ISIC de Kountia : les étudiants fustigent le retard des pécules

Après trois mois d’études, les étudiants de l’institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) de Kountia à l’image des autres étudiants des institutions d’enseignement supérieur publics de la Guinée ne sont pas encore entrés en possession de leurs bourses d’entretien. Une situation que dénoncent certains  parmi eux ‘‘il y a trois, voir près de quatre mois que nous n’avons pas perçu nos bourses. Imaginez ce que ça peut faire, et c’est avec ces bourses que nous parvenons à satisfaire nos petit besoins notamment le transport. Personnellement, aujourd’hui, j’ai des dettes qui dépassent ce que je vais percevoir au bout de ces trois mois’’ regrette Sâa Joseph KADOUNO étudiant de la licence 3 journalisme audio-visuel.

Robert  KATEBADOUNO  de la licence 2 journalisme quant à lui, attendait ces pécules dès après les congés de Pâques : ‘‘Beaucoup d’entre nous dépendent de ces bourses, on pensait qu’à  la reprise des cours  on pourrait les recevoir, mais jusqu’à présent le paiement n’est pas fait. Donc, l’impatience s’installe’’.

Pour sa part, le chef de la scolarité de l’ISIC, Ouo-ouo vieux KOLIE  avec qui nous avons pris langue a rassuré que les pécules des étudiants seront bientôt disponibles sans pour autant nous donner une date précise.

Face à cette situation, Félicité LAMAH, une autre étudiante  tire la sonnette d’alarme : ‘‘ Nous demandons à l’Etat de penser maintenant à nous, parce qu’il y a certains parmi nous qui logent loin et qui n’ont pas leurs parents ici. Ils ont besoin de cet argent, qu’il nous aide maintenant à avoir ces bourses d’études afin que nous puissions subvenir à nos besoins’’.

Il est  à noter qu’actuellement, certains étudiants sèchent les cours faut de transport et d’autres vont jusqu’à demander la fin du paiement trimestriel des bourses d’entretien.

Babanou CAMARA correspondant de laplumeplus.com à l’ISIC de Kountia

Université de Kindia : les cours perturbés ce lundi

Pour une nouvelle fois, rien ne va plus entre les enseignants de l’université de Kindia  et leur recteur. Les cours ont été perturbés ce lundi matin. Les principaux meneurs du mouvement qui sont les enseignants  accusent Docteur Jacques Kourouma de mauvaise gestion a constaté le correspondant de laplumeplus.com.

Mohamed Kaba secrétaire général du bureau Syndical l(SLECG) à l’université de Kindia évoque les raisons de cette grogne « le bus des étudiants ne circule plus. Il est acheté dans l’intention de faciliter la circulation des étudiants. Depuis plus de 4 mois, ce bus n’est pas opérationnel et aucun effort n’est fait pour satisfaire les étudiants. Il y a une vingtaine de professeur qui ne conjugue pas le même verbe avec le recteur qui ont été demis de leurs fonctions injustement. Ces gens-là sont remplacés par des licenciés qui n’ont aucune compétence.  Autres problèmes, nous constatons dans cette université, la promotion de la médiocrité. On ne fait aucun effort pour donner une formation de qualité aux étudiants. Avant, il y avait un contrat qui liait l’université et  le centre hospitalo-universitaire dans le cadre de la prise en charge sanitaire. Aujourd’hui, tout étudiant qui tombe maladie est obligé de se prendre en charge. Cette année seulement on a perdu 5 étudiants par manque de prise en charge » Daouda Soumah professeur de Droit nous a confié qu’il a été victime de mutation arbitraire.  Selon lui cette situation s’explique par sa participation au mouvement syndical. « J’ai été injustement et illégalement muté à l’université de Labé. Alors qu’au même moment, j’étais dans le mouvement syndical, je défendais le protocole signé entre le rectorat et les travailleurs. Après le conseil de l’université, le recteur a déclaré haut et fort, qu’il n’est pas prêt à exécuter ce protocole », a-t-il expliqué. Les étudiants quant à eux réclament aux protagonistes de privilégier le dialogue pour une sortie de crise a avancé cet étudiant  rencontré dans la cour «  Depuis le matin, nous chômons. Nous, nous demandons l’entente entre eux pour notre formation ». Cet autre renchéri: « venir à l’école sans cours au retour des congé, c’est très difficile. Cela ne peut pas nous encourager. Ça nous empêche d’évoluer. On leur demande le dialogue pour une sortie de crise».  Le Recteur Docteur Jacques Kourouma a refusé  de se prêter à toutes questions des journalistes.
Siba Toupouvogui depuis Kindia

JCI: Aminata Barry et Moussa Dioumessy, lauréats du concours oratoire et débat

L’université Nongo Conakry (UNC) a abrité le 14 avril, la finale de la huitième édition du concours national d’art oratoire et débat. Il a mis aux prises, les différentes branches de la JCI, jeune chambre internationale.

Le thème de cette année a porté sur « la capture du dividende démographique, l’alternative pour une Guinée meilleure. » Par définition, le dividende démographique correspond à la croissance économique potentielle liée à l’évolution de la pyramide des âges d’une population, principalement lorsque la proportion de la population active (15 à 64 ans) est supérieure à celle des personnes n’étant pas ou plus en âge de travailler.

Avant le lancement des hostilités, c’est Maurice Théa de la commission d’organisation qui a pris la parole pour signaler que cette compétition vise à susciter la prise de parole chez les membres de la JCI. Il a fait savoir que les vainqueurs représenteront la Guinée du 9 au 12 mai prochain au Benin au concours de la zone Afrique/moyen orient.

De son côté, Destin Lawanou, au nom de la représentante de la CEDEAO en Guinée, a rappelé l’importance que le dividende démographique occupe au sein de l’organisation ouest-africaine. Pour lui, le présent concours va améliorer le niveau des membres de la JCI.

Mouctar Diallo, président national de la JCI, a tenu à préciser que huit organisations locales membres étaient en compétition. Il a noté que les candidats pouvaient ne pas aimer les thèmes de la compétition liés à la Guinée et à l’Afrique, mais qu’ils étaient obligés de les défendre.

Les joutes ont débuté par l’art oratoire. Huit candidats  dont des étudiants sont passés devant le jury. Chacun a eu droit à sept minutes de parole pour se prononcer sur la nécessité de maitriser la démographie pour qu’elle puisse être source de la croissance économique.

Les équipes suivantes se sont mesurées : JCI Conakry-Trésor, Conakry-Renaissance, Conakry-Elite, Conakry-universitaire-trésor, Conakry-excellence, Coyah  avenir, Conakry-Leaders et Dubréka-Racine.

Parmi les candidats qui ont retenu l’attention de l’auditoire, Camara Naby Laye de Conakry renaissance. Dans son intervention, il a mis un accent particulier sur la création d’emploi avant d’ajouter que le dividende démographique est une opportunité éphémère qu’il faut saisir. Les filles se sont particulièrement distinguées. Bah Kadiatou de Conakry universitaire trésor, Camara Fatoumata Souleymane de Coyah avenir, Aminata Barry de Conakry leaders et Barry Aïssatou de Dubréka racine, ont mis en garde contre les mariages précoces ou encore l’exode rural. Elles ont insisté sur la promotion de la bonne gouvernance, la distribution équitable des richesses et le renforcement du système éducatif.

Après la délibération du jury, la candidate de la JCI Conakry Leaders Aminata Barry a été élue meilleure oratrice.

Aminata Barry meilleure Oratrice de jci conakry leaders

Pour ce qui est du débat, différents thèmes ont été communiqués aux compétiteurs. Ils ont tourné autour de l’ethnocentrisme en Guinée, le développement durable, la démocratie…

Après  le premier tour, quatre équipes sont passées à la demi-finale: la JCI Universitaire Conakry Trésor était face à la JCI Coyah Avenir. L’équipe de la JCI Coyah Avenir est sortie vainqueur; la JCI Conakry Trésor s’est mesurée à la JCI Conakry Leaders et c’est la JCI Conakry Trésor qui a remporté la manche.

Moussa Dioumessy meilleur débatteur venant de l’équipe de jci Conakry Trésor

A l’issu de la finale entre la JCI Conakry Trésor et la JCI Coyah avenir, est sortie vainqueur la JCI Coyah Avenir. Et le meilleur débatteur a été Moussa Dioumessy de la JCI Conakry Trésor. Plusieurs des candidats sont des étudiants surtout en médecine.

Mamadou Samba Sow

 

Interview : Elhadj Djouma BAH, fondateur de l’IUHEG, institut universitaire des hautes études de Guinée « Faites confiance à l’école guinéenne, travaillez fort. Il n’y a pas de mauvaise école, il y a un mauvais apprenant. »

Elhadj Djouma BAH, est le fondateur de l’institut universitaire des hautes études de Guinée. Il a reçu l’équipe de laplumeplus.com pour aborder plusieurs questions liées à l’enseignement supérieur guinéen. L’IUHEG qu’il dirige fait aujourd’hui parti des plus grandes institutions privées du pays. Lisez plutôt !

Laplumeplus.com : pour commencer, retracez-nous votre parcours

Elhadj Djouma BAH : je suis fondateur de l’institut universitaire des hautes études de Guinée et des écoles Bah-Kann. Je suis diplômé, ingénieur agronome de formation. Depuis vingt ans je suis dans le business, donc je suis un homme d’affaire. J’ai été formé d’abord en Guinée jusqu’au niveau du bac et après j’ai fait la fac des sciences agronomiques de Pita, j’ai fait un peu Faranah avant de bénéficier d’une bourse d’étude supérieure en république populaire démocratique de Corée qu’on appelle communément Corée du nord. Après j’ai fait des études postuniversitaires au Japon à l’université Tsukuba avant de revenir m’installer à Hongkong pendant un an où j’ai fondé une entreprise qui s’appelait Afrique-Asie import export. Je suis rentré définitivement en Guinée en 1994 et j’ai ouvert depuis, plusieurs entreprises : les établissements Bah-Kann, Afrique-Asie-Import-export, la société guinéenne de transport et de commerce, les sociétés Diallo-Bah-Kann (une société de transport des produits pétroliers) et depuis 2008, je suis dans l’éducation. J’ai fondé cette université qui fêtera le 18 octobre 2018 ses dix ans  d’existence.    

Quelle est l’origine de l’IUHEG, en clair comment l’idée vous est venue ?  

Elhadj Djouma BAH : En tant que citoyen de ce pays, j’ai toujours eu dans ma tête l’idée de contribuer au développement social et économique de notre pays. Et comme vous le savez, l’éducation et la formation c’est la base de tout développement.   Alors j’ai estimé que je dois beaucoup à mon pays, celui qui m’a formé, qui m’a offert la possibilité d’aller à l’extérieur. Malheureusement à mon retour je n’ai pas pu travailler dans l’administration publique pour restituer le peu qu’on m’a donné. Et donc j’ai estimé que j’avais une dette que je devais payer et la meilleure façon à mon sens de la payer c’est de contribuer à la formation des jeunes guinéens pour qu’ils soient utiles à la nation, qu’ils soient utiles à leurs familles, à eux mêmes. Voilà l’origine, l’idée, d’où est partie cette aventure. Je me réjouis de participer tant soit peu à la formation des jeunes guinéens qui à leur tour sont aujourd’hui dans beaucoup de secteurs, dans beaucoup d’entreprise qui feront de leur mieux pour participer au développement de notre pays.

La création de l’IUHEG est-elle personnelle ou collective ?

Elhadj Djouma BAH : Dans le cadre de la création d’entreprises, je travaille toujours avec des collègues. Je n’aime pas l’isolement. J’ai un collaborateur, un ami que j’ai connu au Japon en 1989 et depuis nous sommes resté de très bons amis et le destin a voulu que nous soyons de très bons partenaires dans le business. C’est donc avec lui, avec plaisir d’ailleurs que nous avons fondés tout ce que nous avons fait à date. Il est à part entière fondateur de cet institut, il s’appelle monsieur Ibrahima Kann, il est guinéen aussi. Il a fait ses études en Egypte, le hasard du destin nous a tous conduits au Japon, on s’est retrouvé là. Donc je travaille avec lui.

Comment se présente l’institut universitaire des hautes études de Guinée en termes d’effectifs, de personnel ?  

Elhadj Djouma BAH : L’institut universitaire des hautes études de Guinée est créé dans le cadre de l’amélioration des conditions d’études de nos jeunes et les conditions de l’enseignement pour nos professeurs. Nous comptons quatre facultés : la faculté des sciences économiques et de gestion, la faculté des sciences et des nouvelles technologies, la faculté des lettres et sciences humaines et la faculté de droit (sciences juridiques et politiques). Aujourd’hui, nous avons un effectif qui tourne autour de 650 étudiants au niveau de la licence. Nous avons aussi greffé à l’institut universitaire des hautes études de Guinée, l’école professionnelle et technique Bah-Kann qui forme aussi dans des domaines de la gestion, de l’informatique, du bâtiment, de la plomberie et cet institut aussi compte 250 étudiants. Donc nous tournons autour de mille étudiants, l’université et l’enseignement professionnel réunis.

Comme je vous l’ai dit en introduction, nous avons décidés il y a deux ans d’étendre notre formation au niveau de l’enseignement général. Nous sommes entrain de finir la construction des bâtiments et leur équipement et nous comptons par la grâce du tout puissant ouvrir cette école au début de cette année. Elle s’appelle les écoles Bah-Kann pour symboliser toute l’amitié qui me lie à mon ami. Nous avons donné le nom à nos familles. Au-delà, c’est un symbole d’amitié, un symbole de réussite, de confiance mutuelle. Nous voudrions que cela se traduise dans l’enseignement, la formation de nos jeunes enfants. Nous allons démarrer de la maternelle au lycée.

Bâtiment principal de l’IUHEG, Institut universitaire des hautes études de Guinée

Au-delà des bâtiments, est-ce que votre établissement dispose d’équipement car souvent on reproche aux écoles guinéennes de n’avoir que des bâtiments et tables-bancs ?  

Elhadj Djouma BAH : L’éducation repose sur plusieurs secteurs. Il y a le cadre, les infrastructures, les équipements, les ressources humaines. L’un sans l’autre, c’est difficile. De tout cela, les ressources humaines sont les plus importantes. Notre stratégie c’est de recruter le maximum de formateurs pétris de compétence et de pédagogie et d’avoir les outils et les équipements nécessaires pour accompagner les enseignants. Et aussi d’avoir un cadre convivial pour permettre aux apprenants et à ceux qui leur dispensent les cours de travailler dans un environnement propre, idéal et comme tous les étudiants du monde. Naturellement nous comptons des laboratoires, des salles d’informatique, nous avons le mobilier qu’il faut. Nous n’avons pas la prétention d’avoir tous les laboratoires, mais nous nous inscrivons dans cette logique là. Cette année nous avons consacrés de gros efforts à l’amélioration du cadre infrastructurel. Nous venons d’entamer l’équipement de ces nouvelles infrastructures et la troisième phase sera celle qui va nous permettre d’avoir les laboratoires, les supports de la formation pour faire en sorte que les enfants guinéens se retrouvent dans le même cadre que les enfants sénégalais, ivoiriens, français, canadiens pour briser si vous voulez ce complexe d’infériorité par rapport aux autres pays.

Justement vous avez une expérience en dehors de la Guinée. Est-ce que vous mettez cet atout là en valeur pour que l’IUHEG soit en contact avec d’autres universités. Vous avez parlé du Japon, pays dans lequel vous avez séjourné, tout comme Hongkong. Le contient asiatique est en plein essor en terme de sciences, de technologie. Est-ce que vous avez pensés à cet aspect ?

Elhadj Djouma BAH : Naturellement dans le cadre de la gouvernance universitaire, il y a un volet qu’on appelle partenariat. Notre institut a tout d’abord pensé au partenariat sud-sud. Nous avons entrepris des démarches, nous avons conclu des partenariats avec une université du Maroc, nous sommes en contact avec des écoles et universités au Sénégal. Nous avons signés un partenariat avec BEM-Bordeaux qui forme dans le management. Nous avons envoyés des étudiants pour le postuniversitaire pour le master. Nous avons voulu délocaliser avec cette école des programmes de master ici en Guinée. Nous avons des contacts informels avec l’université Cheikh Anta Diop. En ce qui concerne l’Asie, nous sommes entrain d’explorer. Nous sommes intéressés par des pays comme l’Inde qui est un pays en voie de développement, très avancé en technologie. Mais au-delà, il faudrait que les guinéens comptent sur eux d’abord.  Si nous avons les infrastructures, les équipements, nous avons aussi des talents, des bons professeurs. Nous pouvons par nous-mêmes commencer à évoluer en faisant la recherche, en faisant de la publication, des inventions. L’Asie y est arrivée juste après la deuxième guerre mondiale. Il n’y a pas de raison que l’Afrique n’y arrive pas si elle met l’ensemble de ses forces au service de la science et de la technique.

L’autre aspect porte sur les relations entre l’Etat et les universités privées. Le gouvernement a décidé de ne pas orienter des étudiants dans le privé. Plusieurs institutions d’enseignement sont menacées alors que vous, vous êtes entrain de procéder à une extension de votre université. Cela veut dire que vous n’êtes pas sous menace ?

Elhadj Djouma BAH : Je ne sais pas qu’est-ce que vous appelez menace. Mais nous pensons que nous ne sommes pas menacés. Nous avons eu une relation de coopération avec le gouvernement guinéen qui a un moment donné estimé qu’il avait besoin d’utiliser les services de l’enseignement supérieur privé pour encadrer les jeunes bacheliers. Cette année comme vous l’avez dit ça n’a pas été le cas. Pendant plusieurs années ça été systématique. Tous les admis au baccalauréat étaient orientés au public ou au privé. Le gouvernement pour des raisons qui lui sont propres a décidé cette année de ne pas orienter. Nous avons été informés tardivement. Ça nous a pris au dépourvu. Il y a eu un comportement que nous n’avons pas bien apprécié, c’est la façon dont ça été mené. Sinon dans tous les pays du monde, le privé ne compte pas que sur la subvention de l’Etat pour survivre. Cependant, nous souhaitons que ça soit dans un cadre défini, concerté entre l’Etat et les universités parce que comme vous pouvez le savoir si par exemple au cours d’une année vous avez trente mille admis au bac et que les besoins nationaux et les capacités d’accueil de nos universités publiques ne peuvent encadrer que vingt mille étudiants, vous aurez naturellement dix mille qui vont rester. Nous pensons que ces dix mille constituent un vivier à partir duquel les universités privées vont recruter. Mais si l’Etat décide de facto d’envoyer tous les admis dans les universités publiques, en ce moment nous appelons cette politique là, une politique qui vise l’extinction des universités privées toute chose qui ira contre le gouvernement parce que dans tous les pays libéraux du monde, l’Etat n’a pas vocation à assurer à 100% la formation de tous les jeunes de la nation. Vous le connaissez au tant que moi, si aujourd’hui il n’y avait pas d’écoles privées dans le système de l’enseignement général dans notre pays, beaucoup de nos enfants seraient dans la rue sans éducation. Grâce aux initiatives privées, à l’existence des école privées, aujourd’hui tous les enfants dans tous les quartiers peuvent aller à l’école et donc avoir un minimum d’éducation pour leur avenir.

Un message particulier à tous ceux qui vont vous lire et surtout aux étudiants et encadreurs de cet institut

Elhadj Djouma BAH : Aux responsables et au personnel de l’institut universitaire des hautes études de Guinée, je voudrai leur dire grand merci pour le soutien et la qualité de l’enseignement qu’il ne cesse de déployer en faveur de nos étudiants, c’est extrêmement important. Sans eux, on ne serait pas là. Aux étudiants et étudiantes qui nous ont fait confiance pendant toute cette période, je voudrai leur dire grand merci. Je voudrai qu’ils continuent à croire aux initiatives privées de notre pays, qu’ils continuent à croire à l’école privée, à croire à l’institut universitaire des hautes études de Guinée, nous serons là sans démagogie pour les accompagner afin de leur donner une formation qui leur permettra de prendre part à des compétitions avec tous les autres jeunes venus de tous les autres horizons. Vous le savez et je ne le note avec satisfaction, nous avons eu des étudiants qui sont allés en compétition sous-régionale et qui sont revenus avec la coupe. C’était à l’actif de tout le système éducatif de notre pays parce que tout le monde qualifie le système guinéen de médiocre par rapport aux autres. Cependant, ces jeunes sont allés, ils ont montré de quoi ils étaient capables.   Aujourd’hui, les trois sont en France. Le ministère nous a accordé un appui financier pour leur permettre d’aller. Ils sont allés pour une formation de six mois qui sera sanctionnée par une attestation. Ils vont revenir continuer le cycle. Je pense que ce sont des efforts encourageants. Nous avons aujourd’hui beaucoup de nos jeunes qui travaillent dans les entreprises privées. J’ai des retours qui ne sont pas mauvais qui disent que les enfants sont bons. Je voudrai que les jeunes croient en eux, qu’ils continuent à travailler correctement. Le reste viendra. Personnellement, j’ai été formé jusqu’au niveau universitaire ici en Guinée. Je suis allé  en Corée du nord comme je vous l’ai dit, j’ai étudié avec des gens venus de tous les autres pays, nous n’étions pas les moins brillants non plus. Je pense que nous devons croire en nous-mêmes, à nos forces, à nos valeurs. Faites confiance à l’école guinéenne, travaillez fort. Il n’y a pas de mauvaise école, il y a un mauvais apprenant. Apprenons très bien, prenons notre destin en main et puis l’avenir nous réserve des merveilles.

Laplumeplus.com : Monsieur Bah, merci !

Elhadj Djouma BAH : C’est à moi de vous remercier !                     

Interview réalisée par Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé                 

Jeux universitaires de Guinée : vers le lancement de la 4eme édition

La direction des sports universitaires a conféré ce mercredi avec la presse à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia autour de l’organisation de la quatrième édition des jeux universitaires de Guinée.

La compétition qui verra s’affronter les établissements publics et prévis est prévue du 21 avril au 3 mai 2018. Maurice Togba Haba, directeur des sports universitaires a donné les détails liés au tournoi « toutes les universités privées vont prendre part à la compétition. Avec les compétitions préliminaires, elles ont une poule de cinq universités. Mais vu qu’elles sont plus que 5, beaucoup vont manifester le désir de participer à nos activités. Donc on va organiser un tour éliminatoire qui va aider la direction à constituer les cinq équipes des universités privées.  Dès le 9, il y aura le tour éliminatoire des universités privées jusqu’au 12. Entre le 12 et le 21, nous allons organiser le lancement de cette 4eme édition qui sera présidée sans doute par notre ministre. »

Il a ajouté que les universités sont reparties en zone. La zone 2 compte Kindia, la zone 3  Kankan et Conakry est la zone 1. Dans la capitale, les stades de Sonfonia et Kabinet Kouyaté de Matoto sont retenus pour les matchs.

Dr Daniel Lamah, secrétaire général de l’université de Sonfonia, est revenu sur la place du sport dans l’enseignement supérieur « le sport, les arts et la culture, ont une très grande importance à la fois dans l’éducation et la formation  citoyenne et le développement de la nation. Je vous invite à beaucoup plus de concentration pour une bonne planification des activités. »

Les autorités accordent de l’importance aux jeux qui s’ouvrent dans quelques semaines. C’est pour cette raison que la sécurité constitue une des priorités. Colonel Patrice Doré responsable de la sécurité des jeux prévient « cette fois-ci j’ai été mandaté par les ministres de la sécurité et de l’enseignement supérieur de veiller sur le tournoi universitaire de cette année. Parce que nous devons aller à l’extérieur. Si nous faisons bien les choses, nous serons bien représentés. Je dis à tous les cadres techniques et aux directeurs des sports universitaires privés et publics, cette fois-ci nous n’allons pas tolérer les fautes. Tout directeur des sports universitaires qui va se hasarder à faire jouer des mercenaires sera poursuivi et arrêté. Je demande à tous les cadres de mettre des dossiers propres sur le terrain. Je veux que nous commencions bien et que nous terminions bien».

Chaque université participante devra mettre la main à poche en déboursant la somme de 500.000 francs guinéens.   Précisons que la Guinée est appelée à participer en juillet prochain aux jeux universitaires africains prévus en Ethiopie.

Mamadou Samba Sow 

Finale concours national d’éloquence : l’université de Sonfonia s’impose

La finale de la première édition du concours national d’éloquence s’est déroulée ce samedi dans la salle Malick Condé de l’université Kofi Annan. Après la prestation des sept candidats, l’université Général Lansana Conté de Sonfonia a occupé le haut du podium.

Ibrahima Sory Kaba de l’université Général Lansana Conté  a raflé  le premier prix. Il est suivi de près par Oumou Salimatou qui occupe la 2eme place et qui fait la même institution que lui. Mohamed Zawad Kouyaté de Koffi Annan est troisième. Karomoko Kaba, de La Source arrive 4eme, Amadou Tanou Bah de l’UGLC de Sonfonia occupe la 5eme place, Tidjane Bangoura de l’UNIC  est 6eme et Ibrahima Sory Bangoura de Kofi Annan ferme la marche en occupant la 7eme place.

Le président du jury, Boubacar Yacine Diallo, journaliste a apprécié le niveau des candidats: « j’ai été fortement impressionné par la qualité des prestations tant du point de vue de la forme que du fond. Et j’ai acquis la certitude que contrairement à ce qu’on peut dire, notre université est entrain de bien former ses étudiants. Il y avait dix critères. Nous avons appréciés les prestations vestimentaires, les gestes et puis le timbre. Tout ce qui peut entrer en ligne de compte dans l’appréciation d’une prestation. Je voudrai signaler que les sujets étaient d’actualité, sur l’immigration, sur le rôle de la femme dans la société. Les organisateurs ont eu le mérite d’avoir lancé un concours qui va se répandre comme une traînée de poudre et j’espère tout simplement que les responsables des universités vont accorder plus de crédits à ce concours là. J’ai vu l’effort que les candidats ont fait et ils étaient tous bons. »

Ibrahima Sory Kaba de l’université Général Lansana Conté, lauréat du premier prix n’a pas caché lui aussi sa satisfaction « je suis émus, non seulement par le fait que j’ai reçu ce prix mais aussi par la présence du public. Je crois que c’est une aventure qui vient de commencer. J’ai tout simplement travaillé. »

Oumou Salimatou, unique fille du lot a bataillé dur pour obtenir cette place « c’est un sentiment de joie. Je remercie toutes les personnes qui m’ont soutenu, accompagné jusque là. J’encourage la structure qui a organisé cette compétition et je dis félicitation à tous les autres parce que ça n’a pas été facile. Je me suis donné à fond. »

De son côté, Karfalla Aminata Condé, président de l’agence Rapide communication, structure qui a piloté le concours ne compte pas baisser les bras   « en Guinée, les jeunes ont besoin de s’exprimer, ils ont d’ailleurs ce mal là. Pour guérir ce mal, on a créé cette plateforme avec pour slogan ‘’démocratisons le parler en public’’. Il y a eu trois tours avec 20 candidats venus de 11 universités. Dès l’année prochaine si le ministère met le paquet, nous irons dans toutes les autres universités. »

Mamadou Samba Sow

Kindia : l’université s’engage à lutter contre l’immigration clandestine

Cette initiative est des autorités  de l’université de Kindia en collaboration avec l’observatoire des enseignants sur la question migratoire. Sous la haute Présidence du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, la cérémonie de sensibilisation a démarré par une prestation artistique. L’immigration clandestine est devenue de nos jours,  une  question de société qu’il faut combattre pour que  la Guinée affiche une bonne image auprès des organisations internationales.  A la question de savoir pourquoi le choix de l’université de Kindia pour la tenue de cette conférence sur le thème ‘’immigration clandestine quel danger pour la jeunesse guinéenne’’, Docteur Mamadou Dendé Diallo conférencier répond « Nous avons constaté que la jeunesse guinéenne est de plus en plus victime de ce fléau, notamment les étudiants, les  élèves, ceux-là qui vont faire la relève demain.  C’est ce constat amer qui a fait que nous avons voulu faire cette conférence pour éviter désormais aux autres de partir. Il y a certains qui partent  parce qu’ils ne savent pas le danger qui est lié à ce voyage. Nous avons voulu  les heurter dans
leurs consciences, sensibiliser nos étudiants à se former et à travailler. Créer l’emploi sur place, et réussir sur place », déclare t il
De son côté, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique Abdoulaye Yéro Baldé s’est réjoui d’une telle organisation.  Tout de même, il a mis l’accent sur la formation de la jeunesse et son employabilité qui peut être  un frein à la migration. « Nous pensons que la formation est un levier pour lutter contre l’immigration clandestine. Notre préoccupation est l’adéquation de la formation en place. Offrir des opportunités aux étudiants, et créer aussi des centre où il y a de l’opportunité d’aider les étudiants à pouvoir créer leur propre emploi », a-t-il dit.

Abdoulaye Yéro Baldé ministre de l’enseignement supérieur guinéen

Ils sont nombreux ces jeunes, qui prennent le chemin de l’Europe en passant par le désert et la Méditerranée dans l’intention de découvrir un monde meilleur.   Beaucoup y laissent leur vie. D’autres par contre, après des mois de cauchemar, regagnent  finalement le bercail. C’est le cas de Benne Daouda Soumah, il est aujourd’hui étudiant à Kindia. « J’ai décidé de rester en Guinée. On n’aura rien chez les autres que nous n’avons pas ici. Je conseille à mes amis d’œuvrer pour l’émancipation de la Guinée. Car on ne peut pas se développer sans les jeunes. Dieu nous a tout donné ici, ce merveilleux ce pays. L’aventure est très dangereuse pour la jeunesse. Moi particulièrement, j’ai envie de retourner sur de nouvelles bases. Je veux continuer mes études. Je vais aussi m’engager à lutter contre l’immigration clandestine », promet-il. Il faut rappeler que vers la fin de 2017, la télévision américaine CNN,  avait montré des images de plusieurs jeunes africains vendus comme esclaves dans des marchés libyens. Cette triste réalité qui est était connue déjà a choqué l’opinion.
SIBA TOUPOUVOGUI

Industrialisation de la Guinée : Guinean Young professionals pose le débat

Guinean  Young professionals  Club (GYPC), un club de jeunes professionnels impliqués dans l’amélioration du climat des affaires en  Guinée est à l’origine de cette rencontre. Elle a réuni des experts nationaux, internationaux, ministres et anciens ministres à Sheraton Hôtel de Kipé.
Pour cette deuxième édition, le thème choisi est: comment faire du pays un champion industriel ?
Baba Hady Thiam président du club est revenu sur le choix du thème: « la Guinée à la date d’aujourd’hui pour de multiples raisons est très en retard pour son industrialisation. Au-delà de cela, cette conférence est l’opportunité de se projeter vers l’avenir sur le long terme voir ce qu’on peut envisager comme réformes, comme stratégies pour faire du pays un champion industriel. »  Il est pourtant clair que tous les pays développés sont passés par l’industrialisation, et la Guinée comme scandale géologique et château d’eau de l’Afrique de l’ouest affiche des opportunités, mais il lui faudra des experts. Ansoumane Bérété, Représentant pays de l’organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) « Pour que la Guinée soit championne industrielle, il faut qu’elle se créée des champions Industriels. »

Baba Hady Thiam président du club

Le développement industriel nécessite une forte mobilisation de ressources humaines qualifiées, une tâche difficile qui demande une collaboration entre le système éducatif guinéen et les industriels. Madame Djenab Camara chef de cabinet au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique cite les opportunités à exploiter par des établissements comme l’Institut des mines et Géologie de Boké « Nous demandons aux miniers d’utiliser cette institutions comme la leurs, de s’impliquer pour s’assurer que l’étudiant qui sort de l’Institut des mines de Boké répond à leurs besoins. De s’impliquer pour doter l’infrastructure de laboratoire pour que l’étudiant sort opérationnel ». En termes d’infrastructures, elle déplore la situation que traverse l’étudiant « le malheur que nous avons, il y a des étudiants qui sortent de cette institution qui n’ont jamais touché un matériel, qui n’ont jamais été dans un laboratoire. » Le ministère envisage d’autres réformes pour faire du pays, un champion industriel « il y a un aspect important que nous envisageons, l’entrepreneuriat. Nous voulons donner la chance aux étudiants parce que nous ne voulons pas seulement former des salariés mais aussi développer des compétences pour que nos étudiants au niveau même des universités créent des business. »

                            Mamadou Bhoye Barry étudiant en licence 2 langue française à l’ISSEG