M. Fakoura Kéïta, proviseur du lycée de Sonfonia : « Aboubacar Soumah est un rebelle, un dissident… »

Monsieur Fakoura Kéïta proviseur du lycée-collège de Sonfonia ne mâche pas ses mots. Il est en colère contre le secrétaire général du SLECG, syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée qui menace de boycotter la rentrée scolaire si le gouvernement n’accorde pas huit millions de francs comme salaire de base à chaque enseignant.

Le proviseur sur un ton ferme s’est montré opposé à cette décision, car selon lui Aboubacar Soumah est tout simplement un rebelle: « Les menaces d’Aboubacar Soumah, c’est le gouvernement qui les cautionne. Il est dans l’illégalité. Aboubacar Soumah ne travaille pas, il n’est pas enseignant. Avant 2006, il n’était plus en classe, c’est un rebelle, un dissident. Qu’est-ce qu’il a apporté aux enseignants durant ces grèves passées ? Ces mouvements ont causé beaucoup de problèmes aux candidats du BEPC et du baccalauréat. Les 40% dont il a réclamé le payent étaient déjà programmés. Le 3 octobre les écoles ouvriront leurs portes et le SLECG légal est celui qui a tenu son congrès les 15 et 16 mai dernier.  » a-t-il conclu.

Mamadou Malal Bah 620690727

Lycée-collège de Sonfonia: après un an de fermeture, la rénovation démarre

C’est  au début de ce mois de septembre que les travaux de rénovation du lycée de Sonfonia ont commencé. Cette école vieille de 27 ans présente une image piteuse. Aujourd’hui dans son enceinte, un groupe d’ouvriers est visible, elle est donc en chantier. Fakoura Kéïta Proviseur dudit établissement, revient sur l’état d’avancement des travaux: « Le jour tant attendu est arrivé, les travaux ont commencé, ça avance. Ils sont en train de nettoyer le mur du bloc A, ils ont monté les charpentes métalliques, après ils feront face au bloc B. Les fenêtres et les portes sont en train elles aussi d’être changées. »

Nous avons tenté d’interroger le chef du chantier sur les difficultés rencontrées mais le concerné nous a signifié qu’il est occupé. À deux semaines de l’ouverture des classes, le lycée de Sonfonia ne sera pas en mesure de recevoir les élèves: « Je ne peux pas confirmer que l’école sera prête à recevoir les élèves le 3 octobre, car les travaux seront arrêtés le 25 septembre. Ce n’est pas le lycée Sonfonia seulement qui est en cours de rénovation, c’est tous les blocs Africof de Conakry qui sont présentement en chantier ».

Mamadou Malal Bah 620690727

Musique-interview: Mamadou Madiou Diallo alias Anti-Babylone « les artistes rencontrent beaucoup de problèmes financiers, l’État est complètement absent et les promoteurs nous exploitent. »

Mamadou Madiou Diallo est un chanteur-compositeur qui a commencé la musique en 2007 à Labé avec le groupe Faïbhe africa. En 2010, il décide de poursuivre sa carrière solo. Il fait du reggae dancehell. Il chante en français, en anglais et en pular. Dans ses nombreuses chansons, il dénonce les dérives du pouvoir en place et cherche aussi à éduquer. En 2018, il décide de quitter la Guinée pour une aventure musicale dans la capitale malienne où il fera connaissance avec plusieurs hommes de culture parmi eux Tiken Dja Fakoly et Ras Balaski.
Après son séjour à Bamako, il revient s’installer à Labé. Actuellement il travaille sur son projet d’album. Dans cette interview qu’il nous a accordée, nous avons abordés  plusieurs questions d’ordre culturel.

www.laplumeplus.com   Retracez-nous votre parcours scolaire
Mamadou Madiou Diallo (Anti-Babylone) : j’ai étudié jusqu’en terminal. J’ai fait le bac et après j’ai jugé nécessaire de mettre les études de côté pour une aventure musicale.

En parlant d’aventure musicale, j’ai quitté la Guinée parce que la musique m’emporte, la musique c’est ma vie. Elle fait partie de moi. Vu tout cela, j’ai jugé nécessaire de me parfaire en allant au contact d’autres cultures. À Bamako, j’ai rencontré beaucoup d’artistes, nous avons travaillé ensemble.

Vous  faites le reggae et vous êtes à l’intérieur du pays. Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confronté ?

Bon mon frère, quand on parle de difficultés, on va rester là à raconter jusqu’à demain parce que disons la vérité les artistes rencontrent beaucoup de problèmes. Les artistes ne sont pas soutenus en Guinée. Pour certaines personnes quand on est artiste on est simple vagabond. Mais nous, nous sommes là pour toujours mener le combat. Nous sommes là pour sensibiliser la population. Mais au fur est à mesure les gens comprendront la vérité, ils vont commencer à comprendre  les motifs. Les artistes rencontrent beaucoup de problèmes financiers, l’État est complètement absent et les promoteurs nous exploitent.

Quel son les projets d’Anti-Babylone dans le long et court terme ?

Les projets sont très nombreux mais pour le moment je suis entrain d’enregistrer des chansons. Quand tu prends ton enfants tu dois préparer son avenir tu vois et pour moi la musique c’est mon bébé. Pour le moment,  je prépare mon album de dimension internationale.

Monsieur Diallo vous dites que les artistes ne sont pas soutenus. Si on vous demandait de donner des conseils au ministre de la culture…

(Rire) les propositions vont être nombreuses. Moi je vais lui demander de venir en aide aux artistes, d’essayer aussi de construire des salles de spectacles, les maisons des jeunes dont on parle c’est des simples hangars qui servent de lieu de spectacles. Pour moi, même l’esplanade du palais n’est pas un lieu de spectacle.

Maintenant parlons des promoteurs culturel et des managers. Anti-Babylone a t-il un manager?

Actuellement j’ai deux managers.  Mamadou Falilou Doumbouya c’est un manager pour moi. C’est vrai que nous n’avons pas un contrat signé et cacheté je sais que  cela va venir. J’ai un autre à Bamako, Ras-Balaski.

Pourquoi le choix de ce pseudonyme Anti-Babylone. Dites-nous le mystère qui se cache derrière ?

(Rire). Quand tu dis Babylone, déjà c’est le système artificiel créé pour s’opposer au système naturel. Quand tu dis Babylone les gens vont penser au blanc mais ce n’est pas les blancs parce que même parmi les noirs il y a des Babylones. Babylone c’est toute personne qui a un mauvais caractère, les personnes qui font du mal à leurs prochains. Quand vous prenez aussi ce qui s’est passé en Afrique : esclavagisme, travaux forcé, tout cela c’est le système Babylone.

Quel est le message que vous avez à l’endroit de tout ce qui admire votre musique surtout vos fans ?

J’invite mes fans à rester positif. Pour moi les fans c’est comme mes élèves. Si quelqu’un vous vois comme son artiste, il vous voit déjà comme son éducateur. Un artiste éduque,  je demande à mes fans de ne pas se laisser emporter par la politique.

Interview réalisée par Mamadou Falilou Doumbouya. Téléphone : 623.41.67.32

 

Rénovation des écoles : quel rôle pour les communautés ?

l’état des infrastructures scolaires tant bien en milieu urbain que rural est de nos jours très ahurissant et déplorable. Nos écoles reflètent l’image de sites préhistoriques à l’abandon depuis belle lurette. Que faut-il faire afin de les rendre attrayantes et commodes ? Telle est la question qui me taraude l’esprit depuis un bon moment !

Ce n’est qu’une tautologie de souligner que l’éducation ne représente pas, pour le moment, une priorité quelconque aux yeux de nos gouvernants. A voir certains établissements scolaires ou bâtiments administratifs, on a juste envie de pleurer ou de vomir. En guise d’illustration, nous pouvons citer : le lycée 2 octobre à Kaloum, les établissements Africof un peu partout à Conakry ainsi que d’autres écoles surtout publiques ; le lycée 28 Septembre de Kindia, la Direction Préfectorale de l’Education de Macenta, les lycées Général Lansana CONTE, Hoggo M’Bouro et Wouro à Labé, le lycée-Collège Général Lansana CONTE de N’Zérékoré, le lycée Elhadj Oumar TALL de Dinguiraye, le collège Dounet dans Mamou ou encore le collège Niger de Faranah.

Face à cet état de fait, il revient aux populations locales de prendre leur destin en main. Car, si on n’a pas quelqu’un pour laver son dos, on peut au moins s’occuper de son ventre en attendant.

Une forte mobilisation communautaire avec l’aide des ressortissants de toutes les catégories socioprofessionnelles (commerçants, ouvriers, fonctionnaires,…) est plus que nécessaire pour qualifier l’éducation nationale en commençant par la rénovation ou la construction ainsi que l’équipement des établissements scolaires dignes de nom.

Au lieu de se lamenter, jeter l’anathème sur les autres, les populations locales devraient agir car, nous apprend-on, le véritable développement doit venir de la base. Et, comme nous le savons tous, la pierre angulaire de tout développement radieux reste et demeure : l’éducation.

C’est le cas par exemple de ce digne fils ressortissant du District de Dantillya (Faranah) qui y a construit une école Franco-arabe, une école primaire et un collège, les écoles primaires de Dar-Es-Salam dans Bantignel et Donghol Touma (Pita) en sont également illustratives.

Pour y arriver plus facilement, les recommandations ci-après peuvent être utiles :

  • les organisations communautaires locales doivent inscrire dans leurs plans d’action un volet éducation ;
  • les responsables des communes rurales doivent également faire une prise de conscience quant à la place qu’occupe l’éducation dans le cadre du développement ;
  • les Sous-préfets et autres agents de l’Etat doivent sensibiliser et mobiliser les populations locales en faveur de l’éducation ; eux-mêmes, ils doivent en faire une priorité ;
  • les ressortissants de ces localités doivent se constituer en organisations formelles afin de pouvoir lever des fonds auprès des institutions internationales et autres partenaires techniques et financiers en faveur du développement de leurs localités en général, de l’éducation en particulier ;
  • le gouvernement doit, à travers une ligne budgétaire dédiée à cet effet, accompagner les organisations communautaires dans leurs programmes de développement y compris dans le secteur de l’éducation ;
  • les ressortissants ayant des moyens financiers et matériels, doivent penser à l’avenir de leurs localités en y construisant des écoles adéquates ;
  • les jeunes diplômés, originaires de ces localités doivent aussi penser à y aller dispenser des cours suivant des mesures d’accompagnement définies à cet effet soit par le gouvernement, soit les communautés.

Somme toute, aucun pays ne peut se développer sans l’implication réelle de ses citoyens et, la voie la plus sûre pour un développement radieux est, sans aucun doute, l’éducation. Le gouvernement, surtout quant il est moribond, ne peut jamais tout faire ; même si, rappelons-le, cela relève de son rôle régalien.

Retenons, in fine, cette célèbre affirmation de Blaise Pascal TALLA : « l’éducation est la clef du développement et le seul vrai remède contre la pauvreté. »

Aboubacar Mandela CAMARA, sociologue/enseignant-chercheur/consultant, activiste-défenseur du droit à l’éducation. Tél. : +224 628 13 36 09 Email : aboucamus86@yahoo.fr 

Bourse d’études Maroc: Aboubacar Guirassy, deuxième de la République en SS exclu de la liste

Reçu ce lundi par nos confrères de la Radio Espace FM dans l’Émission  » Les Grandes Gueule  », Aboubacar GUIRASSY, le deuxième de la République en sciences sociales dit être estomaqué de n’avoir pas vu son nom sur  la liste des boursiers guinéens devant poursuivre leurs études au Maroc. Depuis qu’un de ses frères l’a appelé pour lui l’information, la victime a mené plusieurs démarches qui sont restées veines.

 »Je suis vraiment déçu qu’on puisse me remplacer par quelqu’un qui ne le mérite pas. Je rêvais faire de hautes études, mais ce n’est pas le cas  » s’est indigné le jeune bachelier.

Aboubacar GUIRASSY (ancien élève du SEMYG) lance un appel aux autorités éducatives guinéennes  » Ce que je demande au service examen et à l’ONABE, office national des bourses extérieur, c’est de me restituer ma bourse  ».

Pour l’instant, les responsables en charge de l’office national des bourses extérieures de Guinée gardent le silence.

Chaque année, des lauréats au baccalauréat se retrouvent dans la même situation qu’Aboubacar GUIRASSY. On se souvient que l’année dernière, le neuvième de République en sciences sociales n’avait pas pu être parmi  les boursiers qui devraient aller au Maroc.

Babanou Camara

Kindia : création du Syndicat National de l’Education (SNE)

Une nouvelle structure dénommée le Syndicat National de l’Education (SNE) a été mise en place le  vendredi 7 septembre. C’est l’université de Kindia qui a servi de cadre aux congressistes a constaté le correspondant de laplumeplus.com. Le tout premier secrétaire général de cette organisation est Michel Pépé Balamou, professeur chargé des cours de philosophie au lycée Léopold Sedar Senghor (Yimbaya ).

Les travaux de la mise en place de cette structure syndicale ont été très longs et les discutions très houleuses a-t-on constaté.  C’est à l’issu de cela que, Michel Pépé Balamou  a été élu par ses paires pour un mandat de 3 ans.

Le bureau est constitué de 25 membres dont 2 femmes, 15 sièges ont été accordés à Conakry et 14 pour ceux de l’intérieur.

Le directeur régional de l’enseignement technique, de la formation professionnelle, de l’emploi et du travail de Kindia Mohamed Cissé venu superviser les travaux s’est réjouit du déroulement des votes : «  Nous sommes un pays démocratique, nous essayons d’évoluer dans ce sens pour que les partenaires sociaux sachent le terrain sur le quel ils évoluent. Aujourd’hui, nous avons observé que nous sommes sur le terrain de l’éducation, les enseignants ont décidé de multiplier les différentes structures qu’ils essaient de mettre en place pour pouvoir revendiquer de nouvelles conditions de travail et de vie pour les leur. On a été mandaté par les autorités de la région pour être témoin de la mise en place de cette structure. Les travaux se sont bien déroulés sans ambages, on a été témoin. On se réjouit. Nous pensons qu’ils seront les meilleurs interlocuteur auprès des autorités du pays pour pouvoir chercher à améliorer les conditions de vie des enseignants »

Pour Michel  Pépé Balamou le secrétaire général du Syndicat National de l’Education (SNE), cette nouvelle structure demeure incontestablement l’idéal souhaité par les enseignants de Guinée, soucieux de redynamiser le monde syndical. Dans son discours,  il a décliné les ambitions de sa structure, elles sont entre autres: « redorer l’image du système éducatif de notre pays, promouvoir la formation des formateurs pour une meilleure qualification du système éducatif, améliorer qualitativement le mode de vie des enseignants, être un interlocuteur fiable et crédible pour répondre aux aspirations des enseignants »

Poursuivant, il trouve que la classe syndicale est vieillissante d’où la nécessité de mettre en place une nouvelle structure jeune.

Par ailleurs, le secrétaire général a tenu à apporter d’autres précisions: «  Nous ne sommes pas là  pour un combat de leadership, loin s’en faut. Le pluralisme syndical et politique est consacré dans nos textes de loi et c’est même inscrit dans les intangibilités constitutionnelles. Donc n’importe qui peut créer des syndicats en Guinée. C’est comme si vous prenez les partis politiques. Ce n’est pas parce que le RPG et l’UFDG sont des partis majoritaires que d’autres ne peuvent pas créer des partis politiques. Aujourd’hui nous avons plus de 200 partis politiques en Guinée. Donc le monde syndical est aussi sous tendu par ce principe d’intangibilité qui voudrait que le pluralisme syndical soit consacré en République de Guinée. Nous ne parlons pas d’autres structures. Nous naissons sur la base de la loi. Nous ne menons pas notre combat contre X. Nous ne sommes pas un syndicat de vat en guerre, violent mais un syndicat partenaire de l’Etat mais à l’écoute de tout le monde. Donc je vous informe que nous allons tendre la main à d’autres structures s’ils le veulent et ensemble nous allons améliorer nos conditions » a-t-il précisé.

Siba Toupouvogui depeuis Kindia

Education nationale : un acteur de la société civile dénonce l’amateurisme des responsables

S’il y a une chose sur laquelle tous les guinéens sont aujourd’hui unanimes c’est bel et bien ‘’la déliquescence du système éducatif’’. Tous les acteurs et observateurs s’accordent que « l’éducation guinéenne est malade » voire « agonisante ». Telle est la raison principale qui a poussé le Président de la République à mettre en place en 2016, une commission nationale de réflexion sur l’éducation.

En effet, cette commission nationale de réflexion sur l’éducation, rappelons-le, était vraiment représentative des différents acteurs de l’éducation (parents d’élèves, syndicats, cadres du ministère, de la primature  et de la présidence de la république, société civile,) et, mieux encore, elle regorgeait de cadres de haut niveau venus du monde scolaire et universitaire (encadreurs, enseignants et enseignants-chercheurs,…).

En plus, la commission en question a adopté une stratégie implicative de l’ensemble des citoyens en leur donnant la possibilité d’amender le rapport provisoire. Ce qui fut fait !

Ainsi, un rapport final de près de 200 pages a été produit tenant en compte les axes suivants : la gouvernance, la qualité, l’accès et le financement. Le but visé était de favoriser l’émergence d’«une école qui aide à l’insertion de ses diplômés, les prépare à être des créateurs d’emplois et de richesses nationales. »

Jusque là, plusieurs recommandations souffrent encore d’application. Pendant ce temps, le nouveau ministre de l’éducation nationale et son cabinet, disons plutôt, ‘’l’ancien nouveau cabinet’’, organisent des soi-disant « travaux préparatoires » de la rentrée scolaire 2018-2019 pour, disent-ils, examiner les problèmes qui minent le système afin de proposer des solutions. Quel paradoxe !

Cela dénote l’amateurisme de nos dirigeants et le manque de volonté manifeste à sortir l’éducation guinéenne de cette léthargie qui n’a que trop duré. Cela est d’ailleurs devenu une tradition dans notre pays : à chaque fois qu’il y a un changement de ministre à la tête d’un département, le nouveau promu fait preuve de « table rase » de toutes les reformes de son prédécesseur en faisant croire que celui-là était sur une mauvaise route ; ou, parfois, en le considérant comme étant le responsable de tous les maux dont souffre le système.

Si tout le monde est unanime que le système éducatif est malade, le diagnostic est déjà fait, le mieux serait d’acheter les produits nécessaires et de passer au traitement avant qu’il ne soit trop tard.  Depuis 2010, on ne fait que constater les problèmes, le malade a maintenant besoin d’un traitement. C’est cela la mission des ministres actuels en charge de l’éducation.

Ces soi-disant « travaux préparatoires » des comités préfectoraux, des comités régionaux et du comité central de pilotage de l’éducation ne sont qu’une stratégie pour les cadres du MENA (Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation) de sortir de l’argent et se le partager comme d’habitude. Au lieu de s’attaquer aux véritables problèmes qui minent le système, ces cadres pensent plutôt à des stratégies d’enrichissement. Et, c’est cela le véritable mal du système.

Nous ne pourrons changer la donne qu’au jour où nous aurons à la tête du département de l’éducation nationale, des cadres intègres, compétents et patriotes. Comme nous l’enseigne le caméléon : « lointain, lointain soit le jour, il arrivera. »

Aboubacar Mandela CAMARA, activiste, défenseur du droit à l’éducation, sociologue/enseignant-chercheur/consultant. Tél. : 628 13 36 09/Email : aboucamus86@yahoo.fr

 

 

Rentrée scolaire : le 15 septembre n’est pas tenable selon Casimir Diaora secrétaire général du MENA

Alors qu’il assurait il y a quelques mois que la date du 15 septembre est désormais celle de la rentrée officielle des classes, le numéro deux du ministère de l’éducation nationale, change de langage. Sans donner de précision claire, Casimir Diaora assure qu’il revient au gouvernement de décider.

Monsieur Diaora note que son département a fait le travail qui lui revenait : « Le ministère de l’éducation a fait des propositions de dates au gouvernement.  L’ouverture est une affaire nationale, il faudrait que le gouvernement qui s’occupe de la nation puisse analyser et donner son aval. C’est à lui de valider une des dates. »

Il poursuit en rappelant que généralement, l’ouverture se fait en deux temps : l’ouverture administrative et la rentrée académique. Deux ou trois semaines séparent les deux.

Les risques liés à la rentrée en octobre

Le secrétaire général du ministère de l’éducation mesure cependant les problèmes auxquels l’école guinéenne sera confrontée si la rentrée scolaire ne se déroule pas en septembre : « Nous voulons avoir les mêmes semaines d’études que les autres pays parce que nous avons le nombre de semaines le plus petit. C’est en commençant en septembre que nous pouvons avoir le même nombre que les autres. »

Institutionnalisation de la date du 15 septembre

Certains acteurs du système éducatif proposent que les salles de classes ouvrent le 3 octobre. Même s’il ne confirme pas cette tendance, Casimir Diaora trouve qu’il y a actuellement une course contre la montre : « Cette année, le 15 septembre tombe sur un samedi non ? Là, on ne peut pas. Pour le 17, quelle est la concession scolaire qui est nettoyée ? Aucune !  Il faut prendre entre une ou deux semaines pour que tout soit nettoyé. On ne va pas envoyer les enfants dans des champs en friche. Il y a aussi assez de sanitaires qu’il faut mettre en forme. »

En 2017, Ibrahima Kalil Konaté, à l’époque ministre de l’enseignement pré-universitaire avait décidé de faire du 15 septembre, la date de la rentrée scolaire. Le pays s’était inscrit dans la norme ouest-africaine, mais l’arrivée de Mory Sangaré à la tête du département semble donner raison à ceux qui pensent qu’en Guinée, chaque ministre vient et repart avec ses idées.

Mamadou Samba Sow

Jeunesse: vers la deuxième édition des J’awards

Créée en mars 2017, la structure Intelligentsia-Guinée fait de la promotion de la jeunesse son cheval de bataille. Pour la deuxième fois, elle organise la détection des talents jeunes ou J’Awards.

C’est la salle polyvalente de Prima center de Kaporo-Rails qui a servi de cadre au lancement de la blueweekguinée ce samedi 1er septembre. C’est devant un parterre de jeunes euphoriques et certains membres de la société civile que la rencontre a débuté.

Pendant plus d’une heure 30mn, les organisateurs ont donné des explications au public. Le coordinateur du projet Moussa Daraba a précisé que « cette deuxième édition ne s’arrêtera pas qu’à une simple célébration de la jeunesse.  Elle va aussi l’inspirer à côté. Nous avons senti qu’il y’a une pièce qui manque à la boussole qui était de créer un espace de concertation, de partage d’expérience, beaucoup d’inspiration et de modèle jeunes. » Il a ajouté que le J’awards est un jeu de mot, c’est la contraction des awards de la jeunesse.
Daraba fait noter que beaucoup de jeunes avaient commencé à perdre espoir à une Guinée unie, meilleure, épanouie et prospère.

Le coordinateur du projet est également revenu sur les critères de participation.  Le candidat devra être de nationalité guinéenne, être âgé de 15 à 35 ans conformément à la charte africaine de la jeunesse, être initiateur ou promoteur d’une activité ou d’une action qui a un impact dans le domaine social, économique et politique du pays.
Les inscriptions seront ouvertes le 3 septembre à 00h sur le site de la structure www.jawardsguinee.com

Parmi les animateurs de la rencontre madame Kadiza Bah directrice d’exploitation des bluezone et présidente du jury des J’awards, Djiba Milimono journaliste au groupe de presse Hadafo-média lauréat de la première édition des J’awards  catégorie média.

Kadiza Bah a donné son impression sur l’édition de cette année ‘’j’estime que les jeunes ont beaucoup de capacité, ils sont bourrés de talents et ils ont relevé beaucoup de défis’’ a t’elle martelé  avant de rappeler que le rôle des J’awards est de mettre en lumière ceux qui ont réussi parmi les jeunes.

Plusieurs activités sont au programme avant la fin de l’année. Il s’agit de la soirée J’awards-Guinée qui a pour slogan « célébrons la jeunesse ». Elle aura lieu  le 7 décembre au Prima Center.

les 5 et 6 décembre 2018,  50 jeunes acteurs du développement de la  Guinée seront nominés dans les catégories :
-entrepreneuriat
-innovation
-éducation
-société civile
-leadership féminin
-média
-culture
-politique
-mode
Sport

Après une première édition bien réussie, les organisateurs des J’awards 2018 promettent une deuxième édition qui sera pleine de surprises.

Mamadou Falilou Doumbouya

Talent-jeune : Habib Baldé plus jeune député guinéen : ‘’ Un jour Kassory m’a dit si tu crois que c’est ma génération qui fera l’affaire de ce pays, tu es entrain de te tromper…’’

La rubrique Talent-jeune de votre site reçoit cette fois-ci Habib Baldé le plus jeune député guinéen. Membre du parti GPT, Guinée Pour Tous qui s’est fondu dans le RPG –parti présidentiel, Baldé participe pleinement aux travaux de l’assemblée nationale et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

www.laplumeplus.com: monsieur Baldé, commençons par votre parcours scolaire et universitaire

Habib Baldé : J’ai commencé mon parcours académiques : maternel, primaire et secondaire dans la cité minière qui est Fria. Après l’obtention du baccalauréat je suis venu à Conakry, l’Etat m’avait orienté dans une institution privée et j’ai choisi l’université Kofi Annan. J’ai fait quatre ans sur place où j’ai obtenu un diplôme en droit des affaires.

Quand vous avez fini les études, qu’est ce que vous êtes devenus ?

 Pratiquement je n’ai pas eu un temps de pause. Dès après 2012 à la fin de mes études, j’ai commencé à militer au sein du parti politique GPT (Guinée Pour Tous) dirigé par le président Kassory Fofana qui est un homme d’une grande ouverture d’esprit qui m’a rapproché, qui a senti en moi que la jeunesse aussi pouvait s’épanouir et occuper des positions dans le débat pour le développement de la nation guinéenne. C’est dans ce sens que j’ai milité dans ce parti. Aux élections législatives de 2013, nous avons voulu matérialiser le slogan utilisé par tout le monde ‘’nous sommes là pour les jeunes et pour les femmes’’. Plus loin aussi nous avons voulu matérialiser au sein de notre formation politique notre vision dénommée ‘’jeunesse, institution et développement. Donc nous avons fait le choix et le président du parti Ibrahima Kassory Fofana m’a fait le second sur la liste nationale. Il a fait de moi le plus jeune candidat aux législatives et en 2014, je suis devenu le plus jeune député à l’assemblée nationale quand il a occupé les fonctions de ministre d’Etat chargé des investissements et du partenariat public privé à la présidence de la république.

On voit que vous êtes entrés en politique très jeune. Qu’est-ce qui vous a motivé à aller vers GPT ?

Depuis ma tendre enfance j’ai aimé faire la politique. Je me suis dit que c’était la voie tracée pour des pays en développement pour pouvoir impacter de façon positive leur développement. Donc il faut être parmi les acteurs qui doivent décider pour que ce pays là puisse changer. Très tôt j’ai eu cette vocation et je me suis battu dans ce sens. Moi je vous dirai que j’ai eu l’opportunité, la grande chance de rencontrer un homme d’Etat qui est le président Kassory Fofana, actuel premier ministre. Il a un esprit très ouvert, il croit en la jeunesse de ce pays, il croit que si ce pays peut se développer ce n’est pas sans la jeunesse. Alors très tôt, il a eu confiance en moi et j’ai compris que ce monsieur pouvait nous orienter vers un lendemain meilleur. J’ai adhéré à son parti, j’ai trouvé que c’est un monsieur qui lie l’acte à la parole. Cela m’a beaucoup marqué. J’ai trouvé aussi que c’est un monsieur qui est très sincère dans ses faits et gestes. Pour moi, c’est cela un homme d’Etat, celui qui incarne des valeurs.

Un jour, il m’a dit, Habib Baldé si tu crois que c’est ma génération qui fera l’affaire de ce pays, tu es entrain de te tromper. Il dit vient adhérer au parti. Si tu estimes que tes idées sont meilleures que les nôtres, on va débattre et comme ça on prend tes idées en compte. Cela aussi m’a beaucoup marqué et du jour au lendemain il me prouvait que cela était possible. On faisait des débats et mes positions primaient sur celles des autres. En ce moment je n’avais que vingt quatre ans.

Pour le futur, peut-on s’attendre à vous voir à la tête d’un parti ?

Pour le moment je me focalise sur ce que je peux apporter au pays.  Je  suis venu en politique apporter le meilleur de moi-même pour le développement de ce pays là. Tant que je peux,  je le ferai inch Allah. L’avenir on le fera parce que pour moi les choses se feront pas à pas. Je me focalise sur mon bilan au parlement, voir comment renouveler mon mandat parlementaire.

Votre point de vue sur la jeunesse guinéenne, une jeunesse qui se sent abandonnée

Il faudrait que  la jeunesse que nous sommes acceptions de nous lancer dans le débat. Il ne sert à rien d’être sur les réseaux sociaux, faire des critiques. Il ne sert à rient d’être autour du thé et dire qu’on ne fait rien pour la jeunesse. Levez-vous, battez-vous ! J’étais comme ces jeunes. L’une des raisons qui m’a amené à me porter candidat aux élections législatives, c’est le fait que pour moi la jeunesse perdait l’espoir de devenir le maillon fort du développement de notre pays. La jeunesse était désespérée, il fallait la mettre en confiance. Je me suis dit que si je devenais député à l’âge de 25 ans, une première pour le pays, peut être que cela pouvait créer un clic dans l’esprit des guinéens. Je me suis dit que cela pouvait redonner de l’espoir pour qu’un jeune Guerzé de Nzérékoré fils d’agriculteur puisse dire que je suis capable de devenir président de la république de Guinée ou directeur d’une société publique. Que le jeune de Mali-Yembéring puisse exprimer les mêmes ambitions que celui de Kankan, Mandiana, Boké ou de Guéckedou. L’autre raison c’était de tuer le complexe d’infériorité de la jeunesse guinéenne, celle qui n’a pas eu la chance d’aller étudier à l’étranger. La connaissance est universelle. Il ne sert à rien de dire que comme moi j’ai étudié en Guinée je ne peux pas réussir. C’est une fatalité.

Est-ce que vous portez la voix de la jeunesse au parlement dans la mesure où vous êtes dans un monde de ‘’vieux’’ ?

Porter la voix de la jeunesse, je peux dire oui ! Dans nos pays, surtout en Guinée, on aime dire que la jeunesse n’a aucune expérience, que la jeunesse est immature, qu’elle ne peut pas occuper de hautes fonctions. Moi je participe à plusieurs travaux,  je suis le rapporteur de l’une des commissions les plus importantes, la commission des lois. Au-delà, je suis le vice-président d’un groupe d’amitié qui lie la Guinée aux parlements japonais, australien, sud-coréen, philippin et tant d’autres pays.  Cela veut dire que tous les textes importants de notre nation se discutent dans cette commission dont je suis le rapporteur. Je représente valablement la jeunesse. Je ne me laisse pas traiter comme quelqu’un qui n’a pas de compétence. Pour moi, le fait qu’on m’a plébiscité au sein de notre groupe parlementaire, c’est parce que j’ai quelque chose à apporter.

Un mot sur la migration clandestine qui coûte la vie à plusieurs jeunes. A votre avis, est-ce que nos politiques ne sont pas en panne ?

J’ai du mal à m’exprimer sur cette question parce que je suis écœuré. C’est des jeunes comme moi que je vois mourir. Aujourd’hui nous sommes à la recherche du bonheur tant souhaité pour aider nos familles, il y a tout cela à gérer. Ce stress est très difficile à consommer. C’est la raison pour laquelle beaucoup de jeunes partent vers la méditerranée. Il est de la responsabilité de nos gouvernants et cela sur le plan continental de prendre conscience et de se battre pour cette jeunesse. Il faut aujourd’hui que les programmes de développement puissent permettre d’employer les jeunes. Si on a le bonheur chez soi, on n’a pas besoin de le chercher ailleurs. Ce problème il n’est pas que guinéen. Au Sénégal, au Malawi, en Ethiopie, en Tanzanie, les problèmes sont les mêmes. Il faut trouver des solutions idoines au niveau de l’union africaine pour que cette migration cesse.

Merci      

C’est à moi de vous remercier !

Entretien réalisé par Mamadou Samba Sow et Abdoul Baldé