ONG Aide aux Médias de Guinée : des journalistes formés en investigation

Cette nouvelle formation des membres de Aide aux Médias de Guinée (AMG) a été organisé dimanche au siège de l’ONG à Bambeto, dans la commune de Ratoma. Neuf journalistes issus de différents organes de presse publique et privée ont bénéficié de cette formation.
D’après Aliou Diallo, Vice Président du Conseil d’Administration de cette ONG, cette formation qui cadre avec le plan d’action opérationnel de sa structure a pour but de donner aux participants les méthodes et techniques de base du journalisme d’investigation. « Cette formation doit pouvoir aider ces jeunes journalistes à s’intéresser aux sujets d’enquêtes, à fouiller derrière le décor et rendre compte de ce que vivent les gens » a ajouté Aliou Diallo.
Pour le formateur et Président du Conseil d’Administration de l’AMG, ce module sur les « 10 Étapes pour devenir journaliste d’investigation » ne vise pas à dicter les règles absolues de la profession, mais d’encourager les participants à aborder autrement les thèmes de leur choix, à chercher plus loin et à viser plus haut. Poursuivant, il a ajouté que les journalistes doivent arrêter de couvrir uniquement des spectacles, ateliers, séminaires et assemblées générales des partis politiques. Pour lui, il faut qu’ils s’intéressent aux informations et aux histoires cachées des détenteurs de pouvoir, des problèmes sociaux complexes, d’où la nécessité de cette formation a-t-il martelé.
Les participants visiblement satisfait de la qualité du module et de l’intervention du formateur ont apprécié à juste valeur cette initiative. C’est le cas de Alkaly Daouda Daffé, journaliste à la radio Nostalgie et Alpha Madiou Bah, Directeur de Publication du site globalguinee.info.

D’autres formations sont en préparation pour renforcer d’avantage les capacités opérationnelles des journalistes nous ont confié des responsables de l’ONG Aide aux Médias de Guinée.

 

 

Kindia : le mariage précoce au cœur d’un dialogue entre leaders religieux et professionnels de la santé

Le 2 novembre 2017 au siège de la GIZ (coopération allemande) s’est tenue une rencontre en présence de madame le gouverneur de région. L’objectif principal de ce forum soutenu par la direction régionale de la santé est de créer et maintenir un espace ou cadre périodique de discussion et d’échange d’idées entre les professionnels de la santé et les leaders religieux dans le but d’apporter des solutions au phénomène de mariage précoce dans la région de Kindia. Parmi les problèmes qui affectent dangereusement la santé sexuelle des adolescents et jeunes se trouve le mariage précoce.

De par sa gravité, sa fréquence et surtout ses conséquences sanitaires (fistules, transmissions IST/VIH, les fausses couches, décès maternels, ses effets sur la santé mentale (dépression, stress) juridique (violation de la loi guinéenne en la matière) ; ses conséquences sociales (divorce, déscolarisation) et économique, le mariage précoce constitue un réel problème de santé et un fait de société de grande ampleur dont la nécessité d’en faire un débat s’impose. C’est pourquoi dans le cadre de l’appui aux structures de dialogue entre la communauté et le système de santé, la GIZ à travers sont projet sur la santé reproductive et familiale(PSRF) et ses partenaires ont entrepris d’impulser le dialogue entre les leaders religieux et les professionnels de la santé concernant le mariage précoce. Selon EDS MICS une étude réalisée en 2012 sur l’accessibilité des services de santé reproductive, moins de 50% de toutes les naissances sont traitées médicalement, 7/10 nouveaux nés sur dix n’ont reçu aucun soin médical, seulement 6% des femmes de 15-49 en union utilisaient au moment de l’enquête une méthode contraceptive en majorité une méthode moderne 5%, seulement 12 % des gens ont déjà fait un test de dépistage du VIH, 26% des femmes étaient déjà en union en atteignant 15 ans par contre seulement environ 5% des hommes l’étaient en atteignant 18 ans.

Dans son discours d’ouverture, madame le gouverneur Cissé Saranbgè Camara a exhorté tous les participants à plus d’engagement : « j’invite les participants à donner le meilleur d’eux même pour qu’au sortir de cette salle, la problématique du mariage précoce soit au centre de nos débats aussi bien dans les familles que dans nos communautés et lieux de cultes. C’est seulement de cette manière que nous pourrons soulager la misère et la vulnérabilité de nos enfants, toute chose qui s’inscrit en droite ligne de la vision du gouvernement du professeur Alpha Condé.»

Pour Ariane Maercker responsable de la composante « Augmentation de la demande des services sanitaires» du projet de la GIZ Santé de la Reproduction et de la Famille, ce forum ne vise pas à harmoniser les opinions mais plutôt à créer un cadre de dialogue entre les acteurs de l’administration, de la santé, du secteur religieux, de l’enseignement, la société civile, la famille juridique et la communauté. Pour elle, regrouper tous ces acteurs est une condition clef pour améliorer cette situation.

Le directeur régional de la santé de Kindia Fakourou Dansoko n’a pas manqué d’évoquer les conséquences du mariage précoce : « fistules, transmission IST/VIH, fausses couches, décès maternels… il a rassuré que les résultats de ce débat feront tache d’huile parce qu’ils nous permettront d’avoir les avis de tout un chacun » a-t-il conclu.

Du côté de la justice Modoufodé Bangoura a fait savoir que les textes sont clairs, les filles doivent se marier à l’âge de 18ans et les garçons à 21 ans selon le code pénal guinéen dans ses articles 319, 320, 321 et 322. Outre passer cela, c’est aller à controverse de la loi et c’est puni. La peine va de trois mois à un an de prison a-t-il expliqué.

L’inspecteur régional de la ligue islamique de Kindia Elhadj Soulemayne Yansané s’engage à lutter contre le mariage précoce en prêchant sur ce thème dans les mosquées, lors des mariages et cérémonies de baptêmes pour sensibiliser la population.

Le forum a pris fin autour d’une table ronde ou tous les acteurs ont exprimé leur point de vue dans un débat houleux sur cette problématique. Chacun dans son analyse a reconnu les méfaits du mariage précoce.

Siba Toupouvogui

Formation : des journalistes formés à l’élaboration d’un plan de communication

L’ONG Aide aux Médias de Guinée (AMG) a organisé à l’intention de ses membres et d’autres jeunes une formation sur l’élaboration d’un plan de communication.  43 personnes ont pris part à cette formation dont 30 journalistes. Des journalistes issus de l’ONG Aide aux Médias de Guinée, de l’Association des Journalistes Reporters (AJR), du Syndicat des professionnels de la Presse Privée de Guinée (SPPG), de l’Association des Journalistes pour le Développement Durable (AJDD), de l’association Femme, Pouvoir et Développement (FPD).

Pour le président de l’AMG, Amadou Oury Barry, cette formation qui cadre avec le plan d’action opérationnel de son ONG vient renforcer les capacités de ses membres mais aussi appuyer d’autres associations de presse.

Pour sa part, le formateur, Mohammed Lamine Keita, responsable de communication à Orange Guinée se dit heureux d’accompagner cette bonne initiative: « je suis très heureux d’accompagner de façon bénévole cette initiative de l’ONG Aide aux Médias de Guinée pour renforcer les capacités opérationnelles de ses membres et les capacités d’autres structures de presse et des jeunes dans l’élaboration d’un plan de communication ». Il a par la suite promis d’accompagner cette ONG pour d’autres formations cela afin de rendre plus efficace cette structure dans ses actions.
Les participants visiblement satisfait de la qualité du module reçu se disent comblés.

C’est par la remise des attestations de participation et des prises de photos de groupes que la session de la formation a été clôturée.

Mendicité : enfants de la rue, nation en péril

Selon l’UNICEF (2002), le droit à l’éducation  fait partie des droits humains fondamentaux proclamés il ya un demi siècle dans la déclaration universelle des droits de l’homme et à nouveau, en 1989 dans la déclaration relative aux droits de l’enfant. Pourtant, plus de 150 millions d’enfants dans les pays en développement commencent leur scolarité, mais n’atteignent pas la cinquième année d’études. Ils quittent l’école sans avoir acquis les notions élémentaires de lecture, d’écriture et de calcul et les compétences essentielles qui constituent la base de l’apprentissage la vie durant.

En Guinée, malheureusement, des milliers d’enfants se retrouvent dans la rue, en lieu et place de l’école, pour des raisons diverses. Selon le rapport des ONG sur l’application des droits de l’enfant en Guinée de 2007 à 2011, sur 4,6 millions d’enfants, 600.000 travaillaient ou mendiaient pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. On y retrouve plusieurs catégories d’enfants dont entre autres : les  enfants mendiants, les enfants porteurs de bagages (Walikè), les enfants rabatteurs de passagers (coxeurs), les enfants vendeurs et les enfants poubelliers.

1-Les enfants mendiants :

Ils sont soit albinos, soit handicapés, guides pour les aveugles ou simplement issus de familles démunies. Dans l’un ou l’autre cas, ils sont tout simplement utilisés par leurs parents comme source de revenus. Généralement, ces pauvres enfants pratiquent cette mendicité sous l’œil vigilant d’un des leurs (la mère le plus souvent) qui, après, récupèrent l’argent obtenu pour des besoins familiaux. Le pire c’est qu’au lieu d’utiliser cet argent pour envoyer l’enfant à l’école, ces responsables de famille se plaisent continuellement dans cette pratique. Parmi eux, on rencontre également des enfants sans aucun repère familial, abandonnés à eux-mêmes et condamnés à vivre comme un chien sans propriétaire. Conséquences : l’enfant deviendra, à la longue, un adulte mendiant fabriqué par la société ou un délinquant incontrôlable car n’ayant ni formation académique, ni un métier quelconque.

2-Les enfants porteurs de bagages (Walikè) :

Cette catégorie d’enfants est composée généralement de déscolarisés ou, comme les premiers (enfants mendiants) sont issus de familles extrêmement diminues, incapables d’assurer leurs besoins vitaux ; encore moins faire valoir leur droit à l’éducation. On connait le sort de ces enfants : souvent accusés de vol, exposés à des maladies de toute sorte ou encore d’agression,…Bref, ils sont quotidiennement en conflit avec la loi : sévèrement bastonnés, emprisonnés ou portés disparus. Certains d’entre eux n’hésitent pas à tenter l’aventure  périlleuse de la  clandestinité ou à s’adonner à toutes sortes de pratiques juste pour gagner de quoi manger. A l’instar des fous, ces enfants dorment, pour la plupart, sous ou sur les tables dans les marchés sans aucune peur pour leur sécurité ou leur santé. Ce sont de véritables clochards, considérés par leurs parents-pour ceux qui en ont- comme des « maudits ».

3-Les enfants vendeurs :

Qu’on soit en période de vacances ou pas, nous constatons le phénomène galopant ‘’d’enfants vendeurs’’ dans les différents carrefours et quartiers de Conakry. Certains font le colportage de quartiers en quartiers, commercialisant des marchandises dérisoires (Bombons, biscuits, sachets d’eau glacée, arachides, …). De nombreuses familles se servent aujourd’hui de leurs enfants pour gagner la dépense. Sans, pour au tant se soucier de l’éducation de ces innocents êtres (les enfants). Le plus alarmant c’est qu’on les rencontre tard la nuit dans les rues (vers 22 heures). Ce qui pousse beaucoup d’entre eux à privilégier ce micro-commerce par rapport à leurs études. Ils sont souvent victimes d’accidents de la route, d’agression, de harcèlement sexuel et même de viol à l’endroit  des jeunes filles. C’est là où beaucoup d’entre eux apprennent la débauche au vu et au su de tout le monde. En fin de compte, les jeunes filles se retrouvent dans les lieux  de prostitution après quelques vaines tentatives, parfois, d’apprentissage d’un métier donné. Quant aux petits garçons, plus ils grandissent, plus ils adoptent les comportements des jeunes de la rue qui se livrent publiquement à la consommation des stupéfiants, au brigandage et au vol.

4-Les enfants poubelliers :

En lieu et place de l’école ou après les cours, ces enfants passent une grande partie de leur temps dans les poubelles. Ils y cherchent des objets à  revendre (sachets en plastiques, chaussures usées, objets métalliques,…) afin  de subvenir à leurs besoins vitaux et à ceux de leurs familles respectives. Tant pis pour les maladies et blessures éventuelles ! Les études également ne sont que le cadet de leurs soucis. Leur souci majeur, si non unique, c’est le gain facile et rapide de l’argent pour le petit-déjeuner du lendemain. On connait bien la suite : ils finiront aussi dans la délinquance la plus inimaginable.

5- Les enfants rabatteurs de passagers (coxeurs) :

En ma qualité d’enseignant-chercheur, je me suis personnellement intéressé au ‘’rabattage des passagers par les jeunes dans la ville de Conakry : cas de la commune de Ratoma. Ainsi, sous forme de travaux dirigés, j’ai demandé à mes étudiants de l’Université Mercure International (Licence 2, Sociologie, 2017) de mener une enquête par questionnaire une cinquantaine de rabatteurs afin de savoir les raisons qui les poussent dans la pratique de cette activité (rabattage des passagers).

En terme d’identification, les informations collectées démontrent clairement que : 19/48 enquêtés sont analphabètes soit 39,58% ; 16/48 enquêtés ont un niveau primaire soit 33,33% ; 11/48 enquêtés avaient atteint le secondaire (niveau collège à l’exception d’un seul) soit 22,91% et, seulement 02/48 ont le niveau supérieur soit 4,16%.

Concernant les raisons qui les poussent dans la pratique de cette activité : 26/48 enquêtés affirment que c’est à cause de la pauvreté des parents soit 54,16% ; 16/48 enquêtés indiquent que c’est parce qu’ils n’ont aucun métier soit 33,33% ; 03/48 d’entre eux ont évoqué le manque d’emploi soit 6,25% et, en fin, 03/48 autres ont parlé des raisons personnelles tel le besoin d’autonomisation.

L’analyse rigoureuse des données ci-dessus, prouve à suffisance que la pauvreté des familles d’origine est la principale cause qui draine les enfants dans les rues où ils seront confrontés à toutes formes d’exploitation, de risques sanitaires, de trafic et d’agression. Selon les chiffres fournis par l’Institut national des statistiques de Guinée, en 2013, 55% de la population vivait en-dessous du seuil de pauvreté.

Raison pour laquelle, je recommanderais ce qui suit :

  • Aux ministères en charge de l’enfance, celui de l’enseignement pré-universitaire et celui de la formation professionnelle de : mobiliser et intégrer ces enfants de la rue dans le circuit scolaire et/ou la formation professionnelle afin qu’ils apprennent, formellement, une profession leur permettant de subvenir dignement à leurs besoins et de s’insérer socialement. Ceci, pourrait même diminuer la délinquance et la criminalité dans la cité ;
  • Aux ministères de la sécurité et celui de la justice, institutions internationales et organisations de la société civile : user de tous les moyens légaux pour faire valoir les droits à la protection, à la santé et à l’éducation de ces enfants qui sont une couche sociale très vulnérable ;
  • Au gouvernement dans sa généralité : faire voter et appliquer strictement des allocations familiales aux parents démunis, incapables d’assurer les frais de scolarité de leurs enfants ;
  • Aux responsables de famille : accepter l’application du planning familial afin d’espacer et réduire les naissances selon leurs capacités d’assurer les conditions de vie, de santé et d’éducation de leurs enfants.

             Aboubacar Mandela CAMARA Sociologue/Enseignant-Chercheur,  Coordinateur Sous-Régional de l’ONG ‘’Save My School’’. Tél : 00224 628 13 36 09/Email : aboucamus86@yahoo.fr     

Labé : Un étudiant abuse de la femme de son tuteur

L’acte s’est produit dans la nuit du vendredi 02 juin dans le district de Toumbouloun, sous-préfecture de Hafia (Labé). TAMBA Michel, âgé d’une vingtaine d’année est le présumé  violeur.  Il fait licence 1 en science informatique à l’université de Labé Hafia.

L’étudiant a profité de l’absence de son tuteur qui était parti à la prière de 20 heures pour abuser de la jeune fille âgée de 15 ans qui venait à peine de se marier. Au retour du monsieur de la mosquée, sa femme a fondu en larme avant de l’informer que le jeune étudiant a abusé d’elle.

Interrogé, TAMBA Michel reconnait les faits qui lui sont reprochés. Aux dernières nouvelles, le présumé violeur se trouve au commissariat central de police de Labé.