Nicolas Silas Junior Kamano 1er de la république en sciences expérimentales : « Ma famille est pauvre, mais mes deux parents sont des enseignants… »

Après la publication des résultats du baccalauréat en Guinée, l’heure est à l’analyse et à la découverte des lauréats. Parmi eux, Nicolas Silas Junior Kamaano du groupe scolaire Baptiste.

Le jeune Kamano est arrivé dans cet établissement de la commune de Matoto il y a trois ans. Sur place, il a débuté par la classe de 11eme année.

Concernant les préparatifs liés au bac, il a expliqué à laplumeplus.com qu’il savait dans sa tête qu’il allait occuper la première place en sciences expérimentales « je me suis préparé et j’ai foi en Dieu. J’ai un frère courageux mais qui a raté le bac, il m’a beaucoup inspiré. Depuis la 11eme année, je consultais mes frères et en terminale je me suis beaucoup mis au travail. Je n’avais pas assez de temps pour le loisir. »

A la question de savoir quelle filière Kamano compte faire à l’université, il répond que son rêve c’est d’être médecin. Pour l’instant il ignore s’il ira au Maroc. Il évoque la conjoncture dans laquelle se trouve le pays ne sachant surtout pas que c’est Conakry et Rabat qui financent le voyage d’étude des lauréats dans les conditions normales.

Les examens de cette année ont été marqués par la fraude ce qui n’ébranle pas Junior Kamano « j’ai quand même entendu des rumeurs, mais je précise que notre délégué était très sévère et les surveillants aussi. Mêmes les petites calculatrices n’étaient pas autorisées. Moi je ne sais pas avec ce résultat catastrophique comment on peut parler de cela. Je n’ai pas cherché à écouter ces « on dit ». »

Nous avons cherché à connaitre le statut de la famille du jeune lauréat, sa réponse est tout aussi claire « ma famille est pauvre. Lorsque je faisais le collège, au retour de l’école, je pouvais trouver que rien n’avait été préparé comme manger. Je voyais mes sœurs dans la souffrance et cela me faisait mal. Tout cela m’a beaucoup poussé à étudier. Mon père et ma mère sont tous enseignants donc le peu qu’ils gagnent ne peut pas suffire à tous les enfants qui sont au nombre de six.  Vous connaissez vous-même la famille africaine. »

Mamadou Samba Sow. Tel : 622.02.05.65      

Opinion : examens scolaires 2018, les raisons de l’échec

Ce lundi, 16 juillet, les résultats du Bac Unique sont en fin connus. Bien avant, la semaine dernière, ceux du CEE et du BEPC ont été rendus public. Globalement, un échec lamentable a été constaté surtout concernant le BEPC et le Bac. Comme tout citoyen guinéen, je me fais le devoir d’analyser les résultats de la session 2018 niveau par niveau, tirer des enseignements et faire des recommandations. Bien avant, je tiens à faire une précision importante sur le sens d’un examen scolaire. L’examen vise à évaluer: -Primo: le niveau de performance du système d’enseignement, -Secondo: le niveau de compréhension des programmes par les apprenants. Si on doit se féliciter aujourd’hui, c’est de la constance, relative, du succès enregistré à l’examen d’entré en 7e année dont le plus faible taux d’admission depuis l’avènement de la 3e République, sous l’ère Alpha Condé, remonte à 2011 (32,5%). Même si cette année, il y a eu une légère régression par rapport à 2017. Soit respectivement: 63,14% en 2017 contre 62,81% en 2018. Pour ce qui est du BEPC, il y a eu une légère progression par rapport à la dernière session soit respectivement: 36,70% en 2017 contre 36,75% en 2018, une augmentation de 0,5%. Concernant le Bac Unique, une régression légère est également à noter : 27,15% en 2017 contre 26,04% en 2018. Ce qu’il faudrait saluer à ce niveau, c’est la hausse du taux d’admission des filles par rapport à l’an passé: 19,69% en 2017 contre 21,0% en 2018. A présent, parlons de ce qui serait les raisons de l’échec aux examens 2018 dont les résultats sont qualifiés de « catastrophiques » par certains. Parmi les pistes à explorer, nous pouvons noter: 1-Les réponses communiquées par les surveillants, les « candidats connaisseurs » (échange inter-candidats) ou à partir de l’extérieur (introduction de traités sur papiers, communication téléphonique via SMS, Messenger ou Whatsapp) seraient fausses, 2-Le niveau des candidats est tellement faible qu’ils sont incapables de recopier correctement les traités qu’on leur balance ou communique directement. Cela peut aussi s’expliquer par le caractère illisible des écritures de certains candidats. Une précision importante s’impose à ce niveau: ceux qui disent que « le niveau des élèves est actuellement bas » doivent cesser de se flatter. Nous sommes tous passés par là. Ceux qui le disent aujourd’hui n’étaient pas des surdoués hier. Pratiquement, depuis les années 90, l’éducation guinéenne a toujours été bafouée. Les mauvaises pratiques d’aujourd’hui ne sont que de vieilles pratiques. 3-Le non repêchage des candidats ayant obtenus moins de 10/20 comme c’était le cas les années d’avant 2017, 4-La non maîtrise des programmes par les élèves en raison du faible niveau des enseignants mêmes et du caractère rétrograde de la pédagogie d’enseignement qui ressemble à la prestation de comédiens au  »Le Parlement du rire », 5-L’insuffisance de places dans les universités publiques (faible capacité d’accueil) vu que le gouvernement n’orientera de bacheliers que dans 5 universités privées, dit-on à l’ouverture prochaine, 6-Le semblant de rigueur dont le Ministère veut nous faire croire avec son slogan trompe-l’œil: « tolérance zéro ». Quoiqu’on dise, la fraude s’est passée au vu et au su de tout le monde et, d’ailleurs, l’Observatoire Citoyen du Système Educatif Guinéen (OCSEG) et ses ONG partenaires en ont fait cas (le rapport est disponible), 7-Une volonté manifeste du gouvernement à travers le MENA de réduire le nombre d’étudiants au profit de l’enseignement technique et la formation professionnelle. Mais, dans ce cas, la démarche est maladroite car, des campagnes d’information et de sensibilisation devraient être organisées. L’échec historique en Sciences Sociales (15,70%) nous en dit long. Partant de là, nous pouvons tirer les quelques enseignements ci-après: -le système éducatif guinéen est agonisant ou plutôt, il s’est « effondré »: faible niveau des formateurs et des apprenants entre autres, -La fraude ne détermine pas le taux d’admission sinon, nous aurions dépassé 80% d’admission à tous les niveaux cette année (raisons évoquées ci-haut), -Il y a un manque de volonté politique pour la qualification de l’éducation nationale si non, le MENA aurait accepté de reprendre au moins le Bac Unique vu qu’il avait été alerté sur les nombreuses anomalies. Pour finir, faisons quelques recommandations pour une meilleure qualification du système éducatif en plus de celles déjà faites par l’OCSEG et d’autres acteurs: -Reconstituer l’éducation nationale en un seul Ministère avec 3 secrétariats d’Etat, -Mettre hors d’état de nuire les réseaux de corruption qui ont pris en otage le système éducatif tout en moralisant les différents acteurs de l’école, -Instaurer un système d’enseignement axé sur la recherche dès le primaire afin de cultiver le goût de la lecture et de la recherche chez les apprenants (moins de théorie).

Aboubacar Mandela CAMARA Sociologue/Enseignant-Chercheur/Consultant en Education Président de l’OCSEG Coordinateur Save My School Tél.: 0024 628 13 36 09

Kindia: le taux de réussite au baccalauréat 2018 est de 31,84%

Les résultats du baccalauréat ont été publiés ce lundi 16 juillet. Dans la préfecture de Kindia on se frotte les mains avec un taux de réussite de 31,84% dont 24,38% chez les filles. Au plan national, il est de 26,04%.

Très satisfait de ce résultat, le directeur préfectoral de l’éducation de Kindia, Ousmane Aissata 1 Camara parle de réussite collective: « je remercie tout le monde, et je dédie ce résultat au corps professoral et aux parents d’élèves. Si le taux de réussite national est de 26,04%,  à Kindia c’est 31,84%. Donc nous sommes vraiment contents «  a t-il laissé entendre.

Siba Toupouvogui depuis Kindia

Guinée baccalauréat 2018 : 26,04% de réussite

C’est une information de laplumeplus.com, les résultats du baccalauréat de cette année seront publiés à 17h temps universel. Il faut cependant préciser que le taux de réussite  est de 26,04 %. Il est donc plus bas que celui de l’année dernière qui était de 27,15%.

Le document comportant les références de tous les admis a été remis ce lundi matin au premier ministre Ibrahima Kassory Fofana.

Pour ce qui est du pourcentage par option, les informations sont les suivants:

SE (sciences expérimentales): 28,06% d’admis

SM (sciences mathématiques): 39,40

SS (sciences sociales): 15,70

SS franco-arabe: 24,38

SE franco-arabe: 33,90

 

Mamadou Samba Sow

Guinée résultats bac 2018 : Pas de publication cette nuit selon une source

Sauf surprise de dernière minute, l’attente des candidats au baccalauréat va se prolonger en Guinée. Une source bien introduite au ministère de l’éducation nationale a confié à laplumeplus.com que le travail n’est pas encore terminé. Ce retard a été provoqué par les deux jours de troubles enregistrés à Conakry. Notre informateur ajoute toutes fois que la correction est finie tout comme le secrétariat et la centralisation. La première phase de contrôle du premier lot est finie, le deuxième lot également.

Tout coince au niveau du troisième lot qui va s’achever cette nuit précise notre interlocuteur. Ce travail se résume à la triangulation qui consiste à éliminer de la liste les cas d’absence, de candidats  pris en flagrant délit de fraude et les doublons. Lorsque que tout cela sera fait « on est alors capable de pouvoir montrer les résultats à l’autorité. Nous ne sommes pas très loin de cette phase. »

A la question cruciale de savoir si ces résultats sortiront cette nuit, l’informateur répond « il est difficile que je me prononce parce que nous nous allons finaliser, mais ce n’est pas à minuit, à 23h ou à 22h que nous irons voir l’autorité. C’est quand nous aurons quelque chose de clair que nous devons dans les normes soumettre les résultats au chef du gouvernement. » Il reviendra au premier ministre de prendre langue avec le président de la république pour lui donner les détails. Cela peut se faire même au téléphone et ce dernier peut sur le champ donner son feu vert parce que c’est l’examen le plus important, souligne notre source.  Il note également qu’il n’y aura pas de repêchage avant d’inviter les citoyens à ne pas croire aux statistiques qui circulent sur les réseaux sociaux.

Mamadou Samba Sow. Tel : 622.02.05.65       

Université de Kindia : 1500 étudiants reçoivent leurs diplômes

L’université de Kindia a procédé ce samedi 14 juillet 2018 à la remise des diplômes aux étudiants de la  9eme promotion du système LMD (licence, master, doctorat). Cette remise a réuni les acteurs de l’éducation de Kindia ainsi que les étudiants de ladite université.

C’est l’amphithéâtre de l’université qui a servi de cadre à la rencontre. Cette année ils sont au total 1500 étudiants, toutes facultés confondues à recevoir leurs diplômes. Le recteur docteur Jacques Kourouma a profité de l’occasion pour  dévoiler ses ambitions : « Les prochains jours, nous allons qualifier davantage cette université. C’est pourquoi j’ai mis en place une équipe jeune et féminisée.  Nous avons augmenté le nombre de docteurs dans les départements. Par exemple au département des sciences économiques, avant il y avait un seul docteur.  Cette année, nous avons 4. Les années à venir je veux qu’on dise qu’il ya 20 ou plus. Nous ambitionnons aussi avoir des salles de classes modernes. Je veux bâtir l’université du 21eme  siècle. Ce n’est pas un vain mot. Je m’y attache et je conduirai ce bateau à bond port.  Bientôt je serai à Abidjan pour inscrire cette université dans l’association des universités africaines. Aucune université guinéenne  n’appartient à cette association. A la rentrée prochaine, il s’agira aussi de créer un master de développement local qui va englober la formation de nos administrateurs tels que les préfets, sous-préfets, les maires car dans la sous-région cela n’existe pas. »

Jacques Kourouma, recteur de l’université de Kindia

De son côté Abdoulaye Diallo président du comité des étudiants s’est adressé à l’auditoire en ces termes: « Ces années passées à l’école furent danses non seulement en apprentissage mais aussi en émotion forte, en rencontre et parfois dans une ambiance de stress et de compétition. De travail et d’effort. Au lieu de jouer la carte de chacun pour soit, nous nous sommes serrés les mains et nous sommes restés solidaire »
Après les discours, les étudiants se sont succédé pour recevoir leurs diplômes. La fin de la cérémonie a enregistré une prestation artistiques.
Siba Toupouvogui depuis Kindia

UNISIM-IPROSIM : la quatrième promotion porte le nom d’Alpha Bacar Barry

195 étudiants de l’UNSIM (université de Simbaya) et de l’IPROSIM (institut professionnel de Simbaya) ont reçu leurs diplômes de fin d’études ce samedi au palais du peuple de Conakry. La cérémonie a regroupé plusieurs responsables éducatifs, étudiants et parents.

Dr Ousmane Souaré, administrateur général de l’UNISIM-IPROSIM

C’est d’abord Dr Ousmane Souaré administrateur général de l’UNISIM-IPROSIM qui a pris la parole pour noter que « les étudiants sortants de l’UNSIM, au nombre de 156 ont reçu leur formation dans les programmes de licence du système LMD au sein des facultés ci-après : la faculté des lettres et sciences humaines avec les départements de sociologie, langue arabe, journalisme et communication. La faculté des sciences économiques et de gestion avec les départements économie-finance, administration des affaires et banque-finance. La faculté des sciences politiques et juridiques avec les départements de droit, droit des affaires et relations internationales. La faculté des sciences et technologie avec les départements de génie informatique, génie civile, télécommunication, mines et géologie. Ceux de l’IPROSIM dont l’effectif est de 39 étudiants ont bénéficié d’une formation professionnelle avec à la clé un diplôme de BTS (brevet de technicien supérieur) dans deux départements : le département tertiaire avec les filières de comptabilité-gestion, informatique et gestion, banque-assurance, tourisme et hôtellerie et secrétariat bureautique. Le département technique avec les filières de génie informatique, BTP (bâtiment et travaux publics), électricité et topographie. »

L’ancien ministre de l’éducation nationale a ajouté que son institution a mis sur le marché depuis sa création en 2012, 596 diplômés dont 489 pour l’UNISIM et 107 pour l’IPROSIM. Parmi ces anciens, trois ont obtenu des stages à la BICIGUI et l’un d’eux poursuit sa formation actuellement en France et fait un stage à la BNP Paris-bas.

Dr Souaré a exhorté les étudiants sortants à plus de sérieux dans leur nouvelle vie « vous entamez une autre étape importante de votre vie, celle de la vie professionnelle qui se distingue de la vie estudiantine. Je vous souhaite bonne chance sur le marché de l’emploi, que chacun de vous jouisse pleinement de sa formation au service de sa famille, de sa société et pourquoi pas de la Guinée toute entière. A ce niveau, je vous demanderai de ne pas être des demandeurs d’emplois, mais des créateurs d’emplois. »

Les diplômés par la voix de leur président Jean Dobo Inapogui semblent avoir compris le message. Il dira qu’il s’agit d’un jour pas comme les autres. L’orateur a reconnu que les années de formation passées à l’UNISIM-IPROSIM ont été denses tout en rendant hommage au corps professoral.

De son côté, Dr Lansana Sylla directeur national de l’enseignement supérieur privé a demandé aux jeunes sortants de se trouver eux-mêmes du travail surtout en apprenant l’anglais. L’autre conseil qu’il leur aura donné c’est de ne jamais oublié d’offrir des opportunités à l’UNSIM-IPROSIM pour ceux qui s’ils se rendront à l’étranger.

Plusieurs enseignants ont été distingués lors de la cérémonie en recevant des satisfécits de la direction de cette institution d’enseignement. Dans les rangs des étudiants également, les meilleurs ont été cités en première position et leur bravoure magnifiée. Parmi eux on retiendra : Aissatou 1 Bah (banque-finance), Moustapha Bah (économie-finance), Mamadou Makka Bah (administration des affaires), Mamadou Hady Minthé ou encore Ibrahima Sow (arabe).

Le groupe d’étudiants lauréats avec le parrain

Un défilé de mode dont la tenue de la première styliste n’a pas été appréciée par certains et la prestation de l’humoriste Sow Pédro ont agrémentés la rencontre.

La boucle a été bouclée par le baptême de la promotion qui porte désormais le nom d’Alpha Bacar Barry. Ce dernier est un jeune modèle patron de l’entreprise de micro-finance Jatropha. Parlant de l’intéressé, Dr Ousmane Souaré a admis que c’est « un jeune cadre talentueux. »

Alpha Bacar Barry parrain de la promotion

Monsieur Barry ému par le choix porté sur sa personne a tout naturellement prodigué de sages conseils à ses jeunes frères en quête d’emploi « UNISIM désormais est ma maison. Mais ce n’est pas la fin de vos peines, c’est le début…apprenez à travailler dur, à être disciplinés dans le travail. » Il a par ailleurs exhorté les uns et les autres à s’adonner à l’agro-industrie.

Une partie du corps professoral de l’UNISIM-IPROSIM

Pour rappel, la première promotion de l’UNSIM-IPROSIM a porté nom de feu Alpha Oumar Bah (AOB) ancien professeur de ladite université. La deuxième promotion a été nommée Elhadj Ousmane Souaré et la troisième Kabinet Komara.

Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé  

France Bac 2018 : le taux de réussite, en hausse, atteint 88,3 %

88,3% des candidats ont décroché leur Bac. Le deuxième meilleur taux jamais atteint. La filière professionnelle, avec un taux de réussite de 82,6 %, est celle qui a le plus progressé par rapport à 2017.

La session 2018 du Bac est close depuis jeudi 12 juillet. Au terme des dernières épreuves de rattrapage, les 765.000 candidats qui l’ont passé connaissent aujourd’hui leur sort : ils sont 675.600 à avoir décroché leur diplôme. Le taux de réussite est ainsi de 88,3 % – un taux meilleur que celui de 2017 (qui était alors de 87,9 %), mais inférieur à celui de 2016, qui atteignait 88,6 %, et qui fait office de record.

91,1 % des bacheliers généraux ont décroché leur diplôme

Selon l’Éducation nationale, le taux de réussite s’élève plus précisément à 91,1 % pour le bac général, 88,9 % pour le bac technologique et 82,6 % pour le bac professionnel. Dans la filière générale, le bac ES affiche une hausse de son taux de réussite (1,3 points de plus qu’en 2017). La série S possède le plus gros taux de réussite, avec 91,8 % d’admis, un chiffre « stable », selon le ministère. De son côté, la série L affiche un taux de réussite de 90,7 %, soit 0,1 point de plus qu’en 2017. Au total, le nombre de bacheliers généraux atteint 359.100, soit 21.600 de plus que l’année dernière.

Le taux de réussite dans les séries technologiques (STMG, TMD, STI2D, ST2S, STL, STHR, STD2A, STAV) qui s’établit à 88,9 %, est en baisse par rapport à 2017 (-1,6 point), quand celui du bac professionnel est de 82,6 %, soit 1,1 point de plus qu’en 2017, ce qui en fait la filière qui progresse le plus. « Le baccalauréat 2018 a permis de qualifier professionnellement 178 400 jeunes », note en outre l’Éducation nationale.

Le pourcentage de bacheliers dans une génération s’élève à 79,9%

Selon Jean-Marc Huart, directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco), interrogé par RTL, la meilleure moyenne, décernée dans l’académie de Limoges, serait (sous réserve de confirmation) de 21,39/20… un score qui s’explique grâce aux points supplémentaires des options.

Le Bac serait-il trop facile, et son taux de réussite, 88,3 %, artificiel ? « Il faut féliciter les candidats, qui ont réussi un examen qui reste difficile. Pour autant, et c’est le sens de la réformeprévue pour 2021, il faut que cet examen soit encore plus performant, pour permettre la réussite dans l’enseignement supérieur… Cette année, 79,9 % d’une génération obtient le Bac : nous ne sommes pas à 100 % », argue Jean-Marc Huart, pour qui « cela reste un examen important, pour la poursuite d’études, mais aussi en tant que rite de passage ».

Source : http://www.vousnousils.fr

Alphabétisation : La Guinée recule

L’Alphabétisation est, par définition, l’ensemble des activités éducatives et de formations destinées à des jeunes et à des adultes en vue d’assurer l’acquisition de compétences de base dans une langue donnée et qui vise l’autonomie de l’apprenant. Elle est une composante de l’éducation non formelle.

Quant au taux d’alphabétisation, c’est le rapport entre le nombre de personnes capables de lire et écrire en le comprenant, un exposé simple et bref de faits en rapport avec leur vie quotidienne et la population totale.

Globalement, dans le monde, le défi à relever en matière d’alphabétisation reste encore très énorme. Selon les statistiques données par Plan International, en 2017, 860 millions de personnes dont 500 millions de femmes sont illettrées dans le monde. En plus, 67,4 millions d’enfants restent non scolarisés.

Par ailleurs, il faut souligner que certaines régions du monde ont enregistré une forte progression en termes d’alphabétisation. C’est le cas de l’Asie du Sud-est dont le taux d’alphabétisation est passé de 46% en 1990 à 72% en 2016 ; l’Afrique du Nord et l’Asie de l’Ouest de 64% à 84% ; l’Asie de l’Est et du Sud-est de 82% à 96% ainsi que l’Amérique Latine et les Caraïbes de 85% à 94%. L’Afrique Subsaharienne ferme la marche avec 65% comme taux d’alphabétisation.

En Guinée, selon le RGPH (recensement général de la population et de l’habita) 2014, nous pouvons noter une régression progressive du taux d’alphabétisation. En effet, en 2007, ce taux était de 34,5% sur le plan national dont 49,9% pour les hommes et 21,5% pour les femmes. En 2014, ce taux chute pour se retrouver à 32,0% soit 2,5% de moins. Ce qui fait que le taux d’alphabétisation en Guinée est au dessus de 65%. Même si, il faut le reconnaitre, le taux d’alphabétisation des femmes a connu une légère progression par rapport à celui des femmes soit respectivement 22,0% en 2014 contre 21,5% en 2007 pour les femmes et 43,6% en 2014 contre 49,9% en 2007 pour les hommes.

Pour ce qui est de l’évolution du taux d’alphabétisation selon les régions administratives, nous pouvons noter :

  • Une très forte régression dans les régions de Faranah (27,2% en 2007 contre 22,3% en 2014) et de Labé (35,2% en 2007 contre 23,4% en 2014) ;
  • La région de Kankan enregistre depuis toujours, le plus faible taux même si, par ailleurs, c’est là où on note également la plus forte progression (12,9% en 2007 contre 18,2% en 2014) soit une augmentation de 6,7% ;
  • Les régions de Conakry et de Mamou ont connu moins de régression soit respectivement : 62,5% en 2014 contre 64,6% en 2007 pour Conakry et 23,0% en 2014 contre 24,3% en 2007 pour Mamou ;
  • Kindia et Boké sont les deux régions qui ont connu une progression appréciable soit respectivement : 28,3% en 2007 contre 30,4% en 2014 pour Kindia et 31,8% en 2007 contre 32,3 en 2014 pour Boké ;
  • En fin, la région de N’Zérékoré a, quant à elle, a gardé une relative stabilité : 27,6% en 2007 contre 27,3% en 2014.

Visiblement, la Guinée a encore du chemin à faire pour changer la donne en matière d’alphabétisation car, une population à majorité analphabète ne peut nullement sortir un pays de l’extrême pauvreté.

Pour cela, il faudrait entre autres solutions :

  • plus d’investissements dans le secteur de l’éducation, au moins 25% du budget national de développement (BND) et une utilisation rationnelle des fonds pour un impact considérable et durable ;
  • penser aussi à la nomination de cadres compétents, intègres et patriotes ; des têtes qui pensent, non uniquement des bouches qui mangent et qui parlent ;
  • valoriser les écritures issues de nos langues nationales telles le N’KO et l’alphabet Pular ;
  • adopter une démarche implicative et collaborative de tous les acteurs concernés y compris les populations à la base et les organisations de la société civile.

Aboubacar Mandela CAMARA, sociologue/enseignant-chercheur/consultant. Coordinateur de Save My School. Président de l’Observatoire Citoyen du Système Educatif Guinéen. Tél. : 00224 628 13 36 09

Diallo Abdoulaye Hady, administrateur général du complexe scolaire La Plume : « Nous avons là une détermination sans faille de former ici une élite qui pourra devenir le porte flambeau de la Guinée et de toute l’Afrique. »

Il a fait ses études en Guinée avant de les poursuivre en Asie et en Europe. Diallo Abdoulaye Hady est revenu depuis quelques temps dans son pays pour participer à son développement. Aujourd’hui, il dirige  une nouvelle école qui ouvre à la prochaine rentrée. Dans cette interview, il nous parle des ambitions du personnel du complexe scolaire La Plume situé à Koloma-Soloprimo dans la banlieue de Conakry.

Laplumeplus.com : d’abord un bref aperçu sur votre parcours

Diallo Abdoulaye Hady : j’ai fini mes études universitaires à Sonfonia en 2009. J’ai soutenu sur un thème qui concerne la contribution d’IFES dans le processus de démocratisation de la Guinée de 1990 à 2010. J’ai eu mention excellent. On m’a proposé de rester au département d’histoire des relations internationales pour enseigner. Ce que j’ai accepté. J’ai été homologué de 2009 à 2012. J’étais chargé de cours en licence deux et assistant du chef de département Dr Mamadou Dian Chérif Diallo. Mes parents m’ont soutenu pour aller en Chine faire des études de langue chinoise. J’ai commencé à China university of petrolium à Qindao au sud de 2012 à 2013. Ensuite je suis allé à Canton Guangzhou à Guangdong university of foreign studies. C’est une université qui donne des cours dans des langues étrangères y compris la langue chinoise. J’ai continué sur place jusqu’en 2014 et j’ai eu un certificat de niveau 3, l’équivalent du TOEFL en langue chinoise. Après, je me suis aperçu que faire l’université en Chine me demande non seulement assez de temps, mais assez de moyens parce que pour que je puisse tenir un cours en chinois, il fallait encore deux autres années et en tout cinq ans pour que je puisse avoir un niveau me permettant de comprendre un cours en chinois à l’université. Du coup, j’ai postulé pour les universités européennes. Trois pays m’ont accepté notamment l’Université Libre de Bruxelles, l’Université de Genève et l’université Paris 4 La Sorbonne. Compte tenu de la renommée et le niveau des diplômes de La Sorbonne, je suis allé à Paris en 2014 pour faire un master en relations internationales. J’ai soutenu sur les sanctions internationales en Afrique. Entre 2015 et 2016 j’ai fais le master 2 toujours dans le même domaine cette fois-ci la contribution des embargos dans la résolution des crises en Afrique avec étude de trois cas : l’Angola, la Sierra-Leone et la Côte d’Ivoire. Là aussi j’ai soutenu avec mention.

J’ai fais des stages au niveau du HCR, haut commissariat des Nations-Unies aux refugiés à Charles De gaulle Etoile à Paris, à France-Télévision au niveau de la direction de communication, ensuite j’ai eu un CDD (contrat à durée déterminée) à l’ambassade du Koweït avant de décider finalement de revenir m’investir pleinement dans le domaine de l’éducation.

Présentez-nous maintenant votre école qui doit ouvrir en septembre prochain même si vous n’avez peut être pas d’effectifs en ce moment.

Heureusement, on commence à avoir de l’effectif. Celui que nous avons actuellement avec les inscriptions c’est le même que certains avaient à leur ouverture selon eux pour toute une année. On redouble d’effort encore pour essayer d’aller loin.

Alors, vous avez combien d’élèves en ce moment ?

Je préfère ne pas dire le chiffre pour ne pas effrayer ceux qui ne sont pas venus ou bien se réjouir et dire le travail est déjà fini.

Votre école sera-t-elle particulière parce que les établissements poussent un peu partout ?

Alors La Plume sera une école qui ne sera pas comme les autres.   C’est un établissement qui a un objectif, une vision. Notre vision n’est pas demain ni après demain. C’est une vision lointaine. En plus du personnel guinéen et étranger qualifié que nous avons, nous avons proposés l’enseignement du français, l’anglais, l’arabe. Nous avons aussi prévu  une bibliothèque moderne permettant de donner à tout un chacun  l’opportunité  d’avoir pendant son cycle tous les ouvrages qu’il faut pour bien assimiler les cours. Ensuite nous nous sommes dis que l’enseignement c’est à la fois la théorie et la pratique. Les deux sont intimement liées. Donc nous avons un laboratoire scientifique. Et en dehors de tout cela, nous avons un centre informatique dont les ordinateurs sont flambants neuf et en fonction de l’effectif de la classe 25 élèves 25 ordinateurs.

Ce qui est nouveau chez nous, à La Plume, les élèves commencent dès la première année l’informatique tout comme l’anglais parce que nous ne formons pas que des élèves. Nous formons à la fois des citoyens et des élites. L’élite, c’est celui là qui pourra à travers la formation acquise au niveau de La Plume, avoir une bonne formation, une opportunité d’insertion professionnelle, se servir et servir les autres. Pour le faire, il faut de nos jours, dans un monde purement concurrentiel, compétitif, maîtriser l’anglais et l’informatique pour réussir dans sa vie tant sur le plan personnel que professionnel. J’ai été témoin en Chine, aux Etats-Unis où j’ai été en vacance, au Canada, en France on n’en parle pas. Franchement, il faut se préparer à cette compétition qui  sera rude parce qu’il y a assez de demandeurs. Seul celui qui sera prêt à affronter cette concurrence pourra réussir.

Quelles sont les conditions pour accéder à votre établissement ?

Elles sont simples. D’abord, compte tenu de notre ambition de former l’élite ici,  tant les professeurs sont soumis à un teste de recrutement, tant les élèves aussi sont soumis à un teste d’accueil. Le teste est là pour poser un diagnostique au moment où l’élève entre au complexe scolaire La Plume. Nous devons savoir quelles sont les lacunes, les faiblesses s’il y en a de l’élève au moment où il vient chez nous. C’est une responsabilité pour nous de prendre l’avenir de toute la nation parce qu’un seul enfant ici peut conduire toute la nation. S’il n’est pas apte à rester dans sa classe, nous conseillons aux parents de le rétrograder. S’il y a entente entre nous, tant mieux, sinon en tout cas, pas de négociation même si le parent est prêt à payer toute la scolarité. Pour ce qui est des tarifs, ils sont disponibles sur notre page facebook complexe scolaire La Plume. Il faut aussi fournir quatre photos d’identité, une copie de l’extrait de naissance et 200.000 francs guinéens. Là nous préinscrivons l’enfant, sa place est réservée. Je rappelle que l’effectif est limité à 25 élèves par classe. Si l’enfant est retenu à l’issu du teste, le parent verse la scolarité.

Pourquoi avoir choisi le nom La Plume ?

Les écoles en Guinée sont généralement personnalisées. Complexe scolaire Elhadj, complexe Hadja…nous avons voulu nous démarquer. Pour toute personne qui connait l’importance de l’écriture, l’histoire de la plume, par rapport à la vision que nous avons dans cette école, nous pouvons prendre La Plume parce que tout part de là. L’écriture scientifique que nous avons aujourd’hui, part de cette plume. Pour nous c’est une suite logique. Nous commençons par elle pour évoluer.

Vous avez poursuivi les études hors de la Guinée, quel regard portez-vous sur le système éducatif guinéen ?

D’abord le discours selon lequel le système éducatif est mauvais, c’est faux. Il n’est pas du tout mauvais. C’est la façon d’appliquer qui est mauvaise. On ne s’attaque pas à la source du problème. Un élève qui a fait dix ans de scolarité, s’il écrit une phrase vous comptez combien de fautes ? Qui le forme ? C’est l’enseignant. Mais prenez l’enseignant lui-même, prenons ses conditions salariales. Il est payé à combien ? Est-ce que s’il est mal payé, il pourra bien faire un travail ?

Le ministère en charge de l’éducation, quels sont les dispositifs mis en place pour la formation des formateurs ? Interrogez les enseignants combien de fois ils ont reçu des formations leur permettant d’évoluer dans leur cursus professionnel. Des formations continues ne sont pas initiées. Vous prendrez le cahier d’un enseignant qu’il a utilisé en 1999, le même cahier de préparation est utilisé en 2018. Il n’y a pas d’évolution. Les mêmes méthodes continues. Les conditions ne sont pas créées pour que le système soit efficace. Tout le monde dit que ceux qui ont été formés sous le régime de Sékou Touré sont biens. Mais il y a eu un délaissement de la part des autorités à partir du deuxième régime. Mais qu’est-ce qui a fait cela ? Ceux qui sortent ici qui ont une bonne formation de base et qui partent à l’extérieur et qui participent à des compétitions avec les autres nationalités réussissent. Pourquoi pas ici ?

Ce n’est pas pour se leurrer, moi je n’ai jamais échoué depuis que je suis sorti ici. Je ne vais pas vous mentir. Mais là aussi il y a plusieurs paramètres. Si vous partez en France, vous n’avez pas assez de moyens pour vous consacrer aux études, vous êtes obligez d’aller faire un petit boulot car vous n’avez pas de quoi payer votre chambre, payer votre manger, les parents appellent de gauche à droite, vous n’allez pas réussir. Je sais que ce n’est pas seulement l’intelligence.

Moi je dirai que le système éducatif guinéen est bien. C’est la rigueur et le sérieux qui ne sont pas là. Je demande à tout un chacun de veiller à l’éducation des enfants. La formation ce n’est pas aussi aller simplement à l’école et revenir. Il y a plusieurs paramètres qu’il faut maitriser pour qu’un enfant se forme bien. Il a besoin d’une tranquillité, d’un cadre familial serein, d’un bon entretien à la maison. Si ce cadre familial est bien, il n’y a pas de petit souci au niveau du couple, il (l’enfant) dort bien (8h par jour), il mange bien, l’environnement avec ses copains dans le quartier, il pourra se former bien. L’autre environnement c’est celui de l’école.

Abordons maintenant le rôle de la diaspora dans le développement de nos Etats. Vous êtes revenu alors que d’autres préfèrent prolonger leur séjour surtout en occident en restant d’éternels étudiants. Quel conseil donnez-vous  à ceux qui pensent qu’il est impossible de réussir ici ?       

Chacun peut répondre à sa façon. Moi je dis qu’il n’y a pas meilleur que chez soi. J’ai commencé par la Chine, la France, Londres, les Etats-Unis, le Canada, je me sens à l’aise chez moi. Il n’est pas impossible de réussir chez soi, mais simplement il faut avoir un objectif et ne pas écouter ceux qui vont vous décourager. Quand j’ai pris la décision de revenir, ceux du pays m’ont toujours dit tu reviens faire quoi ? Et quand vous dites à vos amis qui sont en Europe ou ailleurs, ils vous encouragent, vas-y ! Ils vous disent c’est là-bas qu’il faut réussir. Vous voyez le paradoxe ! Ceux qui sont là parce qu’ils n’ont pas eu la chance de sortir estiment que la réussite c’est ailleurs. Ceux qui ont eu la chance de sortir et qui ont vu ailleurs ont compris que la réussite ce n’est pas parce que vous êtes en Guinée ou de l’autre côté. Ceux qui ont payé mes études en Chine sont des gens qui n’ont pas bougé de la Guinée. Là je regrette pour tous ceux qui périssent dans les eaux pour aller en Europe. Il n’ y a pas d’eldorado là-bas. Il n’est pas mauvais de sortir parce que vous aurez beaucoup d’opportunité, mais si vous sortez focalisez-vous sur un objectif. Faites bien vos études, fixez-vous des objectifs à atteindre, ne revenez jamais au pays sans objectif. Moi mon objectif a été clair, je reviens pour m’investir au niveau de l’éducation pour apportez mon expertise dans le domaine et être à l’aise parce que mon domaine de prédilection, c’est l’éducation, c’est la formation. Revenez au pays, ça va être très dur au début. N’écoutez pas les gens ! Fermez les oreilles et avancez, vous réussirez !

Merci de nous avoir reçus chez vous     

C’est à moi de vous remercier. J’appel tous les parents d’élèves de Conakry et d’ailleurs à venir visiter le complexe scolaire La Plume. Nous avons là une détermination sans faille de former ici une élite qui pourra devenir le porte flambeau de la Guinée et de toute l’Afrique.

Interview réalisée par Mamadou Samba Sow et Baldé Abdoul