Université de Kindia: vive tension lors d’une passation de service

La passation de service entre des cadres de plusieurs départements de l’université de Kindia s’est déroulée ce jeudi 21 juin dans une ambiance électrique a constaté le correspondant de laplumeplus.com sur place.

La décision portant nomination de la nouvelle équipe de l’université n’est pas du goût de tous les enseignants. Pourtant, selon nos sources, elle émane du ministère de l’enseignement  supérieur et de la recherche scientifique. Lors de la cérémonie, les cadres sortants se sont catégoriquement opposés à la décision. Ils estiment que le moment est mal choisi.  Selon eux, actuellement ils sont entrain de régulariser les différentes notes des étudiants.  Les remercié ont même qualifié le recteur de médiocre. Aboubacar Sidiki Traoré chef du département sciences et langages exprime sa désolation « j’ai été demi de mes fonctions à  moins de 10 jours de la fin de l’année universitaire. Je suis étonné que je travaille pendant 11 mois 20 jours et à la dernière minute qu’on me fasse cela. Actuellement je suis entrain de calculer les notes des étudiants de la première et de la deuxième année et on vient me surprendre avec une décision de mutation alors que moi j’ai été muté ici par un arrêté ministériel par nécessité de service sinon je suis professeur de lycée et je suis très fier de l’être. Lui-même le recteur, nous avons étudié dans la même école normale supérieure de MEKNES (Maroc). Puisque je n’ai pas accepté de me soumettre à sa volonté c’est pour cette raison qu’il veut me créer des problèmes ».

Seydouba Camara, secrétaire des facultés des langues et lettres fait parti du groupe d’enseignants demis de leur fonction. Il aborde dans le même sens que son prédécesseur « on prend plus de 40 enseignants on les mute ailleurs.  On les démet de leurs fonctions sans nécessité de service.  Nous sommes à moins de dix jours de la fermeture, nous avons la situation pédagogique et administrative de nos étudiants. Nous sommes entrain d’enregistrer et de calculer les notes. Ceux qui rentrent ne connaissent pas la situation pédagogique et administrative » a t-il déploré.

Au cours de cette passation de service, le recteur Dr Jacques Kourouma a réitéré l’engagement du gouvernement à ne pas consommer la médiocrité dans les institutions de la république. Pour le recteur, cette décision est l’œuvre du département de l’enseignement  supérieur à travers un arrêté.

L’acte des autorités précise que Kéa Touaro précédemment enseignant chercheur à l’université de N’zérékoré est nommé vice-doyen chargé des études de la faculté des langues et lettres de l’université de Kindia. Il est tout heureux « C’est un sentiment de joie, parce que la passation qui vient d’être amorcée est  un bon départ puisque la première phase consistait à nous informer de prendre connaissance du contenu de la décision du ministre de l’enseignement supérieur. »

Siba Toupouvogui depuis Kindia

 

Professeur Sidafa Camara, directeur général de l’ISAG : « l’ISAG n’est pas seulement une affaire de tam-tam, de balafon, de guitare, mais il y a un fonds culturel ici. »

Parcours : l’actuel directeur général de l’institut supérieur des arts de Guinée est un professeur des universités en géographie. Il a fait ses études à l’université de Kankan et de Conakry avant d’aller se spécialiser en population et développement au centre démographique des Nations-Unies à Bucarest. Cette formation a abouti à un diplôme d’étude spécialisée. Ce diplôme l’a conduit en thèse à l’université d’Etat de Leningrad aujourd’hui université de Saint Petersburg (Russie) où il a passé cinq ans de préparation de thèse qui s’est terminé en 1987. Depuis cette date il enseigne. Professeur Camara a fait ses débuts à l’université Gamal Abdel Nasser où il a exercé les fonctions de vice-doyen de la faculté des lettres et sciences humaines pendant 11 ans. Il sera par la suite muté à l’université Julius Nyéréré de Kankan comme vice-recteur chargé de la recherche. Sur place, il servira pendant sept ans. Après les sept ans, il se retrouve à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia en tant que doyen de la faculté des sciences sociales de 2008 au 15 janvier 2018. Et depuis le 15 janvier 2018, il assure les fonctions de directeur général de l’institut supérieur des arts de Guinée (ISAG).

www.laplumeplus.com: présentez-nous l’institut supérieur des arts de Guinée

Professeur Sidafa Camara : c’est un institut un peu particulier dans la mesure où la formation que nous faisons ici se fait en cinq ans alors qu’aujourd’hui la plupart des institutions ont adhéré au système LMD (licence, master, doctorat). Nous évoluons avec un très ancien système, le système de DEUG, le système de maîtrise ce qui est caduque. C’est caduque parce qu’après ce système nous sommes revenus à un système de quatre ans c’est-à-dire BAC+  4 ans pour avoir la maitrise et après on a intégré le système LMD avec BAC+ 3 ans pour avoir la licence fondamentale. Parallèlement, on a créé aussi des licences professionnelles de 4 ans surtout dans les branches techniques. Nous sommes également sur la voie de transformer cet ancien système en LMD. On a amorcé les travaux, on compte les achever d’ici fin juillet pour les soumettre à l’approbation pour que désormais au lieu de cinq ans que ce soit quatre ans et que nous intégrions la communauté universitaire mondiale.

Quelle est la situation de vos effectifs à la fois côté étudiants et enseignants ?

Pour tout l’ISAG on a au moins 67 enseignants chercheurs titulaires. Nous avons aussi près de deux mille étudiants de la 1ere à la 5eme année. Mais cela ne veut pas dire que l’enseignement est assuré par les 67 enseignants qui sont ici. On fait recours à des vacations puisque je disais que l’enseignement est très particulier ici. Il y a des professionnels auxquels nous faisons recours qui viennent donner des enseignements sur le plan théorique et pratique. On a aussi recours à des missions d’enseignement qui viennent d’instituts similaires du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Canada, de la France.

Il semble quand même que les ivoiriens ont rompu la relation qui vous liait. Est-ce que c’est vrai ?

Non, ce n’est pas vrai ! En ce moment même, j’ai un de mes enseignants qui est en formation de master à Abidjan.

De nombreux parents pensent qu’envoyer leurs enfants ici est une perte de temps car c’est une école de tam-tam, de musique. Que  leur répondez-vous ?     

Je dis que c’est une méconnaissance. C’est pour cela que je dis vous les médias, vous devez faire comprendre à la population que ce n’est pas seulement une affaire de tam-tam, de balafon, de guitare, mais il y a un fonds culturel ici. La société n’évolue pas sans culture. La culture est la nourriture de la société. Si vous parlez de théâtre, c’est la culture, vous parlez de cinéma, c’est la culture, l’art plastique, c’est la culture. C’est pour cela qu’à un moment donné, le département de la culture avait même réclamé la paternité de cet institut tellement que le soubassement est culturel.

Vous aviez un studio radio ici. Certains des sortants de l’ISAG se retrouvent dans les radios du pays. Mais il y a des personnes qui estiment qu’il y une sorte de conflit entre vous et l’ISIC (institut supérieur de l’information et de la communication) qui est la principale école de formation des journalistes guinéens.

Il n’y a aucun conflit en la matière. La formation est transversale. Il y a des formations qui se passent à l’ISIC et qui se déroulent ici. Il y a des formations ici qui se font en sciences sociales, en lettres. Les premiers enseignants d’ici sont venus pratiquement des lettres. On n’avait pas de spécialistes formés concrètement en la matière. Donc il n’y a pas de conflit en la matière, il y a des domaines transversaux qui peuvent être donnés partout. Ce n’est pas interdit. C’est comme si vous me dites, vous enseignez mathématiques à Gamal, vous enseignez mathématiques à Kankan, à Labé, à Nzérékoré également. Il n’y a pas de conflit.

Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé

                  

ISAG de Dubréka : visite de l’ambassadeur américain

Mercredi 13 juin, l’ambassadeur américain en poste à Conakry a rendu visite à l’institut supérieur des arts de Guinée situé à Dubréka. Dennis Hankins était accompagné d’une forte délégation. Il s’est entretenu avec les responsables de l’établissement avant de visiter les différentes salles dans lesquelles il a pu apprécier les collections d’arts œuvres des étudiants. Au nombre de ces œuvres, des tableaux, dessins et autres.

Donald Trump dessiné par des étudiants de l’ISAG

Au micro de laplumeplus.com, le diplomate américain a dit toute sa satisfaction : « C’est avec l’art qu’on peut changer les mentalités guinéennes. On a vu l’importance de la musique et des films pendant la crise liée à Ebola. Depuis 2005, il y a une collaboration entre les Etats-Unis et cet institut. C’est intéressant de voir le progrès. Il y a des aspects originaux avec les guinéens. »

Professeur Sidafa Camara, directeur général de l’ISAG a expliqué qu’il a lui-même sollicité la venue de Dennis Hankins sollicitation sur place « nous avons préférés que cela coïncide avec la cérémonie de vernissage du département des beaux arts. C’est une manière pour nous de faire connaitre l’ISAG de l’extérieur. Très peu de gens savent ce que nous faisons à l’ISAG ici.  Quand on parle de l’ISAG, les gens ne voient que tam-tam, guitare, mais au-delà de tout ça, c’est un problème culturel. La culture c’est le soubassement de la vie. »

Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé

Pr Mamadou Saliou Diallo, DG de l’ISFAD : « Nous voulons passer à la numérisation. Depuis trois ans, nous travaillons à cela.»

C’est dans son bureau situé dans l’enceinte de la bibliothèque  de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry que professeur Mamadou Saliou Diallo a reçu l’équipe de votre site. Ici, il présente son institut qui veut migrer vers le numérique, outil incontournable dans un monde en pleine mutation.

Parcours de l’invité: je suis professeur titulaire des universités dans le domaine des sciences du langage. J’ai une thèse d’Etat en sciences du langage. Mais avant, j’ai eu un doctorat d’Etat en sciences du langage. Je suis dans l’enseignement et la recherche. Du point de vue disciplinaire, je suis du groupe  des sciences du langage de l’université de Sonfonia. Mais du point de vue de la gestion des programmes de formation, de la gestion universitaire, je suis dans l’administration universitaire à l’institut supérieur de formation à distance.

A mon retour de l’étranger, j’ai été maître-assistant à la faculté des lettres et sciences humaines. Je m’occupais de la chaire linguistique  à l’époque. Après je suis devenu directeur général adjoint de l’institut supérieur de formation à distance de 2004 à 2008 avant de partir au même poste à l’institut itinérant de prévention contre la drogue et les conduites adductives. Depuis 2013 je suis revenu comme directeur général de l’institut supérieur de formation à distance où je suis en activité actuellement. Nous travaillons avec des spécialistes du numérique, mais aussi des pédagogues pour aider le système à aller vers une nouvelle modalité de formation à distance axée sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

www.laplumeplus.com: une idée tout d’abord sur le contenu et l’organisation de l’institut supérieur de formation à distance

Professeur Mamadou Saliou Diallo : l’institut supérieur de formation à distance fait parti de la conférence des recteurs et directeurs généraux. C’est une institution d’enseignement supérieur public. Il a pour vocation, l’unique d’ailleurs dans le réseau des 17 institutions d’enseignement supérieur public de la formation à distance. L’ISFAD a été créé en 2004 et de cette date à maintenant, nous utilisons des modalités de formation à distance mais axées sur du développement des cours sur support papier avec des rencontres ponctuelles et un encadrement à distance dans un réseau de directions régionales, de centres régionaux. L’institut est organisé en direction générale où il y a un directeur général, deux directeurs généraux adjoints, l’un chargé de la formation et le second chargé de la recherche et un secrétariat général et puis des départements de formation au nombre de trois pour le moment. On passera à un quatrième programme de formation à l’ouverture sur les TIC (technologies de l’information et de la communication). Et dans chaque capitale régionale, il y a un centre régional de formation à distance où vous avez une équipe de trois personnes qui s’occupe de l’enregistrement des étudiants, de leur enrôlement et de leur formation de proximité. En fait la gestion des étudiants se fait de façon décentralisée dans les capitales régionales. Mais tous les contenus et processus se développent au niveau central.

Puisque vous parlez d’étudiants, est-ce qu’il y a aujourd’hui une idée sur leur nombre à travers le territoire national ?

Bon, extrêmement difficile ! Parce qu’il faut comprendre le concept de la formation à distance.  Le modèle de formation à distance, je commence par ça avant de revenir aux chiffres pour comprendre. La formation à distance, il y a des statuts d’étudiants. Premièrement des étudiants actifs et des étudiants passifs. Un étudiant actif c’est celui qui est inscrit et qui suit régulièrement sa formation sans l’interrompre. Un étudiant passif, c’est un étudiant qui se fait enregistrer dans le système et qui fait un module, une année ici parce que le plus souvent les inscriptions se font par an. Donc il fait une année pour une raison ou pour une autre, il abandonne et plus tard il revient. Il reste dans la base de données, mais sans actualisation. C’est au terme de l’année qu’on va vous dire combien d’étudiants sont actifs, mais du point de vue de l’enregistrement nous avons environ deux mille huit cent étudiants dans les différents programmes parmi lesquels naturellement il y a des étudiants passifs. Et puis il y a des personnes qu’on n’a pas comptées dans les deux mille huit cent qui ne se sont pas fait inscrire. Parfois vous avez des gens qui sont inscrits ou qui sont réinscrits mais qui ne suivent pas et des gens qui ne sont pas réinscrits. Dans une publication prochaine, on pourra faire le point lorsqu’on va évaluer ceux qui vont se présenter à l’évaluation parce que nous ne faisons pas partis des institutions qui vont travailler sur le potentiel. Nous préférons chaque année dire voilà les gens qui ont suivi les programmes et nos indicateurs doivent être fixés sur ceux-là.

Qui dit formation, dit aussi contenu. Quelles sont les matières enseignées à ces étudiants ?

Commençons par dire d’abord les programmes. Nous avons trois programmes qu’on déploie actuellement, tous de niveau licence : développement communautaire en six semestres académiques pour obtenir un diplôme de licence, une deuxième licence en droit et la troisième licence en économie-gestion. Ce sont des licences BAC+3. L’année prochaine, on aura une quatrième licence, c’est sera la licence appliquée, une licence professionnelle de technologies de l’information et de la communication pour le secteur de l’éducation pour accompagner la recherche, la formation et les innovations technologiques.  Les matières dépendent des programmes. Comprenez que dans chaque programme vous avez une quarantaine de matières à l’exception du programme qui va commencer l’année prochaine. Les trois existants vous avez quarante matières, mais l’étudiant choisi trente matières parce que le LMD vers la L3, il y a des matières optionnelles. Mais l’offre de formation fait une quarantaine de matières par programmes.

Comment on devient étudiant de l’ISFAD ?

Premièrement, on devient étudiant de l’ISFAD d’abord parce qu’on a le baccalauréat ou équivalent. Deuxièmement, on en a manifesté le besoin et troisièmement on accepte de rentrer dans la formation sans être boursier au plan pécule. Nous avons eu une seule génération de boursiers qui touchait un pécule. Elle est en troisième année. Très vite on a compris que ça ne pouvait pas aller parce qu’en réalité la formation  à distance il faut même contribuer pour y venir parce que les jeunes qui sont arrivés avec la bourse pensaient et souhaitaient qu’il y ait une salle de classe tous les jours avec un emploi de temps. Ils étaient arrivés nombreux, ignorants le modèle de formation, beaucoup sont repartis, il nous est resté une vingtaine. On avait voulu expérimenter, mais on a dit on suspend. Il faut faire la demande, accepter de se former avec l’accompagnement de l’Etat pour les supports avec une petite contribution pour marquer la volonté mais sans toucher à un pécule à la fin du mois. C’est pourquoi vous avez parfois beaucoup de cadres qui viennent s’inscrire parce qu’ils ne peuvent pas abandonner leurs activités professionnelles. Ils souhaitent se former et remplissent les critères académiques d’entrée et ils viennent demander la formation. Vous avez des étudiants aussi qui souhaitent travailler et en même temps apprendre et qui ne peuvent pas avoir tout le temps pour aller s’assoir dans une classe à l’université en régime présidentiel qui viennent aussi s’inscrire. Vous avez une troisième catégorie,  des étudiants intéressés par nos profils de formation par exemple en développement communautaire qui viennent se faire inscrire là. On présente son dossier dans un centre régional de formation à distance. Si on est à Labé, à Tougué, à Koubia, on n’a pas besoin de venir à Conakry, on vient à Labé. On vient à Nzérékoré si on est à Yomou. On vient à Faranah si on est à Kissidougou etc. Je pense qu’à partir de l’année prochaine, on va aussi ouvrir la formation et l’enregistrement numérique par plateforme.

On va parler aussi de l’espace numérique scolaire et universitaire

La formation à distance c’est un dispositif, une modalité de formation où l’enseignant et les enseignés ne sont pas toujours dans le même espace géographique. Ils peuvent l’être accidentellement, ils doivent l’être. Entre les encadreurs pédagogiques et les apprenants il ya un processus de formation qui est mis en place mais il n’y a pas une fusion d’espace géographique. Jusqu’à cette année, on utilise les cours rédigés qu’on envois dans les régions, les étudiants les récupèrent, les lisent et on organise les regroupements dans les centres régionaux pour rencontrer les animateurs de cours pendant une semaine, discuter de leur lecture, recentrer des questions et des réponses.

Maintenant nous voulons passer à la numérisation. Depuis trois ans, nous travaillons à cela. Numériser la formation à distance veut dire quoi ? Ça veut dire passer par des plateformes virtuelles  pour assurer la formation à distance et en ce moment il n’est pas indispensable que l’enseignant rencontre physiquement son apprenant. Il n’est pas indispensable que la formation se déploie dans un territoire comme la Guinée. En ce moment, des étudiants peuvent être au Mexique, d’autres au Canada, s’ils souhaitent s’inscrire, ils s’inscrivent et rentrent dans le processus parce que c’est la voie numérique. Pendant trois ans, nous avons travailler à l’équipement, à la formation des experts en informatique pour mettre en place les plateformes et pour former les enseignants que nous avons au développement de leurs cours sur support numérique. Donc l’espace numérique universitaire scolaire a été créé par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et logé à l’institut supérieur de formation à distance comme composante technique de l’ISFAD mais à la fois à la disposition de l’ensemble du réseau du système de formation et de recherche de l’enseignement supérieur en priorité mais de tout le système parce que ça s’appelle espace numérique universitaire comme premier adjectif et scolaire comme deuxième. Mais pour le moment, nous n’avons pas commencé à travailler avec l’éducation nationale et avec l’enseignement technique mais très bientôt nous allons nous ouvrir en direction de ces départements là.

Donc l’espace numérique participe à la mise en ligne des cours et à la gestion des étudiants et de leurs parcours académiques en ligne et à la formation des pédagogues pour qu’ils puissent convertir leurs cours en papier vers un cours en ligne. Les multimédias donnent énormément de possibilité jusqu’à l’évaluation en ligne pourvu qu’on puisse la faire dans un espace sécurisé pour qu’un BALDE ne vienne pas se faire représenter à la composition par un autre SYLLA parce qu’ils sont capables de faire de la substitution. C’est la seule garantie qu’il faut assurer sinon on peut composer en ligne et l’évaluation peut se corriger, les remises de travaux peuvent se faire dans des casiers électroniques. Tout est possible aujourd’hui avec le numérique mais je le dis à quelqu’un qui ne travaille pas pour une presse en ligne, c’est une redondance de le dire. Je le dis pour vos lecteurs. Vous, vous le savez très bien parce que vous travaillez dans un environnement numérique déjà et vous offrez des services en numérique.

On va se quitter professeur. Il ne nous reste plus qu’à vous remercier de nous avoir reçus chez vous

Merci monsieur Sow ! C’est à moi de vous remercier, remercier votre organe qui dédie l’essentiel de ses travaux à l’éducation. Nous avons besoin que la presse nous aide, qu’elle nous dise ce qui ne va pas pour qu’on puisse le corriger. Nous avons besoin que la presse nous aide à avoir une grande portée dans l’action parce qu’aujourd’hui la formation est incontournable pour pouvoir trouver du travail décent et le garder parce que le trouver par opportunité c’est possible, mais on ne peut pas le garder par opportunité. Si on n’a pas les compétences, on perd du travail qu’on a peut être obtenu par opportunité.

Je vous remercie vous et votre organe de presse !

Merci beaucoup !

Interview réalisée par Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé                                                   

Hadja Salimatou Diallo, fondatrice de l’université René Levesque : « Ma vision c’est apporter quelque chose à mon pays, pas en donnant de l’argent, mais en m’investissant pour qu’il y ait des leaders…

Hadja Salimatou Diallo est la première femme à se lancer dans l’enseignement supérieur privé guinéen en tant que fondatrice d’université. Dans l’entretien qui suit, elle explique ses  débuts et les problèmes du moment.

Laplumeplus.com : vous êtes une dame, vous avez un parcours, alors déroulez-le pour nos lecteurs

Hadja Salimatou Diallo : concernant mon cursus, j’a fais mes études primaires à Koundara, tout comme le collège et le lycée et même le premier degré. Le deuxième degré je l’ai fais à Kindia. Je suis agronome de formation. Après mes études, vu que l’Etat n’employait pas surtout les femmes au temps de la deuxième république, je me suis lancée dans l’entreprenariat. J’ai eu l’opportunité d’aller au Canada avec mon mari. J’ai suivi des cours au niveau professionnel en secrétariat informatique. C’était une formation qui n’était pas de longue durée. Cette formation professionnelle, m’a permis dès mon retour du Canada, d’abord de commencer à travailler avec des institutions de la place. Ensuite, j’ai commencé à enseigner en 1993 dans les écoles privées comme à IFORPAK et Henry Fayol. Cette période a  coïncidé à l’affluence des refugiés libériens et sierra-léonais. J’ai eu à former beaucoup de groupes en secrétariat informatique. J’ai continué à enseigner avec l’expérience que j’ai eue au Canada. Finalement, comme mon objectif c’était d’ouvrir une entreprise pour moi-même, j’ai dit il faut que j’arrête pour créer la mienne. En 1999 j’ai ouvert mon premier établissement de formation professionnelle à Cosa en secrétariat-comptabilité. Moi-même je donnais les cours. C’était une formation rapide de dix mois. Vu l’engouement, les étudiants mêmes ont sollicité de voir le ministère pour que la formation soit professionnelle, qu’elle dure trois ans et qu’elle soit sanctionnée par   un diplôme national. Ce qui fut fait. J’ai eu tous les agréments et nous avons commencés en 2004 avec l’université. Nous étions toujours à Cosa. Au début, il y avait deux départements : droit et économie. Dr Makanéra et Dr Alpha Abdoulaye sont ceux qui m’ont soutenu. En 2006, nous avons eu l’opportunité avec toutes les démarches qui ont été menées par un  groupe de fondateurs dont je faisais partie d’accueillir les boursiers de l’Etat.

Là j’étais la seule dame à créer une université et une école professionnelle. En 2006, il y avait neuf institutions d’enseignement supérieures privées. En 2007, nous avons délocalisés parce que le local qui était à Cosa ne permettait pas d’abriter beaucoup d’étudiants. Nous sommes venus à Hamdallaye. Nous avons commencés avec 70 étudiants boursiers de l’Etat parce que c’était un quota et l’Etat n’orientait pas beaucoup. L’expérience a commencé avec deux mille étudiants. La répartition a été faite entre nous en fonction des capacités d’accueil. Nous avons eu le même quota que l’école INSET. Jusqu’en 2009, nous recevions beaucoup d’étudiants. Quelles sont les filières disponibles à l’université René Levesque ?

Nous avons commencés avec deux comme je le disais, droit et économie. En 2007, nous avons élargis jusqu’à 14 filières. Nous avons encore ouvert la section santé dans le professionnel.

Et côté effectifs

Pour les enseignants, nous avons 100 et quelques parce que dans chaque département, il y a quatre ou cinq filières. Pour les étudiants, nous avons commencés avec dix vers 2004. En 2006, nous avons évolués à 70 avec les boursiers de l’Etat. Jusqu’en 2009, nous étions avec mille et quelques étudiants. Mais avec les troubles, il y a eu une baisse des effectifs. En ce moment, nous sommes avec 500 étudiants y compris les privés et les boursiers de l’Etat.

Pourquoi votre université porte le nom de René Levesque, une personnalité étrangère ? Pourquoi pas Samory Touré ou Bokar Biro Barry ?    

Le nom René Levesque n’est pas inventé au hasard. Je vous ai dis au départ que j’ai étudié au Canada où j’ai fais la formation qui m’a permis d’ouvrir ma propre institution. C’est en signe de reconnaissance que je me suis dis, il faut que je donne le nom à cette personne là qui a été la plus célèbre pendant les cinquante dernières années en tant que premier ministre du Québec où j’étais. J’ai lu ses œuvres, j’ai vu que c’est une personne qui a une vision de développement de son pays, qui a apporté beaucoup de choses, qui a voulu avoir l’indépendance du Québec par rapport au Canada. Je me suis dis qu’à mon retour j’allais me lancer dans l’éducation qui me permettrait de restituer cela à une grande partie de la jeunesse. Ma vision c’est apporter quelque chose à mon pays, pas en donnant de l’argent, mais en m’investissant pour qu’il y ait des leaders qui pourraient à leur tour apporter quelque chose au développement du pays.

Est-ce que vous avez connu le premier ministre René Levesque ou bien il vous a marqué comme ça ? 

Quand je commençais à étudier au Canada il était déjà décédé. C’est après mes études, quand je suis revenu que j’ai pu avoir connaissance de sa famille. A la sortie de la première promotion, sa propre fille et son conseiller pendant dix ans sont venus assister à la cérémonie. Il y a une fondation qui porte son nom au Canada. Tous les deux ans, ils organisent un colloque et nous invitent. Ils nous ont soutenus, ils nous ont apporté beaucoup de choses.  Ils continuent à nous soutenir.

Vos étudiants bénéficient de cette assistance ?

Ah je dirai que cela leur profite. Mais vous savez que l’étudiant guinéen est un peu difficile. Sinon nous avons une bibliothèque de plus de deux mille ouvrages venus du Canada. Nous avons des équipements dans les salles d’informatique, nous avons des relations avec les universités de ICAM de Montréal, tout ça c’est via cette fondation. Nous avons beaucoup d’autres opportunités. Ils nous ont promis que tout étudiant qui allait travailler sur la vie et les œuvres de René Levesque, il aurait une bourse gratuite pour faire le master là-bas. Nous devons mettre ce programme même dans le cursus mais ça sera à partir de l’année prochaine. Sinon on l’avait démarré, mais avec les étudiants, ce n’est pas facile.

Nos chefs de départements ont été invités par la fondation pour aller faire un tour dans les universités dans le cadre de la mise en place d’un observatoire de notre studio de journalisme.

Les relations entre l’Etat et les universités privées ne sont pas au beau fixe. Que pensez-vous de cette situation ?

C’est l’année dernière que nous n’avons pas eu de boursiers. Certains privés  sont venus s’inscrire mais pas beaucoup parce que les étudiants sont allés dans les institutions publiques où il y a des formations payantes qui coûtent moins chères. Cela est très difficile parce que nous avons investis et nous ne comptons que sur ces étudiants là pour que nos institutions aillent de l’avant. Sans étudiants on ne peut pas parler d’université alors que l’Etat prend désormais tous ceux qui ont eu le bac. Donc, nous nous retrouvons avec zéro.

Un conseil aux étudiantes et aux élèves filles qui parfois abandonnent la formation très tôt. Et quel est votre avis sur le débat autour du nouveau gouvernement qui compte peu de femmes ?

Par rapport aux jeunes filles, le conseil que je peux donner, c’est de ne pas baisser les bras, de poursuivre les études si elles sont scolarisées. Si ce n’est pas le cas, qu’elles fassent un métier qui leur permettra d’être autonomes demain. Abandonner et s’adonner à une vie qui n’est pas correcte, n’est pas bon pour une femme. Si on n’a pas étudié, on peut faire un métier pour compléter le mari pour prendre la famille en charge, mais si on ne fait rien, tout va revenir au mari et si on n’a pas la chance, on n’aura même pas de mari. Aujourd’hui, les hommes regardent d’abord ce que la femme est capable de faire ou parfois certains cherchent à savoir qui sont les parents. Dire que je suis égale à l’homme c’est quand on peut se mesurer à eux à part égale.

Par rapport au gouvernement, tout le monde a critiqué. On espérait avoir au minimum dix femmes. A ce que je sache, les femmes sont capables de faire beaucoup de choses. Le professeur Alpha Condé admet que son mandat est dédié aux femmes et aux jeunes, je pense qu’il reconnait la valeur des femmes. Quand il s’agit de parler de paix, nous sommes les pionnières en appuyant le gouvernement. Et même la gestion, vous savez que les femmes malgré les problèmes de famille, si on nous confie une tâche, nous sommes capables parce que nous n’osons pas la honte. Normalement, les postes de responsabilité, c’est aux femmes qu’on devrait leur confier parce que la femme évite d’aller devant un auditoire pour répondre de détournement. Peut être que la situation sera revue, on peut se tromper des fois. Comme le vide là est vu par tout le monde, peut être il sera corrigé.

Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé    

Elhadj Nfaly Mara fondateur de l’université Roi Mohamed 6 : « Nos étudiants profitent pleinement du partenariat avec les universités marocaines. »

Il est rare, très rare même que le fondateur de l’université Roi Mohamed 6 de Conakry s’exprime sur un média. C’est lui-même qui le dit. Pourtant, Elhadj Nfaly Mara a bien voulu accorder une interview au premier portail de l’école guinéenne sur le web. Dans cette exclusivité, il donne dans un langage court, mais précis, les détails liés à son institution d’enseignement.

Laplumeplus.com : présentez à nos lecteurs l’université Roi Mohamed 6

Elhadj Nfaly Mara : l’université Roi Mohamed 6 est une institution d’enseignement privée située dans la commune de Matoto plus précisément dans le quartier Simbaya 2. Elle existe depuis octobre 2007. De cette date à maintenant, nous avons formés beaucoup d’étudiants guinéens avec assez de filières. Nous avons deux facultés et cinq départements. Il y a la faculté des sciences économiques et NTIC (nouvelles technologies de l’information et de  la communication) et aussi la faculté de droit et de sciences politiques. Par rapport aux départements, vous avez : le tertiaire minier c’est-à-dire les facultés  de droit minier, économie minière et exploitation minière. Vous avez les départements de génie : le génie civil, génie électrique, génie informatique. Vous avez également le département de mines : génie minier, l’hydro-géotechnique, l’exploitation minière, le département géologie appliquée. Vous avez le département anglais et enfin le département arabe.

Comment se présentent les effectifs de votre université ?

Le personnel permanent de l’université est de l’ordre de 100 personnes et plusieurs vacataires. Nous avons actuellement près de 3000 étudiants tous niveaux confondus.

Université Roi Mohamed 6 de Conakry

Nous apprenons qu’avant, votre université portait le nom de Titi Camara, après, vous lui avez donnez celui du roi du Maroc. Qu’est-ce qui explique ce changement ?       

C’est vrai, au départ c’était l’université Titi Camara. Historiquement, nous avons commencés avec le groupe scolaire Titi Camara de la maternelle au lycée. C’est en 2007 que l’université Titi Camara a été créée. Nous avons également créé un institut professionnel à Kamsar qui portait le nom Roi Mohamed 6. Nous avons délocalisés une partie de l’université Titi Camara à Kamsar. A partir de 2012, nous avons eu un partenariat avec des universités marocaines à savoir l’institut des mines de Marrakech, l’école supérieure des mines de Rabat, l’université Hassane 1er de Settat, la polyclinique de Rabat. Mais la condition sine qua non était qu’on essaie de choisir entre Roi Mohamed 6 pour l’institut ou si on devait évoluer avec l’université qu’on opte pour l’université Roi Mohamed 6. Ils ont dit qu’il n’était pas possible de confondre le nom de leur souverain au nom d’un footballeur. Nous avons fait la requête auprès du ministère de l’enseignement supérieur et elle a été agréée par le ministre. Nous avons bénéficié d’une modification de nom. De Titi, nous sommes venus à Roi Mohamed 6.

Est-ce que cette collaboration profite à vos étudiants ? Peuvent-ils poursuivre leurs formations au Maroc ?

Depuis cet accord, chaque année, au moins il y a une dizaine d’étudiants qui bénéficie d’une formation pratique d’un à deux mois et demi. Ils vont dans les chantiers, ils sont dans les campus de ces grandes universités. Nos étudiants profitent pleinement du partenariat avec les universités marocaines. Tout ce que les parents font c’est de nous envoyer le passeport. Généralement, nous contribuons même à l’élaboration de ces passeports. Les enfants sont logés à la charge de nos partenaires et les autres frais sont partagés.

On nous apprend aussi que le département mines est celui que vous aimez le plus. Si oui pourquoi une telle préférence ?

J’aime tous les départements. Moi je suis comptable de profession. A l’université, j’ai fais l’économie, la filière comptabilité-gestion. Toutes les filières ont été créées sur mon initiative. Je ne peux pas préférer une option par rapport à une autre. En ce qui concerne les filières de droit à savoir : droit minier, économie minière et administration minière, je précise que j’ai travaillé dans une société minière qui est la CBK (compagnie des bauxites de Kindia) c’est à travers cette entreprise là que  j’ai vu qu’il y avait beaucoup d’insuffisance au niveau de nos sociétés minières dans le cadre surtout des négociations. C’est pourquoi nous avons créés le droit minier. Nos contrats étaient négociés en dehors du pays et à l’insu des guinéens. Il fallait recruter des cabinets étrangers et aussi au niveau de l’évaluation même de ces contrats, c’est toujours les étrangers qui venaient faire l’évaluation en lieu et place des guinéens. C’est ce qui m’a motivé à créer l’économie minière. Pour l’administration minière, vous savez quand vous allez dans ces sociétés là, si vous partez à la comptabilité, vous n’avez que des comptables purs et durs classiques. Si c’est des juristes, vous n’avez que des juristes classiques. Donc, il faut vraiment que les gens apprennent  ces différentes options au niveau de ces trois filières. Le juriste doit apprendre tout ce qui est droit. En plus de cela, il apprend aussi les cours sur les mines pour lui permettre de faire une appréciation quand il y a une négociation. C’est pourquoi la formation dure quatre ans.

Est-ce que c’est vrai que les départements : droit minier, économie minière et administration minière n’ont pas d’étudiants en première année cette fois-ci ? Et si c’est le cas, est-ce que ces filières ne risquent pas de disparaitre ?

Premièrement, vous-même vous savez que l’année dernière, l’Etat n’a pas orienté. Tous les bacheliers ont été orientés dans les universités publiques.  Deuxièmement, les non-orientés de l’année dernière ont été récupérés par les mêmes universités publiques qui se sont transformées en privées à l’interne. Elles ont cassé les coûts, ont récupéré ces gens avec un coût très bas. Dans certains endroits même, les étudiants payaient entre 700.000 et 1.000.000 de francs guinéens. Nous, on ne peut pas se le permettre parce que nous avons des professeurs que nous devons payer, les installations, les équipements…nous, nous étions à deux millions et eux, ils ont cassé le prix pour se retrouver à 700.000 francs. Faute de moyens avec les parents, les enfants étaient obligés d’aller vers ces universités publiques. Ce n’est pas parce que ces options ont des difficultés. Toutes les universités privées ont été victimes de cette pratique. Il y a eu 5000 non-orientés et le public les a récupérés en formation payante avec des forfaits qui ne disent pas leurs noms.

Monsieur le fondateur, il semble que vous avez d’autres projets comme la construction d’une université à Labé et une école à  Kissidougou. Vous confirmez cela ?

Nous sommes entrain d’étudier, de voir la faisabilité de cela. Nous sommes en phase d’étude. Vous savez, un projet comprend les phases d’études et de faisabilité, après on le réalise. C’est-à-dire si vous venez quelque part, vous voulez implanter une filière, vous allez voir par rapport à la zone en question, que-est-ce qui marche et quelle est l’université qui est à côté qui peut vous permettre de  développer des filières à travers les enseignants qui s’y trouvent même si ces filières n’existent pas dans l’université voisine.

Avant qu’on ne se quitte, une inquiétude exprimée par quelques étudiants. Ils affirment qu’ils sont exclus de l’organisation des prochaines festivités de fin de cycle. Est-ce que vous pouvez les rassurer ?

Je crois qu’il n’y a jamais eu de difficultés entre les étudiants et l’encadrement. En tout cas je n’ai vraiment pas d’idée. Et moi je suis le fondateur, les encadreurs restent toujours les maîtres à bord. On a tous été des étudiants, on ne peut jamais prendre le dessus. Au moment de la révolution, quand nous avons eu le bac, il y avait ce qu’on appelait le conseil d’administration le CA. Et le CA était politique. Un membre de cette structure pouvait trouver un professeur en classe et faire sortir un étudiant, ou bien il arrête les cours s’il a des informations à donner. La politique était à tous les niveaux. Au niveau de l’armée aussi, il y avait le comité militaire. Là aussi, un sous-officier pouvait arrêter un officier supérieur. Mais ça c’était au temps de la révolution. En ce moment c’était le socialisme.

C’est vrai que dans les commissions on peut mettre les étudiants, mais les commissions ne peuvent pas être dirigées par eux. Surtout que l’essentielles des charges sont supportées par la fondation.

Interview réalisée par Mamadou Falilou Doumbouya étudiant en L 4 droit minier université Roi Mohamed 6, Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé

Afrique de l’ouest : La formation de masse dans les universités, un danger

Les problèmes de développement de l’Afrique subsaharienne en général et de l’Afrique de l’Ouest en particulier sont remarquables. Les niveaux de malnutrition et de pauvreté demeurent des plus élevés au monde et perdurent. L’organisation des institutions et des interventions publiques à cet effet demeure inefficace. Cette inefficacité s’avère moins frappante et moins handicapante dans les pays africains anglophones, qui donnent grand espoir de progrès, que dans les autres pays (francophones et autres). Pour relever donc le défi de développement qui s’impose plus aux pays non anglophones, l’enseignement supérieur a un rôle important à jouer. A cet effet, deux principales réformes s’imposent : l’articulation fonctionnelle universités-gouvernements et l’option de formation universitaire.

Une articulation universités-gouvernement déficiente
L’articulation fonctionnelle universités-gouvernements est très déficiente dans les pays non anglophones de l’Afrique de l’Ouest. Tout semble montrer dans ces pays que les gouvernements fonctionnent parallèlement aux universitaires dans l’identification et la mise en œuvre des actions de développement. Les universités ne sont pas sollicitées dans le cadre des interventions importantes et capitales des pays, tout comme elles ne semblent pas se concentrer réellement sur les activités de recherches qui favoriseraient le développement national.

Au Bénin par exemple, l’une des actions phares de développement ces dernières années a été l’octroi de microcrédits aux plus pauvres. Cependant, la gestion de l’initiative telle qu’elle a été conçue pousse à croire que ces microcrédits ont été octroyés sans une caractérisation scientifique des « plus pauvres ». Il en résulte que des personnes bien loin de la pauvreté bénéficient des microcrédits au détriment des véritables cibles de l’initiative, ce qui substantiellement réduit l’impact d’un projet qui aurait pu être un outil efficace de lutte contre la pauvreté.

Il urge de mettre en place un dispositif qui garantisse une bonne articulation entre les universités et les gouvernements.

En réalité, il ne s’agit pas nécessairement de conduire de nouvelles études, mais de se fonder sur des références et des résultats de recherches existantes dans le domaine et de les exploiter pour améliorer l’efficacité des politiques publiques. Il urge de mettre en place un dispositif qui garantisse une bonne articulation entre les universités et les gouvernements. À cet effet, des actions conjointes réunissant le gouvernement et le monde universitaire devront être menées pour le bien-être des populations en apportant des réponses significatives sur la question de la pauvreté.

Une formation de masse dans les universités, une option privilégiée qui est sans issue
L’enseignement primaire est le lieu par excellence de la formation de masse. Il est nécessaire que le plus grand nombre d’enfants bénéficie d’une éducation primaire et également d’un enseignement secondaire pour une meilleure insertion dans le milieu professionnel. À titre d’exemple, l’agriculteur doit pouvoir lire la notice des équipements et le mode d’utilisation des différents intrants agricoles. Le fait que la globalisation culturelle tende aujourd’hui à faire de l’anglais le principal véhicule linguistique rend la chose encore plus nécessaire. Cette langue doit être davantage enseignée dans les établissements scolaires en plus des différentes langues officielles des pays. Cela constitue un défi.

Pour ce qui est de la formation universitaire, elle devrait être plus sélective, ce qui réduirait considérablement le nombre pléthorique d’étudiants dans les facultés. Il semble exister aujourd’hui une disproportion entre le nombre d’universités dans ces pays et leur population. Le Bénin par exemple compte à ce jour sept universités pour une population d’environ 10 millions d’habitants. L’option de formation de masse explique aussi pourquoi les gouvernements poursuivent une politique de la gratuité, ou de quasi-gratuité, de l’enseignement supérieur. Nous pensons que ceci est une erreur, puisque la formation universitaire devrait être une option de « luxe ».

Il faut moins de chercheurs et plus de professionnels techniciens pour résoudre les problèmes qui se posent

Lorsque les autres options de formation sont bien organisées et qu’elles sont suffisamment professionnalisées et pertinentes par rapport aux besoins du pays, la formation universitaire devient une option non impérative car elle n’est pas indispensable pour que le jeune formé gagne sa vie. Tout porte à croire que la résolution des problèmes auxquels l’Afrique de l’Ouest est confrontée passera par une nouvelle grille de lecture de l’accès à la formation universitaire. Il faut moins de chercheurs et plus de professionnels techniciens pour résoudre les problèmes qui se posent. Il faut plus de praticiens et d’entrepreneurs, donc plus de collèges et de lycées de qualité bien équipés que d’universités.

Il est important que les universités ne soient plus des lieux de formation de masse, mais qu’elles soient plus sélectives dans le choix des étudiants. La tendance actuelle à une prolifération incessante des universités nationales devrait être revue et les projets d’universités régionales impliquant plusieurs pays devraient être prioritaires. Ceci n’est toutefois pas envisageable si des mécanismes d’organisation et de gestion efficaces des enseignements primaire et secondaire ne sont pas mis en place pour faciliter l’employabilité et l’emploi des jeunes.

Du surpeuplement dans nos universités
Dans un système éducatif où l’horizon de l’emploi est sombre, les jeunes se voient obligés de poursuivre de longues études. La conséquence est l’engorgement excessif des universités, une situation qui mène vers des crises. L’exemple typique est la crise à la Faculté des Lettres, arts et sciences humaines (FLASH) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) au Bénin où s’observe en ce moment une « crise de surpeuplement universitaire ». Le ratio étudiants/enseignants a dépassé la limite tolérable, et ce malgré l’adoption du système LMD (Licence-Master-Doctorat) dans l’espace du Réseau pour l’excellence de l’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest (REESAO).

Ce système exige en effet une professionnalisation de la formation universitaire, un nombre réduit d’étudiants par enseignant, et des conditions didactiques appropriées. Il apparaît pourtant que le ratio étudiants/enseignants n’est pas conforme dans toutes les catégories de formation, qu’il s’agisse des formations classiques ou des formations professionnelles. C’est dire que le système LMD a été adopté sans que les conditions objectives de sa mise en œuvre aient été réunies : il doit donc être revisité en profondeur dans tous les pays qui l’ont adopté afin de l’adapter et de le réajuster aux réalités socioéconomiques de l’espace régional ouest-africain.

Emile N. HOUNGBO                                                                                                

Emile N. HOUNGBO est Ingénieur agroéconomiste et titulaire d’une thèse de doctorat en “Dynamique de pauvreté et développement durable”. Il est actuellement Enseignant-Chercheur à l’Université d’Agriculture de Kétou (UAK), au Bénin.

 

 

Diallo Mamadou Aliou Diarouga, fondateur de l’institut universitaire Fayol-plus : « Le système éducatif guinéen dans son ensemble doit être revu.»

Dans le cadre de sa série d’interviews avec les fondateurs d’établissements scolaires, universitaires et techniques, votre site a posé ses valises à Fayol-plus. Le premier responsable de cette institution d’enseignement touche les difficultés dans le secteur du supérieur privé.

Laplumeplus.com : décrivez-nous votre parcours

Diallo Mamadou Aliou Diarouga : je suis produit de l’université guinéenne. J’ai fait mathématique à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry où j’ai eu une maitrise en algèbre. J’ai reçu d’autres formations complémentaires. Je suis enseignant de formation, pédagogue, gestionnaire scolaire.   Depuis 1993 je suis directeur d’école et depuis 2000, je suis fondateur.

D’où vient l’idée de création de Fayol-plus ?

Il y a eu le centre d’étude Henry Fayol que j’avais eu la chance de gérer. Il a été créé par des cadres guinéens. A sa fermeture, j’ai créé à la place, l’institut d’étude et de gestion Fayol-plus en 2006. Henry Fayol est devenu Fayol-plus. Henry Fayol pour ceux qui ne le savent pas, c’est un gestionnaire, un économiste qui est beaucoup étudié dans les théories économiques en matière de gestion et organisation des entreprises. Nous avons deux blocs : à Hamdallaye-pharmacie sur la route Le Prince et l’autre institut se trouve à Petit-Simbaya sur la T3 (transversale) au niveau de feu-rouge.

Certaines écoles guinéennes portent des noms de personnalités étrangères alors que nous avons nos propres héros. N’est-ce pas un signe d’acculturation ?

Non, pas du tout ! La spécialité de l’institution à sa création c’était la gestion et vu que cette personne est un modèle en termes de gestion, voilà pourquoi nous avons pensé à lui donner le nom.             

Parlons maintenant de vos effectifs

En termes d’étudiants, j’avoue que ces dernières années, nous avons eu une certaine baisse surtout au bloc de Hamdallaye-pharmacie. Pratiquement, nous sommes souvent victimes des marches et autres sur l’axe. Cela a beaucoup affecté l’institution,   les recrutements ont baissé. Malgré tout, nous sommes là et tenons à y rester parce que nous savons que c’est une zone très stratégique, le milieu est très favorable, le besoin de formation est énorme sur place. J’avoue que de l’autre côté à Petit-Simbaya, l’accès est plus facile, le cadre est plus calme. Le recrutement a beaucoup évolué. Actuellement nous tournons autour de 400 étudiants toutes options et toutes filières confondues. Côté enseignants, nous gérons 62.

Quelles sont les filières enseignées chez vous ?

Nous avons deux niveaux de formation. Nous avons une formation universitaire avec des départements de gestion, d’informatique, de télécommunication, d’architecture, d’administration des affaires et de droit et au niveau professionnel, nous le transite-douane, la santé (des sages-femmes, des infirmiers, des préparateurs en pharmacie, des techniciens de laboratoire, des techniciens en santé publique).

L’Etat envoyait des boursiers dans les universités privées, mais il a mis fin au partenariat. Est-ce que cela vous affecte ?    

Nous faisons partis de ceux qui ont pensé et monté ce projet.  C’était pour soulager toute cette jeunesse qui était abandonnée après le concours. Nous avons pensés qu’il fallait trouver une issue. Par rapport à cela, l’Etat est venu pour pouvoir leur donner une chance après le baccalauréat de s’orienter dans une institution de formation pour trouver un emploi. C’est vrai qu’il y a un impact très sérieux sur toutes les institutions parce qu’il y a baisse d’effectifs s’il n’oriente pas. Ce qui fait que nous sommes obligés, nous aussi de changer de stratégie, de qualifier d’avantage nos enseignements, de trouver d’autres pistes pour pouvoir recruter. Il y a un problème ! Tous les bacheliers sont systématiquement orientés. Nous pensons que l’Etat doit revoir sa politique en la matière. Si l’Etat prend ce qu’il peut prendre, qu’il laisse les autres bacheliers aller là où ils veulent. Actuellement tous ceux qui sont orientés et qui ne veulent pas rejoindre (leurs universités) s’ils ont la possibilité de s’inscrire chez nous, ils viennent. Il faut revoir cela pour ne pas tuer ce sous-secteur de l’éducation qui est un secteur porteur. Il faut aussi penser à d’autres secteurs comme l’enseignement technique et la formation professionnelle, un secteur d’avenir pour la jeunesse.

L’Etat dit disposer de capacités d’accueil suffisantes pour recevoir tous ces jeunes. En même temps, le président Alpha Condé dit souvent que ce partenariat a été monté par des ministres qui organisaient des magouilles pour se faire de l’argent.         

Ecoutez, moi je ne vais pas commenter cela ! Je sais sur quelle base nous avons monté ce projet. Ces étudiants étaient une bombe sociale. Ils passaient leur temps après le baccalauréat sans avoir accès à aucune autre formation. Ils restaient dans les quartiers à jouer ou à faire du thé. Nous avons dit que c’est normal que ces jeunes soient pris en charge. Le projet a été d’abord  dirigé vers des bailleurs de fonds qui pouvaient nous accompagner dans ce sens jusqu’à ce que le ministère se soit saisi.  Nous avons fait nos preuves sur le marché de la formation et de l’emploi. Le niveau de formation universitaire s’est beaucoup amélioré, les infrastructures et équipements en font foi. On peut visiter et voir. L’Etat dit avoir les capacités, mais je ne sais pas dans un système LMD comment on peut comprendre que dans une salle de classe qu’on retrouve 300 étudiants. Ils n’ont pas de capacités. Aller à Sonfonia, est-ce que c’est des salles de classes qui répondent au système LMD ?

Votre point de vue sur l’enseignement supérieur guinéen en général

L’enseignement supérieur guinéen bat de l’aile. Il a besoin d’être renforcé, d’être revu. Le système éducatif dans son ensemble doit être revu. Un enseignement supérieur suppose des ressources humaines de qualité. La formation des formateurs a été laissée pour compte. On a très peu d’enseignants qualifiés pour intervenir au niveau de l’enseignement supérieur. Je pense que l’Etat doit beaucoup se pencher sur ce point. La qualité des enseignants est fondamentale au niveau du supérieur.

Merci à vous

Tout le plaisir a été pour moi de vous recevoir.

Interview réalisée par Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé

University challenge: l’Université Général Lansana Conté de Lambanyi remporte le trophée

Le concours Université challenge initié par la structure Guinea Events, a pris fin vendredi, 11 mai 2018 à Conakry. Quatre institutions privées de la capitale se sont affrontées pour la conquête du trophée. Il s’agissait de l’université Kofi Annan de Guinée, de Mahatma Gandhi, de l’UNIC et Général Lansana Conté de Lambanyi.

La cérémonie a été présidée par le ministre d’Etat de la sécurité et de protection civile, Me Abdoul Kabèlè Camara, en compagnie de la coordinatrice de la fondation KPC pour l’humanitaire, Mm Yansané Bintou Touré.

Après plus de 2 heures de compétition dans les rubriques comme débat, dico et Karaoké, les membres du jury constitués de trois personnes, ont donné les résultats par rubriques.

En débat, c’est l’université Kofi Annan de Guinée qui a remporté le prix avec 15 points, en dictionnaire,  l’institut privé Général Lansana Conté de Lambanyi  avec 16 point et la dernière rubrique Karaoké a été remporté par Mahatma Gandhi avec 14 points.

Chacune  de ces universités lauréates a reçu un trophée et une enveloppe symbolique.

A rappeler que la première édition du concours University Challenge a été remportée par l’université Rene Levesques.

Source: Mohamed Lamine Kaba pour bcmedia.org

FEG 2018 : des tablettes et livres offerts à des élèves et étudiants

La deuxième édition du forum de l’étudiant guinéen a pris fin ce samedi au palais du peuple de Conakry. La cérémonie a été une occasion pour décerner des prix aux lauréats des concours mathématiques et littérature.

Pour ce qui est du concours mathématique du FEG, c’est Guillaume Hawing professeur à l’université Mahatma Gandhi qui a donné les résultats. Il a précisé que 20 universités et 34 écoles secondaires ont pris part à la compétition. Finalement, au niveau des lycées, Sylla Mamadi de Mahatma Gandhi est arrivé premier. Il est suivi de Dramé Hamidou de la Sainte-Marie de Dixinn et la troisième place est revenue à Kaba Sanoussy du lycée d’excellence professeur Alpha Condé. Chacun des lauréats a obtenu une tablette Sincery et des livres offerts par Conakry capitale mondiale du livre.

Dans l’enseignement supérieur, les universités publiques n’ont laissé aucune place aux privées. Diallo Mamadou Yacine de Gamal Abdel Nasser est le premier, la deuxième place est occupée par Bah Mamadou Oury de la même université et le troisième est Bah Mamadou Mouctar de l’institut supérieur des sciences de l’éducation de Guinée.

Le prix spécial mathématique du forum a été accordé à Sylla Mamadi du lycée Mahatma Gandhi. Le ministre de l’enseignement supérieur a annoncé qu’il accorde également une tablette à deux filles qui ont participé au concours.

Les jeunes avaient aussi la possibilité de tester leurs compétences en littérature. C’est ainsi que pour le slam, Marlyatou Diallo de l’université Gamal Abdel Nasser s’est imposée à la première place. La deuxième est occupée par Gaston Kambadouno et Saidou Baldé de l’école du tourisme trône à la troisième place.

Dans la catégorie jeune écrivain, Moussa Lamah est premier, Mamadou Lamine Diallo est deuxième et Fatoumata Madina Baldé est troisième. A ce niveau, des livres, dons de l’UNESCO ont été remis aux heureux gagnants.

Côté discours, Abdoulaye Yéro Baldé, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a indiqué que le forum est devenu un des hauts lieux de rencontre où se discute les questions liées à l’éducation en Guinée. Il a en outre rappelé que plusieurs thèmes dont ceux portants sur le civisme ou la technologie ont été abordés au cours des trois jours d’échanges. Il dit être heureux de l’engouement que le FEG a suscité chez les élèves, étudiants et encadreurs.

Pour sa part, le premier ministre Mamady Youla, a noté que la Guinée a besoin d’une formation de qualité pour réussir son développement. Il a exhorté le ministère à améliorer les programmes et recherches universitaires tout en mettant un accent particulier sur l’adéquation formation-emploi. Aux étudiants et élèves, le chef du gouvernement a dit que de telles rencontres sont faites pour les pousser à la curiosité.

La deuxième édition du forum de l’étudiant guinéen a eu pour pays invité d’honneur, le Burkina Faso qui a dépêché son ministre de l’enseignement supérieur à Conakry. D’autres délégations venues du Sénégal, de la Côte-d’Ivoire et d’Inde ont répondu à l’invitation.

Cette cérémonie de clôture a enregistré la prestation des troupes artistiques de l’université René Levesque, de l’institut supérieur des arts de Guinée (ISAG) et la projection d’un journal en langue nationale soussou fait par les étudiants de l’institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) de Kountya.

Du 10 au 12 mai, les participants au FEG ont pu suivre des débats sur comment réussir son bac ? le développement personnel, la rédaction d’un CV et lettre de motivation, l’enseignement à distance ou les innovations technologiques : un écosystème à valoriser…

Mamadou Samba Sow