Dar-Es-Salam (Bantignel) : la jeunesse rénove l’école primaire et fait des dons

Les jeunes de Dar-Es-Salam, un des onze districts de Bantignel (préfecture de Pita) ont mis ces vacances à profit pour apporter une nouvelle touche à l’école primaire de leur localité. Ils ont aussi distribué des fournitures scolaires aux élèves.

Cette action a été pilotée par l’AJADD, association des jeunes et amis pour le développement du district de Dar Es Salam qui a été créée en 2016 à Conakry.   Avec ses antennes au Sénégal et en Côte-d’Ivoire,  l’AJADD intervient dans les domaines de la santé, du sport, de la culture et de l’éducation.

C’est la deuxième édition organisée dans cette contrée qui compte treize villages. L’école primaire du district de Dar-Es-Salam a ainsi été rénovée. Le travail a consisté au  crépissage d’une salle nouvellement construite et l’équipement des bureaux.

L’établissement n’a qu’un seul enseignant de l’Etat et un contractuel pris en charge par les parents d’élèves. Le poste de santé qui se trouve dans le village de Kolet a également connu une finalisation de travaux.

Concernant les fournitures scolaires, la somme de cinq millions de francs guinéens a été mobilisée pour permettre aux enfants de disposer de cahiers, ardoises, stylos, crayons, règles, de la craie et des livres.

Les populations de Dar-Es-Salam demandent au ministère de l’éducation nationale de les aider à avoir des enseignants car le déficit est énorme.

Mamadou Ataoulaye Barry chargé de communication de l’AJADD

Tougué : les citoyens autour d’un forum international de développement

La préfecture de Tougué a abrité les 25 et 26 août la première édition du forum international pour le développement socioéconomique de la localité. La rencontre a réuni la population locale et des ressortissants basés dans le reste du monde.

La maison des jeunes qui a servi de cadre à l’événement était pleine à craquer. Pendant deux jours, les fils et filles de Tougué ont échangé ensemble au tour d’un idéal commun.

Ces assises sont initiées par  l’association pour le développement de  Tougué (ADPT). Dans les différents discours, une attention a été accordée aux questions liées à l’essor socio-économique de la préfecture. Des panels sur l’éducation, l’agriculture, l’élevage, la santé, l’environnement ont été animés par des spécialistes.

Le ministre de l’enseignement supérieur Abdoulaye Yéro Baldé et le gouverneur de Labé Sadou Keïta lors du forum.

Pour le préfet Elhadj Abdourahmane Baldé, Tougué fait face à des  problèmes sur tous les plans. Pourtant, cette préfecture qui a été créée en 1901 reforge d’énormes potentialités agricoles. Les plaines de Koloun, Moki Djigue et de Malipan sont une véritable illustration. A cela s’ajoute l’existence d’une importe réserve de bauxite. Tougué, c’est aussi le futur barrage hydroélectrique de Koukoutamba.

Dans son intervention le gouverneur de région Sadou Keita a demandé aux notables de libérer les terres afin de permettre aux étrangers d’investir. Au non de la diaspora, Mamadou Alpha Baldé, a lu les recommandations du forum. On peut noter la création d’une convention pour la préfecture dont les statuts et règlement ont été approuvés par les participants. La problématique de l’immigration n’a pas été oubliée.

À tour de rôle les maires des 9 communes rurales se sont aussi succédé pour évoquer les problèmes de leurs localités. Deux associations basées aux USA ont offert deux conteneurs de médicaments et trois cents paquets de cahiers pour chaque sous-préfecture. L’union des jeunes unis pour le développement de Tougué a de son côté fait un don de fournitures scolaires d’une valeur de trois millions 500 mille francs guinéens aux populations. Pour sa part, le député uninominal Dr Alpha Mamadou Baldé a offert à trois cent jeunes une formation en esprit d’entreprise, d’études de projets et de techniques de montage des microprojets associatifs. Le représentant de l’OMS Cheick Tidiane Sidibé a annoncé que son institution est disposée à accompagner la préfecture de Tougué.

La Croix-Rouge a d’ailleurs octroyé à la préfecture plusieurs centaines  de plants de cafés arabica.

Cette cérémonie a connu la participation du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique Abdoulaye Yéro Baldé lui-même natif de Tougué, le gouverneur de Labé Sadou Keita et de plusieurs autres personnalités.

Abdoul Malipan Balde envoyé spécial

Talent-jeune : Aboubacar Mandela CAMARA, fervent défenseur du droit à l’éducation

Aboubacar Mandela CAMARA, sociologue de formation (titulaire d’une Maitrise avec la mention EXCELLENT) ; certifié par France Université Numérique (FUN) en éducation par la recherche : neurosciences à l’école (cours proposé par l’Université Sorbonne Paris Cité).

Il cumule une dizaine d’années d’expériences en matière d’enseignement dont six (06) ans au niveau supérieur, consultant en matière d’enquêtes sociologiques.

Il est certifié en Leadership et Développement Personnel (Académie JCI à Bamako et le Programme YALI Network); formateur certifié par IFC/Banque Mondiale. Il est également membre ou fondateur de certaines organisations juvéniles de la société civile guinéenne telles :

La JCI Guinée (Membre/ Vice-président Développement Individuel JCI Conakry Trésor);

-la Voix Du Peuple (Membre);

-l’Observatoire Citoyen du Système Educatif Guinéen (Président);

-Save My School (Coordinateur Sous-régional)…

Activités Educatives :

-2018 : Enquête nationale sur le déroulement des examens (CEE, BEPC, Bac Unique) avec l’Observatoire Citoyen du Système Educatif Guinéen (OCSEG) ;

-2017 : Enquête sur le déroulement du Bac Unique dans la ville de Conakry (Save My School) ;

-Depuis 2016 : Sensibilisation par le biais des médias et des réseaux sociaux sur le rôle et la place de l’éducation dans le processus de développement d’une Nation.

Aboubacar Mandela Camara interviens fréquemment en qualité de consultant dans des émissions de radios telles que:

Bonheur FM (Espace éducation), Tamata FM (Au tour de l’école), Renaissance FM, Sabari FM (Sabari Jeunes), City FM (Jeunes et Avenir)…

NB : il est aussi consultant au compte de la radio RFM Bamako 88.5 dans l’émission ‘’Bon Matin’’ (République du Mali).

Publications dans le domaine de l’éducation :

Thèse de mémoire : Mobilité Professionnelle des déscolarisés de Guinée : cas des commerçants de Conakry;

Articles de presse :

-Réconciliation nationale : tout passe par l’éducation;

-Comment qualifier le système éducatif guinéen ?

-Ecole guinéenne : Quelles solutions pour améliorer les conditions de vie des enseignants ?

-Je rêve d’une école moderne;

-Education nationale : 3 Ministres, 3 styles, 1 objectif;

-L’incivisme en milieu scolaire : Un fléau à combattre;

-La violence en milieu scolaire : causes, conséquences et solutions;

– Enseignant véreux : Tu as souillé la corporation;

-Mendicité : enfants de la rue, nation en péril;

– L’Education : Une solution aux violences en Guinée;

Mon cri de cœur aux parents d’élèves;

– Elèves sans soucis;

-Fraudes aux examens : Aboubacar Mandela répond à Casimir Diawara;

-Alphabétisation : la Guinée recule;

– Examens 2018 : les raisons de l’échec, etc.

Tous ces articles sont à retrouver sur le site www.laplumeplus.com

Conférences  animées en 2018 :

-Thèmes : Civisme, Citoyenneté, Engagement Juvénile et Patriotisme.

-Ecoles: GS Bill Gates, EP Soloprimo, GS Koumba DIAWARA, GS Van à Hamdallaye.

Il a animé la plupart de ces conférences pour le compte du Balai Citoyen.

 Formations : Depuis 2013, Aboubacar Mandela Camara anime des formations dans le cadre du renforcement des capacités des étudiants et des organisations sociales sur le leadership, la communication en public, la création et gestion d’ONG, le montage de projets, la gestion d’équipe,…

 Projet lié à l’éducation : Expansion de l’ONG ‘’Save My School’’ sur l’ensemble du continent africain afin de faire de l’éducation : le principal levier de développement socio-économique, culturel et d’émancipation citoyenne de l’Afrique. Monsieur Camara reste convaincu, comme le soulignait Nelson  Mandela que « l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ».

Déjà, ‘’Save My School’’ est en phase d’implantation très poussée dans l’espace ouest-africain (Mali, Burkina Faso, Benin…)

 Aboubacar Mandela CAMARA est joignable aux : +224.628.13.36.09 Email : aboucamus86@yahoo.fr

Fait-divers : un jeune écrivain décide de marcher de Kindia à Conakry

Ibrahima Sanoh, a entrepris ce dimanche 19 août de rallier la ville de Kindia à Conakry à pieds. Il entend par cet acte exhorter les guinéens à se réconcilier mais aussi à lutter contre la corruption.  Le marcheur a choisi le camp Kémé Bouréma comme point de départ.

Ce jeune écrivain guinéen a décidé de parcourir une distance de 135 km à pied. Auteur de 3 livres dont le dernier est paru en 2018 avec la SAEC du professeur Djibril Tamsir Niane avec une préface intitulée  » Pour une réconciliation nationale en république de Guinée » est fermement résolu à marcher.

Ibrahima Sanoh a bougé  à 8heure 30 au poste de contrôle du camp Kémé Bouréma avec une pancarte sur laquelle on peut écrire « Marche pour la mémoire, l’alternance en 2020 contre la corruption »

Sanoh explique sa motivation: « j’ai décidé de marcher de Kindia ici à Conakry puisque bientôt la Guinée va commémorer ses 60 ans d’indépendance, mais je trouve que par rapport à notre histoire collective rien n’est fait pour entretenir cette mémoire. On a été dans le déni, on a été dans la falsification et même le mensonge et l’oubli. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui qu’avec plus de 60 ans d’indépendance on a plus un grand souvenir. Les gens manipulent cette histoire pour faire tomber les nuits. Malheureusement ce là n’es pas arrivé, le président a mis en place en 2015 des actions pour la réconciliation nationale mais à notre fort étonnement, Kassory Fofana vient comme premier ministre alors qu’il avait instruit à Mamdy Youla de travailler sur la question de la réconciliation. Dans sa déclaration de politique générale, nulle part il ne parle de réconciliation. Cela veut dire que jusqu’en 2020 ce n’est pas leur problème pourtant on aura 60 ans. C’est RFI qui décide maintenant d’écrire l’histoire de la Guinée, lorsqu’un pays a son histoire écrite ou réécrite ailleurs naturellement il se peut qu’il y ait des passions et ces passions peuvent être des éléments de frictions et des prises identitaires. C’est pourquoi je dis que la réécriture de notre histoire doit être faite par nous les guinéen pour qu’on puisse vivre avec notre passé pour tirer des leçons. La seconde chose, il se trouve que nous soyons dans un Etat où il ya une minorité qui s’accapare de la richesse de la majorité. Il y a beaucoup de corruption, la Guinée est aujourd’hui le second pays le plus corrompu au monde » a t-il expliqué.

Siba Toupouvogui depuis Kindia

Journée internationale de la jeunesse : tout le mois d’août sera consacré à la couche juvénile selon le ministre Mouctar Diallo

La journée internationale de la jeunesse est célébrée chaque 12 août. Cette année, le thème retenu sur le plan international est: « Espace sécurisé pour les jeunes ».

A Conakry, c’est la maison des jeunes de Nongo qui a servi de cadre à la cérémonie. La plateforme « voix du peuple » a organisé à cet effet une conférence portant sur « jeunesse, dividende démographique et entrepreneuriat ».  C’est devant un parterre de jeunes et de représentants de la société civile que la conférence s’est tenue.
Prévue à 9h, elle n’a démarré qu’à 11h 30 minutes. Les organisateurs ont d’abord invité les participants à se lever et à chanter  l’hymne national.
Après cet exercice, le coordinateur de la plateforme « voix du peuple » Fodé Karamo Kaba a interpellé la communauté internationale sur les problèmes de la jeunesse: « nous jeunes, nous avons besoin de plus d’espaces sécurisés pour pouvoir nous réunir, nous engager dans des activités et veiller sur nos intérêts, participer au processus de prise de décisions. Nous avons besoin d’espaces civiques pour nous engager dans la bonne gouvernance, avoir des espaces publics pour participer à des activités de loisir, de sport, des espaces numériques pour pouvoir interagir avec le monde et pouvoir s’exprimer librement. »  Il a ajouté que quand les jeunes disposent d’espaces sûrs, ils vont contribuer efficacement au développement du pays, à la cohésion et à la paix.

Fodé Karamo Kaba, coordinateur de la Voix du peuple

Par ailleurs, le coordinateur a exhorté le gouvernement à mettre cette journée à profit pour s’interroger sur les problèmes de la jeunesse. Il a conclu en disant que « notre Guinée ne sera que ce que nous voulons qu’elle soit. »

Le ministère de la jeunesse Mouctar Diallo lui même venu en retard ne tiendra pas de discours, mais il s’est adressé à la jeunesse en quelques mots. L’ancien député a demandé aux jeunes de travailler en synergie en faisant des propositions pertinentes. Pour ce qui est de la célébration de cette journée, il a précisé qu’elle sera étendue sur tout le mois d’août avec assez d’activités qui impliqueront la couche juvénile a-t-il martelé. La journée internationale de la jeunesse sera suivie par l’organisation de la journée nationale de la jeunesse guinéenne qui s’étendra sur une semaine.

Le ministre de la jeunesse a insisté sur le fait que le choix du thème de cette année nous amène à travailler sur le concept des maisons de jeunes en Guinée.
Mamadou Falilou Doumbouya

Fraude aux examens : Aboubacar Mandela répond à Casimir Diaora

Il n’y a pas de potion magique pour la qualification du système éducatif guinéen. Comme l’a dit un économiste : « l’homme est au début, au centre et à la fin de tout développement. » Et, nous le savons tous que le développement passe nécessairement par une « éducation de qualité pour tous ». Mais, ce défi ne peut être surmonté que par des cadres compétents, intègres et patriotes. Pourquoi la Guinée ne parvient-elle pas à refonder son système éducatif ? En effet, depuis 2015, mes amis et moi, nous nous sommes engagés à contribuer à la qualification du système éducatif guinéen car, nous sommes persuadés que sans une éducation de qualité, la Guinée ne pourrait jamais aspirer à un développement quelconque. C’est ainsi que nous avons fondé l’ONG Save My School qui œuvre, depuis lors, dans l’éducation, la formation et la sensibilisation. Nous avons à notre actif plusieurs ateliers de formation, des conférences sur l’éducation, des séries de sensibilisation notamment par voie de presse et, bien entendu, le projet d’enquête sur le déroulement du Baccalauréat Unique session 2017 dans la zone de Conakry. En toute honnêteté, si le Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A), devenu MENA, avait tenu compte du rapport fourni par Save My School en 2017, nous n’aurions jamais connu les examens scandaleux de 2018 ou, tout au moins, nous aurions minimisé la fraude à ciel ouvert à laquelle nous avons assisté cette année. Je me fais le devoir de reprendre ici, en substance, les résultats et les recommandations qui avaient été faits à l’époque :

  • Les anomalies relevées

En dépit des multiples reformes entreprises et de la mise en garde faite par le MEPU-A, les vieilles pratiques qui gangrènent le système éducatif guinéen ont resurgi cette année encore en affectant le bon déroulement du baccalauréat unique 2017. Nos enquêteurs ont, à ce titre, noté plusieurs types d’anomalies dans la zone de Conakry. Nous pouvons ainsi noter :

-Fuite des épreuves : Selon le témoignage de certains candidats et surveillants interrogés, il ya bel et bien eu ‘’fuite d’épreuves’’ dès la veille du premier jour du Bac; notamment, les sujets d’économie et d’anglais de l’option ‘’Sciences Mathématiques’’ ainsi que ceux de Géographie et d’histoire de l’option ‘’Sciences Sociales’’. Selon nos sources, cette fuite d’épreuves est orchestrée par « un vaste réseau » de mafia instauré dans le système éducatif et fortement enraciné. En plus, les révisions nocturnes, interdites au départ, ont été tenues dans certaines écoles de la ville de Conakry par les démembrements dudit réseau et même par les enseignants des établissements. D’autres attroupements nocturnes ont également eu lieu, à cet effet, dans des quartiers comme Sangoyah où les forces de sécurités sont intervenues dans la nuit du dimanche. Celles-ci, n’ont pu mettre main que sur quelques élèves qui furent relâchés très tôt le matin. Les ténors, quant à eux, avaient déjà pris la tangente suite aux alertes données par leurs responsables. Nous avons, nous-mêmes, reçus des sujets bien avant qu’ils ne soient lancés. Ce qui dénote aussi, l’existence d’une autre forme de fuite d’épreuve au cours de la journée ; orchestrée, cette fois-ci, par les surveillants vers l’extérieur. Tout cela, de l’avis d’un de nos enquêtés, est l’œuvre du réseau mafieux instauré depuis des lustres au sein de l’éducation qui « est aussi puissant qu’un réseau de cocaïne » nous a-t-on rapporté. Celui-ci s’implique même dans le choix des surveillants et des correcteurs moyennant une commission sur les primes de surveillance et de correction.

-Facilitation de la Communication « Délégués gentils » et « surveillants abordables » ; telles sont les expressions qui revenaient constamment dans la bouche des candidats interrogés. Les raisons sont connues : certains délégués demandaient expressément aux surveillants de « faciliter la communication aux enfants » ; dans certains endroits, les surveillants surveillaient le délégué au lieu de surveiller les candidats. Ce qui justifie, en grande partie, l’usage remarqué des téléphones tant bien par les surveillants que par les candidats. Chose qui leur permettait même d’être en contact avec l’extérieur du centre à travers les réseaux sociaux. Par ailleurs, sous demande des délégués, on rallongeait le temps des épreuves surtout vers la fin de la journée pour permettre aux candidats de bien communiquer « sous condition qu’ils ne fassent pas du bruit ». Sans oublier que certains surveillants, spécialistes de certaines matières, les traitaient eux-mêmes pour les candidats. Là où cette communication semble ne pas être facilitée (EP du centre/Kaloum), les surveillants ont été pris en otage, séquestrés par les candidats, déterminés à en finir avec eux. Dans le quartier Dabondy, un surveillant a été suivi et fortement bastonné par un candidat à tel point qu’il fut conduit au CHU Donka.

-Introduction de sujets traités dans les centres avec la complicité des agents de sécurité postés à la rentrée, des vendeuses, des surveillants et les chefs de centre ainsi que le laxisme des délégués, les groupes d’individus qui s’attroupaient au tour des centres, réussissaient à infiltrer des traités de sujets dans les salles de classe. Ce qui provoquait des mouvements de va-et-vient intempestifs dans les centres. Il est à signaler que les agents de sécurité étaient inégalement répartis dans les différents centres : tantôt on y voyait un, tantôt deux agents au niveau de certains centres. Dans tous les cas, les agents de sécurité comme les délégués faisaient preuve de laxisme, de laisser-faire. Notons que nous avons tenue compte uniquement des anomalies majeures et générales susceptibles d’entacher la crédibilité du baccalauréat 2017. Des cas mineurs tels le retard du lancement des épreuves dans certains centres, les discutions parfois houleuses entre les surveillants et les tentatives d’escalade des cours d’écoles et tant d’autres, n’ont pas fait l’objet d’analyse profonde. Nous avions également eu vent des cas de substitution de certains candidats normaux par d’autres personnes qui composeraient pour eux. Il en est de même pour le cas de versement d’argent à des surveillants par des responsables d’écoles privées. Néanmoins, ces derniers cas, comme les autres, font partie des vieilles pratiques qui gangrènent le système éducatif guinéen.

B- Recommandations : Pour pallier ou tout au moins, atténuer les anomalies compromettantes pour le système éducatif en général et, les examens nationaux en particulier, nous faisons les recommandations ci-après :

Ø Ouverture d’une enquête imminente pour situer les responsabilités Ø

-Création d’une force spéciale de sécurisation des examens

Ø Mise en place d’une commission spéciale indépendante d’observation des examens nationaux

Ø Appui institutionnel, technique et financier de la part du MEPU-EC et des partenaires au développement à l’endroit des ONG œuvrant dans le secteur éducatif

Ø Choix rigoureux des enseignants de l’élémentaire pour la surveillance du bac

Ø Renforcement de la rigueur et application stricte de la loi en cas de défaillance

Ø Augmentation significative des primes de surveillance des examens pour tous les acteurs impliqués

Ø Application rigoureuse des décisions interdisant les révisions nocturnes

Ø Choix des cadres compétents et intègres pour la gestion des examens

Ø Implication des médias dans le processus de crédibilisation des examens.

Principalement, ce sont les mêmes anomalies qui ont été détectées cette année encore par l’Observatoire Citoyen du Système Educatif Guinéen (OCSEG) et ses ONG partenaires. La nouveauté c’est la création de groupes Messenger et de Whatsapp par les écoles et autres acteurs de la fraude afin de faciliter la communication ainsi que la mauvaise préparation des examens session 2018. L’une des particularités de l’OCSEG résidait dans sa démarche qui consistait aussi à alerter le MENA par l’intermédiaire de son Secrétaire Général, Casimir DIAORA. Malheureusement, cette collaboration a été interrompue car, ce dernier nous a ouvertement demandé de ne pas déballer les résultats de nos enquêtes à la presse. En contrepartie, il nous a promis de l’argent et une collaboration future dont nous ignorons la nature. En guise de rappel, c’est à lui (Casimir DIAORA, Secrétaire Général du MENA) que Save My School avait remis son rapport en 2017 dans l’intention qu’il le transmettrait au ministre de l’époque, Ibrahima Khalil KONATE alias K2. Hélas ! Ce dernier, peu avant son départ du gouvernement, a indiqué qu’il n’a jamais vu le rapport en question. Ce qui revient à dire, très logiquement, que le problème principal auquel le système éducatif guinéen est confronté est celui lié aux hommes ; des cadres compétents, intègres et patriotes. Tant que ce problème majeur n’est pas résolu, le niveau de l’éducation en Guinée baisserait d’année en année. En attendant une audience prochaine avec le nouveau Ministre du MENA, Mory SANGARE, je me fais le devoir de rappeler ici, les recommandations de l’OCSEG suite à l’enquête que nous avons mené cette année sur l’ensemble du territoire national tout au long des trois examens (CEE, BEPC, Bac Unique) :

Ø Reprise de tous les examens de la session 2018 (CEE, BEPC, Bac Unique) ;

Ø Renforcer la sécurité dans les centres (3 voire 4 agents par centre) en fonction des centre et des niveaux ;

Ø Création et formation d’une unité spéciale de sécurisation des Examens ;

Ø Repérer et sanctionner les cadres du Ministère, les surveillants et délégués corrompus ;

Ø Ouverture d’une enquête sur la gestion des fonds alloués à l’organisation des examens et des cas de fuite de certaines épreuves ;

Ø Interdire les attroupements au tour des centres ;

Ø Respect strict de la rotation des surveillants (surveillance du primaire assurée par les enseignants du secondaire et vice-versa) ;

Ø Prendre toutes les dispositions nécessaires en matière logistique (cahiers de brouillon)

Ø Appui logistique et financier de l’OCSEG par le MENA et les PTF ;

Ø Accréditer l’Observatoire Citoyen du Système Educatif Guinéen (OCSEG) et les OSC évoluant dans le domaine de l’Education afin de mieux faire le travail pour des Examens Sains et Crédibles ;

Ø L’implication de l’Observatoire Citoyen du Système Educatif Guinéen (OCSEG) et les OSC évoluant dans le domaine de l’éduction dans le processus des examens en particulier, la lutte contre la corruption en milieu scolaire en général.

Ø Améliorer et payer à temps les primes des surveillants et des délégués ;

Ø Couper la connexion internet pendant les heures d’épreuves.

En somme, nous (organisations de la société civile) n’accepterons jamais de collaborer avec des cadres véreux ou de nous taire sur les problèmes qui gangrènent l’éducation guinéenne même au prix de tout l’argent du monde. Le MENA doit être bien assaini pour le débarrasser de ces cadres sans scrupule, corrompus jusqu’à la moelle. C’est ainsi qu’on pourrait aspirer à une refondation du système éducatif, gage de tout progrès.

Serons-nous entendus par les plus hautes autorités ? Wait and see !

Aboubacar Mandela CAMARA Sociologue/Enseignant-Chercheur Président de l’OCSEG Coordinateur de Save My School

Elhadj Mohamed Diouma Bah fondateur des établissements Bah-Kann « Notre objectif c’est de préparer nos enfants à la rude épreuve de la compétition dans un monde où les frontières sont entrain de disparaître. »

Le fondateur de l’IUHEG, institut universitaire des hautes études de Guinée se lance dans l’enseignement pré-universitaire. Elhadj Diouma dit le pourquoi dans cette interview qu’il a accordé à votre site.

www.laplumeplus.com: pour commencer pourquoi le nom Bah-Kann ?

Elhadj Djouma Bah : effectivement, nous venons de lancer les écoles Bah-Kann qui vont s’occuper de l’enseignement général de la maternelle au lycée. Le choix du nom Bah-Kann vient d’une longue amitié entre moi-même et mon collaborateur Monsieur Kann que j’ai connu au Japon en 1989. Et depuis nous avons une amitié qui va au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer. Nos familles vivent ensemble, nous travaillons ensemble. Tout ce que nous avons entrepris ensemble, nous le continuons ensemble jusqu’à nos jours. Pour le symbole de cette amitié, nous avons décidés de donner nos  noms de famille Bah-Kann à l’école. Cela pour perpétuer cette amitié à travers l’éducation, la formation pour que ce nom reste vivant à travers les générations à venir.

Donc c’est un établissement du pré-universitaire?

Exactement c’est l’enseignement général. C’est le pré-universitaire avec comme spécificité l’enseignement bilingue de la maternelle jusqu’au lycée. Les enfants vont travailler en français et en anglais quotidiennement.

Aujourd’hui les écoles privées ne manquent pas même avec le français et l’anglais. Qu’est-ce que votre école aura comme particularité ?

Les écoles Bah-Kann se veulent une école d’excellence où la culture du travail, l’amour de l’école, de la formation vont être les principaux facteurs pour les enfants. Notre objectif c’est de préparer nos enfants à la rude épreuve de la compétition dans un monde où les frontières sont entrain de disparaitre. Effectivement dans l’environnement de l’enseignement privé en général, notre école va trouver sa place à travers la qualité, la rigueur et l’excellence que nous allons imprimer au niveau de notre école.

La rentrée c’est en septembre, où en sommes-nous pour le recrutement des élèves et enseignants ?

L’école dans le cadre du processus de lancement de son programme a déjà mis en place des équipes pédagogiques qui ont en charge de recruter les enseignants et nous avons une équipe administrative qui est chargée du recrutement des élèves. Au niveau des enseignants, nous venons de procéder à une première évaluation des demandes de professeurs que nous avons reçus et ces demandes ont été passées au peigne fin. Ils ont passé un teste écrit et donc un lot a été retenu. Il y aura un deuxième teste pour voir les enseignants que nous allons sélectionner dans les différentes matières.  Au niveau du recrutement des élèves, nous avons passés des communiqués et les gens répondent tant bien que mal. Nous avons une équipe administrative qui travaille tous les jours de 8h à 17h au niveau du 1er étage.

Est-ce que vos coûts sont abordables pour les parents ?

Oui nous avons essayés de faire une étude comparative au niveau du marché. C’est vrai que notre école est de qualité tant au niveau du corps professoral qu’au niveau de l’immobilier et autres, cependant nous allons essayer de tenir compte de la situation des parents pour faire en sorte que la scolarité soit abordable.

Vous êtes aussi fondateur d’une université. Est-ce que le fait de se lancer dans le pré-universitaire n’explique pas en quelque sorte une certaine peur par rapport à la menace qui pèse sur l’enseignement supérieur privé ?

Non, vous faites une fausse analyse d’autant plus que la plupart des fondateurs d’universités privées ont commencé par l’enseignement général avant de créer ces universités. Nous, nous avons commencés par l’université et aujourd’hui que nous repartions vers l’enseignement général, cela n’a rien de grave. C’est tout à fait normal parce que c’est un cycle. Quand vous êtes à l’université, vous voyez le niveau des enfants, vous vous rendez compte que vous devez aller travailler à la base pour pouvoir améliorer systématiquement la qualité et la compétence de nos élèves pour qu’ils puissent arriver à l’université avec un niveau, un bagage intellectuel acceptable, capable de leur permettre de faire des apprentissages normaux.

Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé

Q&R : Le Sénégal accueille une mission de la NASA

Lecture rapide

  • MU69, un objet de la ceinture de Kuiper, est la cible de la mission New Horizons de la NASA
  • L’observation au Sénégal aidera à planifier l’approche de la sonde New Horizons
  • Les scientifiques américains espèrent un impact sur la recherche astronomique locale

Par: Ben Deighton

Une mission de 40 scientifiques de la NASA se rendra au Sénégal début août pour aider à la planification de la dernière étape de la mission spatiale New Horizons, visant à observer les planètes lointaines. Selon David Baratoux, le président de l’Initiative africaine pour les sciences planétaires et spatiales, elle renforcera également les bases de la science dans le pays.

Après avoir dépassé Pluton en 2015, la sonde New Horizons de l’agence spatiale américaine se dirige maintenant vers un objet de la taille d’une petite ville, connue sous le nom de MU69. Dans cette perspective, une équipe de la NASA se rend au Sénégal pour profiter de l’opportunité d’une occultation stellaire – en astronomie, phénomène par lequel un astre est masqué totalement ou partiellement par un autre astre qui passe entre celui-ci et l’observateur – qui lui permettra d’observer le MU69 à l’aide de puissants télescopes.

En plus de fournir des données précieuses sur la forme du MU69, la mission vise à établir des liens entre les astronomes de la NASA et les scientifiques du Sénégal, selon David Baratoux, qui s’est entretenu avec SciDev.Net, en marge d’ESOF 2018 (EuroScience Open Forum) à Toulouse, la semaine dernière (7 juillet).

Quel impact cette mission aura-t-elle sur la recherche ?

C’est une véritable collaboration entre les gens de la NASA, un groupe de huit astronomes français soutenus par le

Centre National d’Etudes spatiales (CNES) et … 21 scientifiques sénégalais qui participeront à cette observation. Chacun de ces scientifiques sénégalais aura la chance de rejoindre les groupes de la NASA et de participer aux sessions de formation qui auront eu lieu avant les événements à proprement parler. Il y aura deux soirées dédiées à la formation, afin qu’ils aient une chance de savoir observer l’occultation, et de plus, ils établiront des liens très étroits avec des confrères de la NASA. Nous espérons donc à partir de cette coopération pouvoir établir une collaboration à long terme entre les scientifiques sénégalais et les astronomes de la NASA.

“Cela peut être un tournant décisif dans une vie, que de participer, en tant qu’adolescent ou enfant, à un tel événement.”

David Baratoux, IRD, France

Vous êtes basé à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), en France. Quel est votre rôle dans ce projet ?

Je suis actuellement président de l’

Initiative africaine pour les sciences planétaires et spatiales, lancée en 2017, à l’origine pour démontrer qu’il y avait une communauté assez grande en Afrique, désireuse de commencer des recherches, des projets d’enseignement supérieur en astronomie et en sciences spatiales et planétaires. Nous voulions également démontrer qu’il existe un soutien international à cette idée [de promouvoir les sciences spatiales en Afrique], ce qui signifie qu’il y avait suffisamment de scientifiques dans le monde prêts à construire de nouveaux partenariats avec des collègues africains. Voilà où nous en sommes maintenant. Nous avons fait cette démonstration [du soutien aux sciences spatiales en Afrique ; nous avons plus de 20 organisations institutionnelles africaines qui ont approuvé l’initiative ; nous avons plus de 350 scientifiques individuels qui ont également approuvé cette initiative, la moitié d’entre eux venant du continent africain. Et nous organiserons un ou deux ateliers avant la fin de l’année, pour aider à définir la stratégie scientifique pour le développement de l’astronomie et des sciences spatiales et planétaires en Afrique.

À quoi ressemblera cette stratégie ?

La stratégie pour les sciences planétaires et spatiales en Afrique dépendra, bien sûr, des pays. Ce que nous aimerions voir, ce sont des projets basés sur l’expertise locale, les compétences, les installations locales. Par exemple, au Maroc, vous avez l’un des observatoires astronomiques les plus avancés du continent, à l’exclusion de l’Afrique du Sud. Donc, dans ce cas particulier, les astronomes marocains peuvent réfléchir à ce qu’ils aimeraient développer, en termes de recherche, avec ce qu’ils ont. Dans d’autres pays, ils ont des cratères d’impacts [Un cratère d’impact est la dépression de forme plus ou moins circulaire issue de la collision d’un objet sur un autre de taille suffisamment grande pour qu’il ne soit pas complètement détruit par l’impact, NDLR] potentiels, des météorites … D’autres pays pourraient vouloir accéder aux données de la NASA à partir de l’exploration du système solaire. Ils peuvent simplement utiliser leurs connexions Internet et ils sont qualifiés en géophysique, en télédétection, pour travailler sur ces données. Cela dépend donc vraiment de l’expertise locale. Nous espérons voir ce que les gens veulent faire et le faire correspondre avec des experts du monde entier.

Quel est le calendrier exact de l’occultation ?

L’occultation aura lieu dans la nuit du 3 août au 4 août. Elle se produira tôt le matin, avant le lever du soleil. Il y aura une éclipse lunaire juste une semaine avant, le 27 juillet, et certains scientifiques français et de la NASA seront déjà là pour la sensibilisation du public, profitant de cette éclipse lunaire. Il y aura des conférences et des événements liés à l’occultation.

D’où viendront les 21 télescopes ?

Environ cinq tonnes d’équipement sont en train d’être acheminées vers le Sénégal. Certains de ces équipements sont déjà arrivés, et d’autres seront en route cette semaine. Nous aurons donc 21 télescopes, plus des caméras, plus quelques équipements autour de ces télescopes. Nous utiliserons également 21 voitures pour disperser les télescopes à différents points d’observation. L’idée est de trouver le meilleur endroit pour observer, peut-être juste 24 heures avant l’occultation, parce que nous devons faire face à la météo. Au Sénégal, le mois d’août marque le début de la saison des pluies, donc ce sera un énorme souci de s’assurer d’avoir un ciel dégagé pour mener les observations. Nous comptons donc sur les prévisions météorologiques de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie (ANACIM) et nous nous assurons de sélectionner les 21 sites à la toute dernière minute pour déployer les télescopes.

Que se passera-t-il, une fois que ces observations auront eu lieu ?

Ce que j’espère, c’est que, comme nous avons [maintenant] un premier étudiant en doctorat en astronomie au Sénégal, [peut-être] qu’il y en aura d’autres. En ce moment, si vous voulez faire un doctorat en astronomie au Sénégal, il est difficile de trouver une supervision, donc la façon la plus simple de commencer quelque chose dans la recherche en astronomie est d’organiser une co-supervision des étudiants, ce qui implique une collaboration étrangère. En établissant de tels types de collaboration, nous aimerions offrir plus d’opportunités d’avoir d’autres étudiants doctorants en astronomie. Cela doit être fait, bien sûr, en coordination avec les projets du ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) du Sénégal.

Quelles seront les retombées du passage des scientifiques ?

Les 21 groupes d’astronomes qui seront dispersés dans tout le pays iront dans de petits villages [avec] des gens autour d’eux. Ce sera peut-être la première fois pour les enfants de voir des télescopes. Ils viendront et ils pourront partager, discuter avec les scientifiques. Ce que j’aime avec mes collègues américains, c’est qu’ils viennent vraiment dans l’esprit d’avoir un impact sur la science au Sénégal. Ils ne veulent pas simplement venir, faire de l’observation et repartir. Ils sont vraiment désireux de participer au développement de l’astronomie au Sénégal et ils sont prêts à partager cette expérience avec les gens. Cela peut être un tournant décisif dans une vie, que de participer, en tant qu’adolescent ou enfant, à un tel événement. Nous espérons donc que quelques enfants, voire quelques dizaines d’enfants décideront peut-être de devenir des scientifiques après cet événement.

Source: scidev.net/afrique-sub-saharienne

Qualification du système éducatif guinéen : un défi majeur pour nos autorités

L’objectif de ce travail est de passer en revue les défis majeurs du système éducatif national. L’essentiel des statistiques utilisés dans cette analyse proviennent essentiellement du rapport d’Etat sur le système éducatif national en mai 2018. D’autres données recueillies au sein des Ministères de l’Education Nationale et du Plan ont été également utilisées pour les besoins de comparaison.

D’entrée de jeu, il faut rappeler que le système éducatif guinéen est malade. Les maux qui le gangrènent sont aujourd’hui innombrables et concourent tous à sa détérioration progressive et profonde. Pourtant, Blaise Pascal Talla, célèbre journaliste de Jeune Afrique affirmait que « l’éducation est la clef du développement et le seul vrai remède contre la pauvreté ». Dans la même lancée, un autre penseur affirme « Tant vaut l’école, tant vaut la nation ».

Ces citations relancent à notre entendement le débat sur le système éducatif guinéen qui de nos jours demeure relégué au dernier plan par nos autorités. La preuve est que le taux d’alphabétisation se situe en moyenne autour de 40%. Ceci laisse entendre que le défi d’améliorer le système éducatif devrait être une préoccupation majeure de pouvoirs publics.

Toutefois, il convient de souligner une quasi-inexistence et∕ ou absence notoire de l’Etat guinéen au niveau du préscolaire. De nos jours peu d’écoles maternelles privées jouent pleinement leur rôle. Malgré les efforts fournis par ces écoles privées, bon nombre d’élèves arrivent à l’élémentaire avec un faible niveau. Ce n’est pas pour rien si les élèves d’aujourd’hui ont du mal à lire, écrire et compter en français.

Nonobstant, l’offre scolaire reste concentrée principalement dans 3 régions du pays que sont : Conakry 46%, Kindia 15% et N’Zérékoré 14%, soit un total de 75%. Ce qui veut dire que les autres régions du pays se partagent les 25% restants. Cette situation est à notre sens non seulement déplorable mais aussi et surtout inacceptable. 71% des écoles primaires sont situées en milieu rural contre 35 % d’établissement du secondaire. Ce qui constitue une source potentielle d’abandon des enfants en milieu rural à la fin de leur cycle primaire car, ils parcourent des kilomètres pour suivre les cours.

S’agissant de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, l’action de l’Etat reste et demeure encore très faible dans cet autre secteur. 80% des programmes enseignés ne sont pas en adéquation avec les besoins des entreprises. C’est ce qui d’ailleurs, explique le manque d’opportunités de stage et de formation continue des enseignants, de partenariat avec des entreprises…

Concernant le supérieur 61% des diplômés de l’enseignement supérieur contre 39% de ceux de l’enseignement technique et professionnel ne trouvent pas d’emploi. Cette situation s’explique en grande partie par l’insuffisance des ressources financières allouées au système éducatif.

De plus, la décision de nos autorités d’entrer dans le système LMD sans qu’aucune étude ne soit effectuée au préalable sur les tenants et aboutissants d’une telle mesure pose de nos jours problème. Force est de reconnaitre que dans ce système, centré essentiellement autour de la recherche, l’accès à la documentation de qualité est un défi majeur de la plupart de nos universités publiques et privées. C’est ce qui d’ailleurs complique la tâche des étudiants sur les travaux d’exposés mais aussi celles des profs pour les recherches. De plus, les livres coûtent très chers aux yeux des étudiants et enseignants.

Ce sujet reste entier et mérite d’être débattu par tous les guinéens. Notre rôle en notre qualité d’Economiste, enseignant chercheur est de faire un exposé succinct de la situation et, suivant notre niveau d’information afin, d’éclairer la lanterne des décideurs politiques et l’opinion publique sur les véritables enjeux des réformes à entreprendre dans ce secteur délaissé.

Pour remédier aux maux dont souffre notre système éducatif, nous proposons comme tout autre citoyen soucieux de l’avenir de notre pays, les solutions suivantes : i) réviser les textes régissant le système éducatif guinéen; ii) mettre en place un dispositif d’éducation gratuite et obligatoire pour les enfants de 4 à 18 ans ; iii) réduire progressivement la dualité existante sur l’offre scolaire ; iv) procéder à la formation des formateurs en vue de mettre fin à la corruption en milieu scolaire et universitaire ; v) Multiplier les centres de formation technique et professionnel ; vi) réserver à l’Etat le monopole de certaines formations (mines, environnement, Ingénierie, santé…) ; vii) renforcer la législation de l’enseignement privé en vue de diminuer systématiquement le nombre d’Universités privées en Guinée ; viii) mettre en place des bibliothèques et centres de lecture multiformes ; ix) créer un cadre national de certification et de valorisation des diplômes ; x) améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants ; xi) augmenter le budget alloué à l’éducation nationale ; xii) planifier et mettre en œuvre des plans de développement pluriannuels du secteur éducatif guinéen ; xiii) mettre en place un institut national chargé de la publication des statistiques fiables sur l’éducation : taux brut de scolarisation; taux d’achèvement cycle primaire et éducation de base ; taux de réussite aux examens nationaux et classe supérieure; ratio élèves/maître, élèves/classe, élève/manuels…

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Mamadou Safayiou DIALLO

Economiste, Enseignant-Chercheur, membre du CRED

Examens de sortie des écoles techniques et professionnelles : 94,45 % d’admis à Kindia

Les résultats des examens de sortie des écoles techniques et professionnelles sont désormais disponibles. Dans la région de Kindia on se frotte les mains avec un  taux de réussite régional de 94,45 %. Ces chiffres sont très réconfortants assure le directeur régional de l’enseignement technique, de la formation professionnelle, de l’emploi et du travail de Kindia.

Dans cette région ils ont été 1533 candidats à batailler et au finish, 1448 sont admis dont 903 filles soit un pourcentage de 94,45 %. Le directeur régional de l’enseignement technique, de la formation professionnelle, de l’emploi et du travail n’a pas caché sa satisfaction. Selon lui, de gros efforts ont été réalisés « je me réjouis de ce résultat, l’année dernière on avait 764 candidats et le taux d’admission régional était de 85,34%, mais cette année l’effectif a doublé et on a 1533 candidats dont 1448 admis soit 94,45%. C’est vraiment réconfortant. Et je remercie l’ensemble de mes collaborateurs et les enseignants. » Il a conclu en donnant des conseils aux admis et à ceux qui ont échoué : «  je félicite les candidats admis et je leur rappelle que nous sommes à leur côté parce que nous leur assurons la formation mais aussi nous les aidons dans la quête de l’emploi. Notre département a mis à leur disposition des maisons d’employabilité pour les accompagner et cela à travers l’AGUIPE. Les non admis, je leur dirai que ce n’est pas fini nous pouvons les reprendre l’année prochaine. Donc il faut qu’il ait le courage.  Ils vont devoir reprendre »

Le directeur national du service examen pour sa part précise que dans l’ensemble, le pays a présenté 13 mille sept candidats et  10 mille 359 ont obtenu leurs moyennes soit 79,64%. Sékou Camara reconnait tout de même qu’en 2017, le taux d’admission était supérieur à celui de cette année puisqu’il était de 82%.
Siba Toupouvogui depuis Kindia