter le budget alloué à l’éducation nationale ; xii) planifier et mettre en œuvre des plans de développement pluriannuels du secteur éducatif guinéen ; xiii) mettre en place un institut national chargé de la publication des statistiques fiables sur l’éducation : taux brut de scolarisation; taux d’achèvement cycle primaire et éducation de base ; taux de réussite aux examens nationaux et classe supérieure; ratio élèves/maître, élèves/classe, élève/manuels…

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Mamadou Safayiou DIALLO

Economiste, Enseignant-Chercheur, membre du CRED

Education : IFprofs Guinée, le réseau social des professionnels de l’éducation lancé à Conakry

A l’instar de 65 autres pays francophones, la Guinée est maintenant dotée d’un réseau social pour les enseignants. La plateforme appelée IFprofs est un site de partage d’informations de ressources pédagogiques, d’expérience… entre les élèves-maîtres  et  enseignants à tous les niveaux : du primaire au supérieur.

Ce vendredi 27 juillet 2018, la plateforme a été présentée et lancée devant une centaine d’enseignants dans la salle de spectacle du centre culturel franco-guinéen en présence de l’Ambassadeur de France en Guinée, du Ministre de l’Enseignement Supérieur, Abdoulaye Yéro Baldé et d’une délégation de la CRDG, Conférence des Recteurs et Directeurs Généraux.

Face à l’auditoire les  membres de l’Institut Français de Guinée, de l’ISFAD et de l’Association Guinéenne des Professeurs de Français ont mis l’accent sur l’Importance de IFprofs et ont largement  expliqué comment adapter les smartphones en situation de classe et mieux intégrer la pédagogie numérique.

IFprofs Guinée s’inscrit dans la stratégie de renforcement de l’enseignement du français en Guinée. La plateforme ambitionne également de devenir un canal de diffusion des instructions  de l’Inspection générale de l’Education, et se veut être une tentative pour améliorer la visibilité et la reconnaissance du métier d’enseignant en Guinée.

IFprofs Guinée entend bénéficier du partenariat du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, du Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, de

L’Institut supérieur de Formation à distance (ISFAD) et de l’Association guinéenne des professeurs de français (AGPF).

Contact: https://gn.ifprofs.org

Thierno Abdoul Diallo

Enseignant véreux : Tu as souillé la corporation

Tu es malhonnête. Tu es indigne. Repens-toi vite ! Nous ne savions pas que tu étais un enseignant occasionnel. Un enseignant sans passion et sans formation. Comment se fait-il que tu t’engages dans un métier aussi noble pour le souiller ? Un enseignant est un repère et un père. Un enseignant est un miroir et un guide. Il n’est pas un chercheur d’or ou de diamant. Il incarne le dévouement, le sacerdoce ; un don de soi pour la Nation au présent et au futur. C’est lui le boulanger qui moule les cadres intègres, compétents et compétitifs. C’est lui qui forme les médecins pour sauver des vies et non pas pour assassiner les pauvres malades. C’est lui qui forme les futurs dirigeants à tous les niveaux afin qu’ils sortent le pays de la misère qui n’a que trop duré. Il forme aussi les hommes de Droit pour dire le droit rien que le droit. Il est le maçon qui fabrique des citoyens modèles et patriotes. Par conséquent, il mérite un respect et une admiration sans commune mesure. Il est notre père, notre mère, notre frère, notre sœur, notre conseiller, notre soutien par-dessus tout. C’est notre modèle, notre référence, notre coach de tout temps et de tout lieu. Un enseignant n’est ni un mendiant, ni un prostitué, ni un menteur encore moins un traitre. Mais, toi, tu as trempé la main dans « le système ». Oh quelle honte ! Pourquoi as-tu trahi la Nation en couchant avec les filles, tes élèves, pour leur attribuer les meilleures notes ? Pourquoi demander de l’argent ou du matériel aux candidats afin de les laisser copier ? Pourquoi as-tu accepté d’être complice des fondateurs et responsables d’écoles sans scrupule pour bafouer l’éducation ? Pourquoi as-tu décidé de ternir l’image de mon métier si noble ? Pourquoi as-tu hypothéqué l’avenir de toutes ces générations ? Tu dois te repentir ! Repens-toi immédiatement, sans attendre car tu es sur le chemin de la perdition qui mène tout droit au tréfonds de l’Enfer. Saches que tu as une très grande part de responsabilité dans la déliquescence du système éducatif dont l’une des conséquences immédiates est ce taux si élevé d’échec aux examens. Acceptes de changer pour changer la société ! Je compte sur toi !

Aboubacar Mandela CAMARA, jeune guinéen, soucieux de la qualification du système éducatif

Echec scolaire : la responsabilité des parents d’élèves

Cher parent ! Tu achètes un téléphone qui coûte plus d’un million de francs guinéens pour ton enfant, il est tout le temps connecté sur les réseaux sociaux. Même le jour de l’examen, il va avec son téléphone en classe. Tu lui donnes même de l’argent afin qu’il intègre un groupe messenger pour avoir des traités de la part de gens moins qualifiés ou pour corrompre les surveillants et délégués. Après, il échoue, tu te mets à accuser les enseignants et l’Etat. Combien de livres as-tu acheté pour ton enfant ? Fais-tu un suivi de sa conduite à l’école ? Révise-t-il à la maison ? Est-ce que ses cahiers sont à jour ? Toi-même tu sais qu’il n’a pas de niveau, chaque année, tu pars verser des larmes de crocodile à la Direction de l’école afin qu’on le laisse passer en classe supérieure. Parfois, tu fais un dessous de table aux enseignants et encadreurs afin que ton enfant soit parmi les meilleurs alors qu’il est médiocre. Ton enfant connait par cœur la biographie de Messi et de CR7 voire même l’historique de la coupe du monde, les acteurs des séries Novelas et les chansons de Takana,… Il regarde la télé à sa guise en exultant, comme un ivrogne à chaque but marqué par le Réal Madrid et le Barça en dérangeant le voisinage et en empêchant les fidèles musulmans de bien accomplir la prière à la mosquée. Chaque jour, il ne se couche qu’à 3h ou 4h du matin car il faisait du thé avec ses amis depuis la journée, entrain de regarder le déhanchement des charmantes demoiselles qui passent ou regarder des films pornographiques dans son android, à échanger avec ses « bébés » dont on ne connait plus le nombre ou encore à échanger avec ses amis SDF qui ont réussi à traverser la Méditerranée. Ces derniers, l’incite à abandonner l’école pour tenter l’aventure vers « l’eldorado ». Pour ses sorties récréatives et son anniversaire, tu es prêt à mettre le paquet mais, tu n’as pas d’argent pour lui prendre un répétiteur à la maison. Lorsque ses grands frères et sœurs lui demandent de réviser, tu rétorques avec vigueur: laissez mon bébé tranquille ! Malgré tout, tu es encore prêt à payer ce qu’il faut pour l’inscrire frauduleusement à l’université en complicité avec le fondateur et/ou certains responsables du Rectorat. Jusqu’à la fin de ses études, tu ne t’y rends jamais. A chaque fois que ton enfant te demande de l’argent, tu le lui donne sans savoir réellement le pourquoi. Il négocie avec les enseignants et encadreurs véreux pour acheter des notes et un semblant de diplôme. Il passe cinq ans à la maison sans aucun espoir de stage ou d’emploi. Vous faites des sacrifices de toutes sortes y compris de « chat noir », vous casser des œufs aux différents carrefours du quartier et, vous jetez des vivres partout. Rien ne marche ! Vous revenez à la mosquée ou à l’église. Vous oubliez que Dieu est fâché contre vous depuis fort longtemps. Je ne te comprends pas cher parent ! Il est temps de prendre conscience en sachant que seul le travail paye. Si tu sèmes « le vent », tu ne récolterais que « la tempête ». Changes de stratégie, encadres ton enfant de la maison à l’école. Saches qu’on ne doit pas « préparer l’avenir de son enfant », on doit lui « préparer pour l’avenir ». Bref, saches que tu as une part de responsabilité dans l’éducation de ton enfant et dans la qualification du système éducatif guinéen. Merci cher parent !

Aboubacar Mandela CAMARA jeune guinéen, soucieux de l’avenir de l’école guinéenne

Mamoudou Condé 3eme de la république en sciences sociales : « bien sûr que les élèves ont utilisé les téléphones, mais moi Dieu est témoin, je n’ai pas l’habitude de tricher…»

Le 3eme de la république au baccalauréat en sciences sociales vient du lycée SEMYG 2 situé à la Cité de l’air de Conakry. Condé revient sur son sacre.

Préparatifs

Mamoudou Condé, a bataillé dur. Il  a certes raté la première place, mais il est dans le peloton des meilleurs « quand j’ai fait le BEPC, je me suis fixé pour objectif d’être premier de la république au baccalauréat. J’ai continué sur cette lancée. J’étais au lycée 1er mars (une école publique de Matam), mais l’année dernière j’ai vu les performances du SEMYG. Je me suis dit de venir ici avec l’intention de travailler afin de réaliser mon rêve. Avec le soutien des encadreurs, j’ai travaillé et je voulais être le premier de la république, mais bon, Dieu sait faire les choses. »

S’il y a une matière qui a fatigué ce lauréat, c’est bien les mathématiques.

Pour ce qui est de l’option qu’il fera à l’université, Condé ne veut pas se presser. Il dit qu’il décidera avec sa famille « nous allons réfléchir sur la question parce qu’il s’agit de mon avenir. »

Avis sur la fraude

Mamoudou reconnait que le bac de cette année n’a pas été propre à 100%, mais, il affirme être très loin de la magouille « bien sûr que les élèves ont utilisé les téléphones, mais moi Dieu est témoin, je n’ai pas l’habitude de tricher. J’ai même peur. J’ai bossé dur et je n’ai pas aimé l’action de certains élèves. »

Le groupe scolaire SEMY a deux sites : SEMYG 1 et 2. Chacun d’eux a eu des lauréats. Au SEMYG2, l’école de Mamoudou, son censeur Diallo Zoumana est fier de ses élèves et enseignants.  

Sur la méthode utilisée, monsieur Diallo précise « une évaluation spéciale a été faite à l’intention de tous les élèves au début de l’année scolaire. Une autre a été faite pour les classes de terminales. Au SEMYG, il faut reconnaitre que les élèves et professeurs sont bons. Chacun a joué son rôle. Les enseignants font la fierté de l’école. On avait de l’espoir avec le niveau de ces trois élèves. Foster, Idrissa et Mamoudou étaient tous meilleurs au bac blanc. Pour ces trois, c’était prévisible. On a misé sur eux et ils ont prouvé. Même pendant la période de perturbation, on invitait les élèves à venir à l’école. »

Mamadou Samba Sow. Tel : 622.02.05.65/664.68.73.94